‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 198 sur 326 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

XIV. — Le moment est venu de dire quel rôle avait été assigné à la flotte qui, sous le commandement supérieur de l’amiral Romain Desfossés, avait pénétré dans l’Adriatique. Cette flotte se composait de deux éléments principaux :

1» Six vaisseaux de ligne, et deux frégates à hélice, placés sous le commandement du vice-amiral Desfossés.

2* La flotte de siège, constituée par les soins de l'Empereur lui-même, et placée sous les ordres directs du contre-amiral Bouët-Willaumez (l).

Dans laguerre qui s’ouvrait, la flotte devait, à un moment donné, aider puissamment aux succès de l’année de

(1). La flotte de siège comportait :

3 batteries flouantes de 16 canons de 50 chaque , cuirassées de fer dans tout leur pourtour, les mêmes qui avaient réduit la forteresse de Kiuburn , dans la mer Noire. (Ces trois batteries flottantes étaient es-, cortées de trois frégates à vapeur à roues.)

31 canonnières; — sept de 1** classe, armées de 4 canons de 50; — sept de 2' classe , armées de 2 canons rayés de 30 ; — et sept de 3* classe , armées d'un canon rayé de 30.

L'amiral Bouët-Willaumez avait délégué le commandement des canonnières de 1'* et de 2* classe au capitaine Le Noury de La Roncière.

CAMPAGNE D’ITALIE

terre, en attaquant le littoral de la Vénétie, et en menaçant, môme les citadelles maritimes, que l’Autriche avait accumulées à grands frais à Cattaro, Lissa et Pola, sur les côtes de la Dalmatic et de l’Istric.

XV.— Il était important d’assurer à la flotte de l’Adriatique une solide base maritime et militaire. L’ilc de Lossini, dont le port, à cheval sur les deux rives de l’Adriatique, en est le meilleur abri, fut désignée par l’Empereur aux amiraux.

En effet, cette lie située à l’entrée de l’archipel de Carnero, est un point central entre Venise, Trieste, Pola, Fiutne et Zara, les principaux établissements de l’Autriche sur le littoral oriental ou occidental de l’Adriatique; elle permettait, en outre, à nos bâtiments d’atteindre, en vingt-quatre heures, le plus éloigné de ces établissements.

Par suite des retards occasionnés par la transformation qui avait été faite des canonnières, en navires de combat, les opérations de la flotte, destinée à agir dans l’Adriatique, ne purent commencer qu’au mois de juin.

Le 12, le contre-amiral Bouét-Willaumez partit de Toulon avec les batteries flottantes que remorquaient les frégates à roues, et arriva le 21, à Antivari, lieu de rendez-vous général fixé par le ministre de la marine; le contre-amiral Bouül-Willaumcz précédait de dix jours la flottille de canonnières, conduite par les vaisseaux du vice-amiral Romain Desfossés, auxquels vinrent successivement se rallier deux frégates, une corvette et un aviso à vapeur sardes.

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