LIVRE III, CHAPITRE
de Venise, et qne eet ordre allait être immédiatement mis à exécution, si, contre toute attente, Sa Majesté rejetait l’offre d’un armistice.
Cette mission (!', d’une si grande importance, était
C'est alors qu'il revenait en congé à Paris, où il devait rencontrer le prince Louis-Napoléon, qu’il avait déjà l'honneur de connaître depuis longues années. — 11 est inutile de rappeler ici les tristes angoisses qui à cette époque déchiraient la France. — Dévoué à la cause que servait le Prince -Président, le commandant Fleury depuis lors ne le quitta plus. Devançant dans sa pensée los hautes destinées de celui qui devait arracher la France à l'anarchie et régner sur elle , il mit A son service son cœur et son épée, et tous deux ne lui firent jamais un instant défaut.
Nommé lieutenant-colonel, le 8 août 1831 , il allait rejoindre en Afrique le général de Saint-Arnaud et faire, sous les ordres de ce chef distingué, la campagne de la Kabylie.
De retour en France, il était blessé, le 2 décembre, dans les rues de Paris. — Kn octobre 1852 il organisait le magnifique régiment des Guides, premier noyau de la garde impériale, et prenait le commandement de ce régiment, comme colonel, le 22 novembre de la même année; à cette époque il était déjà aide de camp du Prince. Lorsque l’Empire fut proclamé, il fut nommé premier écuyer de l’Empereur. Le 18 mars 1856 , il était général de brigade.
Le général Fleury personnifie le dévouement à l’Empereur. Sa haute intelligence et les qualités incontestables d’une nature élevée en ont fait un des serviteurs les plus éclairés et les (dus intimes de Napoléon III. Le général Fleury, à la suite de la campagne d’Italie, a été nommé grand officier de la Légion d'honneur.
(1) Une brochure a été publiée par le chevalier Louis Debraux sur les préliminaires de la paix de Villafranea ; cette brochure est écrite avec un sentiment de partialité difficile à allier avec 1a vérité. Sans entrer en rien dans l’appréciation du mérite de l’écrivain, nous devons, dans l'intérêt de la vérité historique, constater qu’elle est remplie à chaque page d’erreurs et d’inexactitudes nombreuses dans les détails qu’elle rapporte, tant sur la mission du général Fleury à Vérone, que sur l'entrevue des deux Empereurs à Villafranea.
Le récit que nous faisons de cette partie si intéressante de la campagne d’Italie a été puisé à des sources officielles et sont de la plus scrupuleuse exactitude.
334 CAMPAGNE D’ITALIE, r
restée secrète pour tous. Le maréchal Vaillant, seul, en était instruit.
XXIII. — A 7 heures du soir, une voiture de la poste impériale quittait Valeggio, emmcnantlc général Fleury etson aide de camp, le capitaine de Verdière. Sur le siège de la voiture, à côté du courrier à la livrée impériale, était monté un trompette des guides, porteur d’un drapeau parlementaire.
Le général supposait trouver les avant-postes ennemis à la hauteur de Villafranca, où les rapports parvenus au grand quartier général les signalaient encore, le Gau matin. — Mais en approchant du village, il rencontra tm escadron de chasseurs français qui rentrait de reconnaissance; cet escadron avait dépassé Villafranca, sans apercevoir les Autrichiens.
Ace moment, le jour commençait à baisser. — La voiture repartit au galop et n'atteignit les extrêmes avantpostes ennemis qu’au tomber de la nuit, à deux lieues environ avant Vérone, qui est à six lieues de Valeggio.
Des fantassins autrichiens s’élancèrent, les uns des fossés de la route, les autres des taillis qui la bordaient, et entourèrent brusquement la voiture, qu’ils escortèrent jusqu’à la grand’garde avec ce luxe de précautions et de surveillance intinie, dont s’entourent les Autrichiens en pareille circonstance.
XXIV. — Le commandant du poste remplaça l’escorte de fantassins par une escorte de uhlans, et ce fut avec