LIVRE 111, CHAPITRE III
cision n’avait encore été réellement prise pour mettre fin à la guerre.
XLIII. — Le roi de Sardaigne avait écouté siléncicusement l’Empereur.
Dans sa loyauté chevaleresque , il ne veut en rien influencer les décisions de son allié. Il comprend que les plus graves intérêts de la France sont en jeu. Luimême, il envisage de haut la question , telle qu'elle se présente en face des manifestations de toutes les puissances , et de l’agitation qui peut tout à coup embraser l’Italie entière.
« — Quelle que soit, en dernier ressort, la décision de
Votre Majesté, » dit le Roi, « je serai éternellement reconnaissant à l’Empereur de ce qu’il a fait pour la •cause de l’indépendance italienne, et, en toute circonstance, il peut compter sur mon entière fidélité. »
Tout retard pouvait compliquer la situation et amener des difficultés nouvelles. Il était important de prendre une prompte décision, et de formuler par écrit les propositions échangées dans l’entrevue de Villa— franca. ,
XLIV. — Voici ces propositions, telles qu’elles étaient restées dans l’esprit de l’empereur Napoléon, et telles que Sa Majesté était décidée à les accepter, sauf les modifications de détail que la discussion pourrait amener.
CAMPAGNE D’ITALIE
Les deux Souverains favoriseront la formation d’une Confédération Italienne.
Cette Confédération sera sous la Présidence honoraire du Pape.
L’Empereur d’Autriche cède ses droits sur la Lombardie h l’Empereur des Français , qui , selon le vœu des populations, les remet au Koi de Sardaigne.
La Vénétie fait partie de la Confédération Italienne, tout en restant sous la couronne de l’Empereur d’Autriche.
Les deux Souverains feront tous leurs efforts , excepté le recours aux armes, pour que les ducs de Toscane et de Modènc rentrent dans leurs États , en donnant une amnistie générale et une constitution.
Les deux Souverains demanderont au Saint-Père d’introduire dans ses États des réformes nécessaires, et de