LIVRE I, CHAPITRE II
mais, ce petit village est déjà évacué. — La colonne quitte à cet endroit la grande route et se dirige vers Carpianello(l) et la cascina Barona, pour opérer à Mediglia(2) sa jonction avec la 2“ division.
Les chemins étroits, les terrains couverts de moissons et coupés sans cesse par des canaux et des fossés, puis le passage du Lerabro à gué, ne lui permettent d’atteindre Mediglia que vers six heures du soir, environ . Aussitôt, les deux divisions continuent leur marche, pour venir, sur deux lignes, s’établir à cheval sur la route de Lodi, — la droite à Romulo, la gauche à Melegnano (3). Mais à peine sont-elles en mouvement, que le canon du premier corps se fait entendre. 11 leur est donc impossible de pouvoir arriver à temps, pour opérer utilement sur la route de Lodi, et barrer le passage aux Autrichiens déjà en retraite.
XLIV. — En effet la 3» division, à la tête de laquelle marche le général Bazaine, un de nos plus brillants officiers généraux, s’aVancc sur San Giuliano.
(1) Carpianello, village 5 2 1/2 kilom. N.-E. de San Giuliano.
(2) Mediglia, village & 4 kilom. E. de San Giuliano et ît 3 kilom. E. de Carpianello.
(3) « A six heures (écrit le maréehal) j'ordonnai & la 2* division de porter huit bataillons sur la route de Lodi, par Calbiano, Bellerono, Dresano, Cologno, Casai Majocco et Sordia qui devait être le point objectif à atteindre. Les impedimenta étaient restés à Mediglia sous la garde de quatre bataillons.
« La 1" division devait suivre et appuyer le mouvement. En fin de compte les deux divisions devaient s’établir sur deux ligues & cheval, sur la route de Lodi , la droite à Romulo, la gauche à Melegnano. »
Il est près de 5 heures, quand la tête de colonne , dépassant ce village, pousse rapidement sur Melegnano. — La chaussée de la route large et droite, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut , est bordée de fossés pleins d’eau , et communique avec la campagne par de petits ponts en pierre. — Sur la gauche, on aperçoit au milieu des arbres quelques toits de maisons et la flèche aiguë d’uu clocher. — C’est San Brera vers lequel se dirige la 2e division du premier corps.
Bientôt la division Bazaine est en vue de Melegnano (1); une distance de 1200 à 1500 mètres tout au plus la sépare de la ville. Il est alors six heures moins un quart; — de nombreux éclaireurs couvrent son front.
Le général a arrêté la tète de colonne. La compagnie de zouaves d’avant-garde se déploie en tirailleurs sur la droite et sur la gauche de la route, pendant que les pièces de canon de la 12* batterie du 12“ régiment se placent sur le milieu de la chaussée et commencent le feu. L’ennemi démasque aussitôt son artillerie et ne tarde pas à répondre. — Ses boulets enfilent la route occupée par nos troupes. Après avoir lancé quelques salves, nos arlilleurs avancent résolûment, recommencent le feu de plus près, avancent encore, et, bravant les projec-
(1) Melegnano (Marignan) bourg à 5 kit. de San Giuno, à 15 kil'. S. E. de Milan et à 15 kit. O. N. O. de Lodi. 3000 habitants. 1375 habitants. Au moyen âge Marignan était défendu par une forteresse qui fut détruite en 1239 par Frédéric II et rebâtie en J243. Les Guelfes et les Gibelins y conclurent la paix en 1279. Enfin, en 1515, François I4' y remporta sur les Suisses une bataille mémorable, connue sous lè nom de Bataille des géants.