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LIVRE III, CHAPITRE II

Déjà , depuis le commencement des hostilités , le contre-amiral Jurien de La Gravicrc bloquait Venise et ses approches avec deux vaisseaux et deux frégates, dont le tirant d’eau très-élevé s’opposait d'ailleurs à toute autre opération directement offensive contre cette place.

XVI. — « Du 30 au 1“ juillet (écrit l’amiral Romain Desfossés dans son rapport) toute ia flotte partit d’Antivari par groupes, connrie elle y était venue ; mais le premier de ces groupes, que je conduisais et que je dirigeai avec toute la rapidité possible vers le fond de l’Adriatique où j’avais mission de m’emparer de l’ile de Lossini, était composé en vue d’une résistance à vaincre (1). »

La possession de celte lie était d’une si grande importance, que l’amiral devait en effet s’attendre à une défense sérieuse de la part de l’ennemi, d’autant plus présumable que des tours maximiliennes avaient été récemment élevées, propres à recevoir des canons de gros calibre, dont le tir, au début d’une attaque, eût pu faire beaucoup de mal à nos vaisseaux. — * Cette résistance (écrit l’amiral), nous étions en mesure de la briser, mais l’ennemi ne jugea pas à propos de nous l’opposer; et soit crainte de nous laisser une garnison prisonnière, soit plutôt impuissance de se garder sur toute l’étendue des

(t) (Je premier groupe de combat était ainsi composé : les vaisseaux la Bretagne (vice-amirat Desfossés) et le Redoutable , les frégates le lfogador (contre-amiral Douët-Willaumec) et l'/sly.

te frégatn sarde ViclonEmmanuel,— huit canonnières, — une batterie tlottante.

CAMPAGNE ditalie.

eûtes menacées par la flotte alliée, les Autrichiens avaient complètement abandonné à elle-même la nombreuse population de Lossini, et désarmé lestour9 maxirniliennes qui dominent la ville et le port Auguste (1). *

XVII. — Une fois concentrée à Lossini, la flotte attendit avec impatience l’arrivée du corps expéditionnaire qui devait occuper les points que ses canons de siège auraient démantelés, et fit tous ses préparatifs pour être à même d’attaquer les défenses extérieures de Venise, au premier ordre qui lui serait donné par l’Empereur.

Ce corps expéditionnaire, fort de 4000 hommes sous le commandement du général de Wimpflen, qui venait de s’illustrer à Magenta, parut enfin, le 6 juillet, à Lossini. Son arrivée fut saluée par les acclamations unanimes des marins; car pour eux, c'était le signal ducombatsi longtemps attendu. — Ce signal était en même temps donné par l'Empereur, qui envoyait à l’amiral commandant en chef l’ordre d’attaquer immédiatement les approches de - Venise.

Dès le 7, le vice-amiral Romain Desfossés convoque à bord de son vaisseau, la Bretagne, le général de division de Wimpflen, le contre-amiral Bouët-Willaumcz et le capitaine de vaisseau de La Roncière.

Un plan d'attaque est concerté ; il se base sur tous les documents recueillis de longue date, auxquels sont venus

(I) Rapport ü ii viceamiial Komain-Desfossés, commandant on chef ta Hotte de l’Adriatique.

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