LIVRE III. CHAPITRE I
car de fréquentes dépêches de l'Empereur enjoignaient au Prince de hâter sa marche et d’opérer sans retard sa jonction avec lui, aussitôt qu’il aurait rejoint sa première division.
Le prince doitfranchir le Pô, à Casai Maggiore(l), c’està-dire le plus près possible de Mantoue ; il envoie l’ordre au général d’Auteniarre (2) de traverser le fleuve à Plai-
(1) Casai Hagginre, bourg de la Lombardie, & 31 kilomètres 50 de Mantoue. 5000 habitants, sur la rive gauche du Pô.
(‘2) LF. GÉNÉRAI. DE DIVISION n’AUTEMARRE
(Charles-François-Xavier) est né à Cheppy (Meuse), le 17 décembre 1805.
Élève & l'école spéciale militaire le 7 novembre 1821 , il était attaché à la suite de la même école, comme sous-lieutenant, le l*r octobre 1823, et passait successivement dans la même année au 51* et au 59* de ligne.
Lieutenant le 28 juin 1830, il s’embarquait pour l’Afrique le 20 septembre 1833, et y restait jusqu’en janvier 1837, assistant & toutes les luttes qui consolidèrent notre domination en Algérie.
Capitaine depuis le 25 avril 1836, il retournait de nouveau en Afrique en 1840 avec le corps de zouaves, dans lequel il devint bientôt chef de bataillon (23 décembre 1841), lorsque le régiment fut définitivement organisé. 11 passa huit autres années en Algérie, où ses qualités militaires, son activité et son zèle attirèrent spécialement sur lui l’attention de ses chefs.
Lieutenant-colonel du 2* régiment de la légion étrangère, le 24 avril 1845. il était le 30 mai 1848 colonel du 53* de ligne.
Désigné pour faire partie du corps expéditionnaire de la Méditerranée, il assista au siège de Rome, et fut nommé général de brigade, le 3 janvier 1852.
Son long séjour en Afrique, sa connaissance parfaite du pays désignèrent le général d’Autemarre à l’attention du ministre de la guerre qui le mit à la disposition du gouverneur général de l'Algérie (8 fé vrier 1852).
Il commandait la subdivision d’Aumale depuis 1853, lorsque la guerre •l’Orient éclata. Il reçut alors le commandement de la première brigade d'infanterie.
A la bataille de l’Alma, à Inkermann, il se fit remarquer par son in-
CAMPAGNE D’ITALIE
sance, que sa division occupe depuis le 13 juin au soir, et de venir avec elle prendre position à Piadena, en avant du point où lui-même doit franchir le Pô.
Le général recevait, en même temps, l’ordre d’employer toutes les ressources qui pourraient faciliter l’établissement d’un pont, fort difficile à jeter en cet endroit (1).
II. — Le 25, le Prince est à Fornovo, dernière étape avant d’atteindre Parme. — C’est là que lui parvient la première nouvelle d’un grand fait militaire accompli la veille; mais les renseignements que lui donnent les gens du pays sont vagues, incertains, et ne peuvent rien préciser.
Le Prince ne doute pas que le choc entre les deux armées n’ait été formidable : un noble pressentiment lui dit que l’empereur Napoléon est victorieux ; mais dans
trépidité valeureuse , et le 1" mars 1 855 il était promu au grade de général de division. A la tête de la 1" division du l"corps,il prit part aux opérations du siège et lutta énergiquement jusqu'au dernier moment dans l’assaut infructueux du 18 juin. — La Crimée est, pour le général d’Aulemarre, une belle page militaire, dont il a le droit d’être fier.
Appelé à faire partie de l’armée d’Italie, il reçut le commandement de la l™ division d'infanterie du 5* corps commandé par le prince Napoléon.
Le général d’Autemarre est grand officier de la Légion d’honneur.
(1) « L’important (écrivait le prince Napoléon au général) est que vous réunissiez tous les bateaux disponibles pour me préparer un pont. Vous pouvez vous servir de ceux de Plaisance; tâchez de réunir tout ce que vous trouverez dans le pays, et maintenez, dans tous les cas, votre pont sur l’Adda, à Pizzighetlone, qui sera notre base d’opérations, *