LIVRE III, CHAPITRE III
conciliation qui guidait Napoléon III, et les sacrifices qu’il faisait à la pais, du jour où la guerre, quelque glorieuse qu’elle pût être, semblait mettre en péril les destinées de la France.
Le lendemain, l’Empereur annonçait celte nouvelle inattendue à son armée (1).
« — Vous allez bientôt retourner en France, disait-il,
(1) « Soldats!
« Los bases de la paix sont arrêtées avec l’empereur d’Autriche, le but principal de la guerre est atteint, l'Italie va devenir pour la première fois une nation.
« Une Confédération de tous les États de l’Italie, sous la présidence honoraire du Saint-Père, réunira en un faisceau les membres d’une même famille; la Vénétie reste, il est vrai, sous le sceptre de l’Autriche : elle sera néanmoins une province italienne faisant partie de la Confédération.
« La réunion de la Lombardie au Piémont nous crée de ce côté des Alpes un allié puissant qui nous devra son indépendance; les gouvernements restés en dehors du mouvement, ou rappelés dans leur possessions, comprendront la nécessité de réformes salutaires.
<r Une amnistie générale fera disparaître les traces des discordes civiles. L’Italie, désormais maîtresse de ses destinées, n’aura plus qu’à s’en prendre à elle-même, si elle ne progresse pas régulièrement dans l’ordre et la liberté.
«Vous allez bientôt retourner en France, la patrie reconnaissante accueillera avec transport ses soldats qui ont porté si haut la gloire do nos armes & Montebello, à Palestro, à Turbigo, à Magenta, à Marignan etSolferino.qui en deux mois .ont affranchi le Piémont et la Lombardie, et ne se sont arrêtés, que parce que la lutte allait prendre des proportions qui n'étaient plus en rapport avec les intérêts que la France avait dans cette guerre formidable.
« Soyez donc fiers de vos succès, fiers des résultats obtenus, fiers surtout d’être les enfants bien-aimés de cette France qui sera toujours la grande nation, tant qu’elle aura un cœur pour comprendre les nobles causes et des hommes comme vous pour les défendre,
« Au quartier impérial de Valeggio, le 12 juillet 1859.
« NAPOLEON
ctla pairie reconnaissante accueillera avec transport scs soldats qui ont porté si haut la gloire de nos armes.
c Soyez donc fiers de vos succès, fiers des résultats obtenus, fiers surtout d’ètre les enfants bicn-aimés de cette France, qui sera toujours la grande nation, tant qu’elle aura un cœur pour comprendre les nobles causes et des hommes comme vous pour les défendre. »
Si, par toute l’Europe, l’annonce de la paix fut accueillie avec bonheur; faut-il le dire , elle causa dansl’armée un profond sentiment de tristesse. Et l’on ne doit point s’en étonner ; car ce n’est pas en vain qu’une armée victorieuse voit rayonner autour de son front le splendide couronnement de ses triomphes. — Ceux qui combattent ne voient que le drapeau qui les guide et la patrie qui les contemple avec orgueil.
La fortune des armes avait constamment trahi l’Autriche; constamment elle s’était rangée sous les drapeaux de la France. — Chaque journée de combat prenait le nom d’une victoire. — Que de souvenirs glorieux, depuis le 20 mai qui s’appelait : Montebello, jusqu’au 1 1 juillet qui s’appelait : la paix de Villa franca !
LXI. — Le 12 juillet, l’Empereur quittait son quartier impérial de Valeggio pour retourner en France, en passant par Milan.
Le même jour, la garde impériale recevait l’ordre d’aller prendre ses premiers campements à Dezenzano, et