‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 222 sur 326 · LIVRE III, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III

ves observations à faire sur la rédaction que vous m’apportez. »

Ces premières paroles montraient clairement qu'une discussion sérieuse allait s’entamer.

Le Prince l’aborda sans préambule, demandant à l’empereur d’Autriche la permission de s’exprimer avec la plus grande franchise, pour apporter dans la conversation la netteté loyale qui convenait à d’aussi graves questions.

« — Le désir sincère de l’Empereur , dit le Prince , est de conclure une paix acceptable pour les deux parties, et de mettre fin à la guerre. Votre Majesté me permcltra-t-elle de le dire, le moment est unique pour arriver à cet heureux résultat , que l’Europe appelle de tous ses vœux. — L’honneur de l’armée autrichienne est intact; la valeur, avec laquelle elle a combattu , efface ses malheurs sur le champ de bataille. — Un armistice est conclu jusqu’au 16 août; — mais, à partir de ce délai. Sire, l’armée alliée est décidée à pousser la guerre avec l’énergie la plus grande et la plus absolue; elle déploiera des forces plus formidables encore que celles qu’elle a déjà mises en ligne, et acceptera franchement dans ses rangs tous les alliés qui viendront à elle. »

L. — Le Prince, on le voit, enlrait brusquement au cœur même de la question; il s’aperçut de l’impression que produisaient ces derniers mots sur le jeune Empereur, et le pria de nouveau de ne voir dans sa fran-

campagne d’itaue.

chisc, un peu brusque peut-être, que son désir excessif de parler sans détour, et de dire toute sa pensée, en dehors des formes de langage habituelles à la diplomatie.

« — Moi-même , répondit François-Joseph , j’en ai donné l’exemple ce matin à l’empereur Napoléon, en lui disant nettement ce que je pouvais faire, et quels étaient les limites des concessions compatibles avec mon honneur et les intérêts de ma couronne. — Mais, croyez-le bien, si vous avez une opinion publique à ménager, j'en ai une aussi de mon côté, et elle est d’autant plus exigeante, qucc’est moi qui fais tous les sacrifices. »

« — Pour simplifier la discussion, reprit le prince Napoléon, je propose à Yotre Majesté d’examiner un à un les différents articles de ces préliminaires. »

LI. — Le premier paragraphe (1), concernant la création d’une Confédération Italienne, ne donna lieu à aucune observation, car, une fois le principe de cctle Confédération admis, les difficultés de détail qui pourraient s’élever au sujet de son organisation, étaient du ressort des plénipotentiaires.

Au second paragraphe (2), l’ empereur d’Autriche demanda que le mot honoraire, appliqué à la présidence du Saiut-Père , fût enlevé.

(t) • Les deux Souverains favoriseront la formation d’une Confédération Italienne .»

(î) • Cette Confédération sera sous la Présidence honoraire da Pape. »

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