LIVRE III. CHAPITRE III
duché. — Quant au grand-duc de Toscane , je ne crois pas qu’il soit si loin de s’entendre avec son peuple. Du reste, si la Confédération Italienne s’établit, elle traitera celte grave question ; bornons-nous donc à émettre, que vous ne vous opposez pas à la rentrée des ducs. »
Ainsi, le principe de la non intervention était moralement reconnu; seulement il n’en fut point fait mention dans les articles préliminaires, pour ne point enlever à l’empereur d’Autriche et à ses alliés la force morale qui pouvait aider à la restauration des souverains de Toscane et de Modène dans leurs États.
LVI. — Le sixième paragraphe (I) se rattachait aux réformes que les deux Souverains devaient demander au Pape, réformes qui, dans la pensée de l’empereur Napoléon, pouvaient seules assurer la tranquillité des États pontificaux, à tout instant menacés par des agitations intérieures. Le mot — nécessaires — fut remplacé par celui — indispensables.
Quant à la séparation administrative des Légations du reste des États de l’Église, la question ne pouvait se traiter avec l’Autriche dans la situation actuelle , étant du ressort des plénipotentiaires qui seraient appelés plus tard à se réunir dans un congrès.
Il fut ensuite question de la ville, où pourraient, d’un commun accord , se réunir ces plénipotentiaires. —
(1) • Les deux Souverains demanderont au Saint-Père d’introduire dans ses États des réformes nécessaires , et de séparer administrativement tes Légations dn reste des États de l’Église. »
Plusieurs furent nommées ; le Prince écarta toute ville d’Allemagne, l’empereur François-Joseph parla de Zurich, qui fut accepté.
LVI1. — On le voit par le rapide aperçu que nous avons tracé de cet entretien, la franchise la plus grande avait présidé à la discussion. — Ce n’était point une lutte d’adresse diplomatiqne , mais le loyal champ clos, où se débattaient les plus grands intérêts et la base môme de notre politique en Italie.
Tous les paragraphes avaient été passés en revue un à un. — La discussion, au point où elle en était venue, ne pouvait plus que s’étendre et se généraliser indéfiniment.
Le prince Napoléon avait expliqué , ou laissé clairement entrevoir les points essentiels, sur lesquels l’empereur des Français pourrait faire des concessions, et ceux au contraire, qu’il était impossible de modifier.
Il dit donc à l’empereur d’Autriche :
* — Sire, j’ai reçu l’ordre d’être de retour au quartier général de Valcggio, au plus tard à 10 heures, je dois donc, pour obéir aux instructions qui m’ont été données, partir de Vérone à huit heures et quart, ce qui ne me permet d’attendre la réponse de Votre Majesté que pendant deux heures. Ce serait avec un vif regret, Sire, si cette réponse était négative, que l’empereur Napoléon se verrait dans la nécessité de recommencer la guerre à l’expiration de l'armistice, guerre qui, de part et d’autre , serait plus terrible encore , n'en doutez pas ,