LIVRE III, CHAPITRE III
qu’elle ue l’a été jusqu’à ce jour, et entraînerait après elle, par la conflagration générale de l’Italie , des conséquences incalculables.
« — C’est bien, dit l’Empereur en se levant, vous aurez ma réponse. »
Et il conduisit lui-même le prince Napoléon à l’appartement qui avait été préparé pour lui.
LVIII. — Deux officiers de la maison militaire de Sa Majesté vinrent tenir compagnie à Son Altesse Impériale pendant le repas qui lui fut servi.
Vers sept heures, le Prince reçut la visite du comte de Grünne ; mais pas un mot ne fut dit sur les graves questions, qui étaient l’objet de la mission du cousin de i’Empereur.
Les ordres avaient été donnés pour qu’à huit heures et quart la voiture de Son Altesse Impériale fût attelée.
A sept heures et demie, le Prince vit l'empereur d’Autriche entrer dans sa chambre.
* — Je vous apporte ma réponse, lui dit François- Joseph, mais je ne puis guère modifier mes premières propositions.
« — C’est qu’alors. Sire, je suis un bien mauvais avocat, dit le prince Napoléon.
« Vous n’appréciez pas assez le sacrifice que je fais eu cédant la Lombardie, ajouta l’fempereur.
Et il donna au Prince le papier qu’il tenait à la main.
« — Est-ce définitif. Sire? dit celui-ci, après en avoir pris connaissance.
« — Oui, répondit l’Empereur.
« — S’il en est ainsi, je prierai Votre Majesté de vouloir bien signer ce papier.
« — Vous le signerez aussi au nom de l’Empereur? dit François-Joseph.
« — Sire, répliqua le Prince, dans de semblables conditions, je ne me crois pas autorisé à le faire; les modifications que Votre Majesté a cru devoir apporter à la rédaction que j’avais eu l’honneur de lui soumettre, sont de telle nature, que je dois réserver la liberté de mon Souverain.
* — Je ne puis cependant m’engager , dit François- Joseph , si l’empereur Napoléon ne l’est pas également de son côté, et signer de semblables concessions, sans être certain qu’elles seront admises par la France.
« — Sire , répondit alors le Prince d’une voix haute, je donne à Votre Majesté ma parole d’honnèle homme, que demain matin elle recevra ce même papier, avec ou sans la signature de l’Empereur des Français. ■
L’empereur d’Autriche regarda le prince Napoléon, et, sans ajouter un seul mot, il signa le papier ; puis le lui tendant, il dit avec une émotion visible :
* — C’est un grand sacrifice que je fais, de céder ainsi une de mes plus belles provinces. — Mais, si nous pouvons nous entendre avec l’empereur Napoléon sur les affaires de l’Italie, il n’y aura plus de causes de discorde entre nous.
« — Je crains bien , répliqua le Prince , que ces pré-