LIVRE III, CHAPITRE II
aide de camp et premier écuyer de l’Empereur, que Sa Majesté le demandait.
Le général se rendit aussitôt auprès de l'Empereur qui lui annonça qu’il l’envoyait à Vérone pour remettre une lettre autographe à l’empereur d’Autriche. Sa Majesté expliqua alors h celui qu’elle faisait son ambassadeur et chargeait de cette haute marque de confiance, quel était Je contenu de La lettre et le but qu’Elle désirait atteindre.
Le choix que faisait l’Empereur pour cette mission délicate d’un de ses plus anciens et pius fidèles serviteurs, montrait quelle confiance absolue il avait à la fois dans la haute intelligence et le dévouement éclairé du gé-
divers combats livrés pendant l'expédition do Mascara, le sous- lieutenant Fleury obtenait une première citation du maréchal Bugeaud, comme s'étant particulièrement distingué. Le 28 novembre 1841 , dans le combat de Tackmaret, il enlevait un étendard aux réguliers. — Au retour de la colonne dont faisait partie le jeune officier, le maréchal Bugcaml l'embrassait devant tous et donnait ainsi au commencement de cette carrière qui s’annonçait sous de si benreux auspices, un de ces souvenirs qui vivent toujours. Pour ce fait d'araies, Fleury était nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Bientôt S. A. B. le duc d’Aumale le citait dans son rapport, comme, s’étant fait particulièrement remarquer ü la prise de la smala d’Abd-el- Kader, — Il est encore dans le rapport du maréchal Bugeaud , daté de Lalla-Marghrnia (combat du 15 juillet 1844), et dans celui d’Oubahou-üharba (combats des 11 et 15 juillet). — A la bataille d'isly (14 août 1844), le capitaine Fleury se distingue brillamment; il a uu cheval tué sous lui, et le maréchal met encore son nom à l'ordre de l'armée.
Le 18 août de l'année suivante, il menait pour la première fois au feu le bol escadron de spahis qu’il venait de former à Orléansvillc. Dans une charge vaillamment exécutée contre les insurgés du Dahara, il eut encore un cheval tué, et se fit remarquer par son audace et son énergie. Cette journée lui valait une 7* citation (18 avril 1845).
Le rapport du maréchal duc d’isly, sur différents engagements contre les révoltés (21 mai 1845), et celui concernant deux razzias, les
CAMPAGNE D’ITALIE
néral Fleury; car l’écrit dont il était porteur était le premier mot sur une question devant laquelle pourraient peut-être surgir des difficultés sérieuses, imprévues, qu’il fallait combattre dans une juste mesure.
XXII. — La lettre de Napoléon III faisait appel aux sentiments d’humanité de l’empereur d’Autriche pour les vaillants combattants des deux armées, et proposait un armistice qui devait préparer aux négociations, entamées déjà entre les grandes puissances, une solution plus facile.
Si l’empereur François-Joseph hésitait, le général était chargé d’appuyer, autant qu’il lui serait possible, pour amener cette suspension d’hostilités, premier pas vers une paix que l'Europe entière appelait de tous ses vœux.
Il devait, en outre, avertir l’empereur d’Autriche que la flotte française occupait File de Lossini , qu’elle avait reçu l’ordre d’attaquer les défenses extérieures
17 et 18 juin, signalent encore le capitaine Fleury, qui est blessé d’un coup de feu à la main gauche et reçoit une contusion à la tète, le 7 octobre 1845, dans un nouveau combat livré dans la plaire du Chéliff.
Le 11 du même mois, il charge trois fois les Beni-Ouraghs avec une grande vigueur, et le colonel de Saint- Arnaud, qui commandait à Orléansville, rendit compte en ces termes de la belle conduite de cet officier : — « Le capitaine Fleury a chargé trois fois « fond et a eu les honneurs de la journée. »
11 mérite encore une citation, le 20 novembre, è la suite d’un combat entre Orléansville et Tenez. Enfin deux nouvelles citations, l’une après un combat contre Bou-Maza, dans lequel il eut encore un cheval tué sous lui (15 mars 1846), l’autre après le combat livré le 23 avril 1846, dans le bas Dahara, disent assez par iprels services réels cet intrépide officier méritait le grade de chef d’escadron (5 juillet 1848).