LIVRE III, CHAPITRE II
XXVII. — Introduit immédiatement auprès du maréchal Hess , le général Fleury fut reçu , non-seulement avec les marques de déférence et de haute considération dues à un général chargé par son Souverain d’une mission spéciale auprès de l’Empereur, mais avec une affable cordialité à laquelle l’âge du vieux maréchal donnait un double prix. Celui-ci voulut le mener lui-même auprès du comte de Grünne, premier aide de camp et grand écuyer de l’Empereur.
Sa Majesté était couchée, Elle fit prévenir le général Fleury qu’Elle allait le recevoir à l’instant môme. Le général fut introduit quelques instants après.
Aussitôt que Sa Majesté eut pris connaissance de la lettre si inattendue de l’empereur Napoléon, Elle ne put cacher le profond étonnement que cette lettre lui causait. — Mais à côté de cet étonnement visible répandu sur les traits du jeune Empereur, il était facile de voir l’impression que produisaient sur son cœur élevé les sentiments de modération et d’humanité, qui avaient guidé le Souverain de la France.
Le général s’en aperçut, et appuya sur les résultats heureux, que pourrait peut-être amener cette suspension momentanée d’hostilités, au moment où de nouvelles négociations étaient entamées entre les grandes puissances; il exprima, au nom de l’empereur Napoléon son désir sincère de voir cesser une guerre, où la victoire même était si chèrement achetée.