LIVRE I, CHAPITRE
tiles qui bondissent autour d’eux, continuent leur tir avec une calme intrépidité et une résolution que rien n’arrète.
XLV. — Il se fait tard ; cependant les corps qui doivent opérer sur les flancs et envelopper la position n’annoncent point leur présence.
Mais heureusement le général Forey a traversé Civesio, Viboidane et est arrivé à Mezzano fl) que les avant-postes autrichiens venaient d’évacuer. — Il sait que l’heure le presse; aussi poursuit-il rapidement sa route à travers des terrains couverts, jusqu’à Pedriano, cherchant avec le général Forgeot un emplacement qui permette à son artillerie de battre la ville. — Bientôt les douze pièces de la division sont mises en batterie, soutenues par le bataillon de chasseurs que le commandant d’Audebard de Férussac dispose en tirailleurs; le 74' et le 84* de ligne se massent dans l’intérieur du village. Les douze pièces de canon tonnent à la fois sur Melegnano qu’elles prennent d’écharpe.
Malgré cette heureuse diversion, l’artillerie ennemie cause des pertes sensibles à la colonne du centre.
L’ordre est donné de se lancer en avant sans plus tarder, car la nuit ne tardera pas à venir, et les instructions données au maréchdi par l’Empereur sont d’occuper de
(IJ Heisano, village à 3 kit. S. E. de San Giuliano, et à 2 kil. N. O. de Marignan.
CAMPAGNE D’ITALIE
vive force Melegnano, le jour même. — Le général Goze qui commande la brigade , tête de colonne , fait déposer les sacs à terre, et pendant que de nouvelles compagnies de zouaves se répandent sur la droite et sur la gauche au tnilieu des arbres, le colonel Paulze d’Ivoy se porte rapidement sur le village avec le reste de son régiment, qu’appuie le colonel bordas à la tête du 33* de ligne.
Entraînés par leur colonel, les zouaves se précipitent sur la barricade avec une audace que rien n’égale. Les boulets et la mitraille trouent les rangs qui se resserrent aussitôt ; chefs et soldats rivalisent d’ardeur et d’élan :
bientôt ils sont entourés d’un nuage de poussière et de fumée. , ,
Lorsqu’ils sont près d’atteindre la barricade, le feu de l’artillerie cesse tout à coup , et les Autrichiens s’élancent eux-mêmes sur la roule. Le premier rang est composé tout entier d’officiers; pour initier leurs soldats à ces combats à la baïonnette qui les étonnent et sèment le désordre dans leurs rangs , tous ont pris des fusils et ont voulu se jeter les premiers au-devant des zouaves, entraînant leurs compagnies électrisées par ce noble exemple de courage.
Le choc est terrible et sanglant ; on se prend corps à corps, les fusils s’entre-choquent et se brisent, les baïonnettes se tordent dans l’acharnement du combat ; — courage impuissant, effort stérile ; la barricade est franchie, et les sapeurs du génie, sous l’énergique direction du commandant de Rivière, la démolissent pour frayer un passage à l'artillerie.