LIVRE I, CHAPITRE
de, bénédiction, pour qu’un de ses regards arrivât jusqu’à eux.
En écrivant ces lignes, nous n’exagérons rien.
* Quel que soit le récit que l’on puisse faire (disait un des témoins de cette scène), il sera tdtijours au-dessous de la vérité. »
C’est ainsi que l’empereur Napoléon revint vers le palais qu’il habitait.
Mais cette ovation spontanée, si elle avait ému son cœur, n’avait pu enlever sa pensée aux graves préoccupations qui la dominaient. — Les Autrichiens étaient encore bien près de Milan. — Leurs préparatifs de défense à Melegnano avaient-ils pour but de couvrir la retraite d’une armée démoralisée, comme chacun l'assurait,.ou bien devaient-ils servir d’appui à un grand retour offensif contre la capitale de la Lombardie ?
XXXIX. — Nous avons dit que le maréchal Baragueyd’Hilliers, commandant en chef le 1er corps, avait reçu l’ordre d’enlever Melegnano avant la fin du jour. — Le duc de Magenta était mis sous ses ordres avec le 2* corps.
Le maréchal s’est porté en toute hâte à San Martino où il doit retrouver le maréchal de Mac-Mahon, dont le corps d’armée a pris les devants. — Les trois divisions du 1" corps, Forey, Ladmirault, Bazaine, avancent avec peine sur la route encombrée déjà par les équipages et par l’artillerie du 2* corps.
Pendant que ces troupes, dont les chefs pressent. la marche, font diligence pour se rallier au rendez-vous assigné, le maréchal a concerté son plan d’attaque et donné ses instructions. — Le duc de Magenta s’avancera avec son corps d’armée sur San Giuliano (1) ; à cet endroit, il se jettera sur la gauche pour tourner la droite de Melegnano, rejoindre la route de Gassano à Lodi et s’y établir à cheval, coupant ainsi la ligne de retraite des Autrichiens.
Le général Forcy avec la 1" division du 1er corps, prendra, sur la droite, le chemin qui conduit de Nosedo à Pedriano, afin de tourner aussi Melegnano de ce côté, et d’appuyer vigoureusement avec toute son artillerie l’attaque principale.
La 2' division, commandée par le général de Ladmirault, exécutera le même mouvement sur la gauche, en se jetant dans la direction de la ferme de San Brcra(2); son artillerie battra le cimetière et enfilera la roule de Lodi.
Pendant ce temps la division du général Bazaine, avançant par la grande route, attaquera de front le village.
XL. — Les renseignements parvenus au maréchal s’accordent à dire que l’ennemi a fait sauter divers ponts, et qu’il a préparé des fourneaux déminés pour en faire sauter d’autres, au moment du combat. — Le général
(1) San Giuliano, bourg, A 3 kilom. S.-D. de San Donato.
(2) San Brera, village A 3 kilom. de San Giuliano.