LIVRE IU, CHAPITRE III
çois-Joseph, qu’il acceptait en principe les préliminaires dont, le matin, les deux Souverains avaient posé les bases et qu’il chargeait son cousin, le prince Napoléon, d’en discuter les termes avec l’empereur d’Autriche et d’y introduire les modifications de détail qui pourraient résulter de leur entretien. Le Prince était également chargé de donner à Sa Majesté tous les éclaircissements nécessaires aux différents points stipulés.
A deux heures et demie, une voiture attelée de quatre chevaux de poste, avec un courrier de la maison de l’Empereur, emportait vers Vérone le prince Napoléon.
La mission du Prince était formelle. — Il devait tendre de tous ses efforts à faire accepter les préliminaires, tels qu’ils venaient d'étre stipulés, et, s’il ne pouvait y réussir, il devait rapporter les propositions définitives signées par l’empereur d’Autriche.
Une fois Napoléon III entré dans cette voie de conciliation, en présence des maux qu’entraînait la guerre et devant une conflagration générale devenue imminente, il voulait arriver à son but , et comprenait qu’il ne devait pas plus échouer sur le champ de la paix, que sur le champ de la guerre.
XLVIII. — A trois heures et demie, le Prince arrivait à Villafranca; à quatre heures, il atteignait les avant-postes autrichiens.
Le Prince s’annonça comme parlementaire ; mais le
capitaine, qui commandait ccs avant-postes , informé qu’il avait devant lui le cousin de l’Empereur, ne jugea pas nécessaire de remplir à son égard les formalités qui lui étaient prescrites , et laissa le Prince libre de continuer sa roule , sans l’assujettir à aucun des règlements usités en semblable circonstance.
Bientôt apparut Vérone, avec sa ceinture de forts détachés. — A quatre heures un quart, la voiture aux armes impériales arrivait devant les portes de la ville, et à quatre heures et demie, elle entrait dans la cour du grand quartier général autrichien.
L’aide de camp de service, en apprenant que le prince Napoléon avait à remplir auprès de Sa Majesté une mission personnelle de l’empereur des Français, introduisit Son Altesse Impériale dans un salon, où vint bientôt l’empereur d’Autriche.
Sa Majesté tendit avec affabilité la main au Prince, et le conduisit dans son cabinet.
XLIX. — Son Altesse Impériale présenta alors à François-Joseph la lettre de l’Empereur et le papier qui contenait les différents articles que nous avons rapportés plus haut.
A la lecture de celte lettre, une expression visible de contentement se répandit sur la physionomie du jeune souverain.
c — Je suis enchanté, dit-il, que l’empereur Napoléon accepte mes propositions de paix; mais j’ai d’assez gra-