LIVRE III, CHAPITRE III
séparer administrativement les Légations du reste des États de l’Église.
Amnistie pleine et entière est accordée, de part et d’autre , aux personnes compromises à l’occasion des derniers événements , dans les territoires des parties , belligérantes.
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Villafranca, 11 juillet.
XLV. — Ces propositions devaient être portées, le jour même, à l’empereur d’Autriche et soumises à son assentiment.
Le roi de Sardaigne venait de prendre congé de Sa Majesté, qui retint auprès d’Elle le prince Napoléon.
Il fallait que la personne chargée de cette délicate mission pût discuter avec François-Joseph lui-même les préliminaires de la paix et donner aux différents points les développements nécessaires, dans lesquels ne pouvait entrer une note rédigée succinctement. — Il fallait, en outre, que celte personne, connaissant la pensée de l’Empereur et scs idées bien arrêtées sur la question italienne, fût autorisée à régler une rédaction définitive, et à accepter, dans les limites de sa propre appréciation, les modifications que pourrait vouloir y introduire l’empereur d’Autriche.
Quel autre que le prince Napoléon pouvait remplir de semblables conditions? — Quel autre, auprès de
CAMPAGNE D’ITALIE
l’empereur d’Autriche, si ce n’est le cousin de l’empereur des Français, lui-même, pouvait apporter dans la discussion l’autorité de sa parole et celle de sa haute position prés du trône de France.
Aussi, dès que l'Empereur fut seul avec son cousin, il lui dit qu’il avait jeté les yeux sur lui pour cette mission à la fois si importante et si délicate.
XLYI. — Le Prince ne se dissimulait pas les difficultés qu'il allait rencontrer; gendre du roi de Sardaigne, il créerait peut-être, par le seul fait de sa présence, des obstacles imprévus sur les questions qui divisaient les deux Empereurs. — Aux yeux de François- Joseph, ses paroles ne sembleraient-elles pas l’écho d’un intérêt personnel ? . — Car il y avait dans ces premiers préliminaires matière à sérieuses discussions. Ilien dans l'entrevue du matin n’avait été spécifié on écrit. Il fallait donc arrêter définitivement et faire accepter les principaux articles qui devaient servir à un traité de paix, en n’ayant pour base qu’une conversation, dont le souvenir et l’appréciation pouvaient être sujets à des interprétations très-opposées.
Telles furent les observations que le Prince soumit à l'Empereur; mais il dut se rendre à la volonté nettement exprimée de Sa Majesté.
XLVII. — Pendant que Son Altesse Impériale se préparait à partir pour Vérone, l'Empereur écrivit à Fran-