XXXVIII. — L’Empereur, à peine arrivé depuis
(l) Ce palais construit par Napoléon I", a longtemps servi d’habitation au feld-maréchal Radetzky.
quelques instants à sa résidence, remontait à cheval, après un second entretien avec le maréchal Baragueyd'Hilliers, qu’il avait déjà rencontré en quittant son bivouac de Quarto-Gagnino , et partait avec quelques officiers de son état-major, pour aller s’assurer que le corps du maréehal duc de Magenta s’était mis en marche.
De nouveaux renseignements venaient, en effet, d'apprendre à l’Empereur que les Autrichiens se fortifiaient à Melegnano, et il avait donné verbalement l’ordre au maréchal Baraguey-d'Hilliers d’enlever le jour même ce village, et d’en chasser l'ennemi, avant que celui-ci eût eu le temps de s’entourer d’ouvrages défensifs importants.
Sa Majesté atteignit, sans être reconnue, les remparts extérieurs, car nul ne pouvait supposer que cet homme sans escorte, parcourant au galop une partie de la ville, était l’Empereur lui-même. Mais à son retour, la nouvelle s’en était répaudue, et une foule immense, ivre d’enthousiasme et de joie folle , se jeta sur son passage avec des cris et des acclamations.
Il faut connaître les natures italiennes, ardentes, fiévreuses, excessives, pour se faire une juste idée de ces démonstrations frénétiques. Les uns baisaient la crinière du cheval de l’Empereur, les autres saisissaient les étriers, ou portaient ses vêtements à leurs lèvres; et les femmes, sortant précipitamment de leurs maisons , lui tendaient leurs petits enfants avec des mots
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