‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 30 sur 326 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

Sur la gauche, où s’élève une sorte d’auberge, le canal d’irrigation se répand et se multiplie dans la plaine en larges cours d’eau. Ce sont à tout instant de profondes coupures, des fossés aux bords fangeux, des plaines humides qui trompent le regard par leur richesse et leur fertilité.

De ce côté est San Brera.

Si, au contraire, vous continuez d’avancer sur la route, dont la chaussée est large et unie, à 200 mètres de Melegnano , vous rencontrez le cimetière que ferme une grille en fer et que précède un portique formant arcades. Les murs sont couverts de plaques noires portant des inscriptions. Le bruit des armes, le tumulte de la guerre, ont remplacé le silence de ce champ du repos devenu une enceinte fortifiée. Les murs ont été crénelés comme ceux d’une forteresse, et des bataillons autrichiens s’y sont retranchés, pour prendre par le flanc les troupes qui voudraient attaquer de front le village, en suivant la grande route.

Près de ce cimetière , l’ennemi a élevé une première barricade avec des troncs d’arbres et des bois de construction entassés pêle-mêle. — A 200 mètres plus loin, un fossé large et profond coupe la route transversalement.

A l’entrée même de Melegnano, quatre pièces d’artillerie sont mises en batterie derrière un fort épaulement.

A gauche, une grande ferme trouée par des meurtrières, et un long mur que l’ennemi a crénelé, défen-

dent l’entrée de ce village, dont le nom devait être, à plus de trois siècles de distance, deux fois célèbre par la guerre.

C’est sur cette route et par les chemins latéraux qui donnent dans les prairies , que le l,r et le 2* corps d’armée vont être lancés au combat, associant le nom d'une nouvelle victoire à la grande journée de Magenta.

XLII1. — A trois heures seulement, les troupes qui doivent agir sont réunies à San Donato.

Le maréchal de Mac-Mahon a déjà porté en avant la division du général Decaen (2"}, qui a la plus longue distance à parcourir.

« 11 est deux heures (dit le journal historique du 2' corps), lorsqu’elle se met en marche, se dirigeant par Trivulzo, Morsenchio , Limite, Biassano, Robbiano et Triginto, sur Mediglia, où elle doit attendre que la division de la Motterouge (1"), soit entrée en ligne, pour se porter en avant. »

C’est à quatre heures que cette division, avec laquelle est le maréchal, reçoit l’ordre de départ (1) : car il a décidé que la 1" division du 2* corps attendra, pour prononcer son mouvement , l’arrivée de la tête de colonne de la division de Ladmiraoll (1" corps).

Le duc de Magenta se porte alors rapidement sur San Giuliano, que l’on suppose encore occupé par l’ennemi ;

(1) Journal det marches et opérations du 2* corps.

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