LIVRE I. CHAPITRE II
fois le génie et l’artillerie créent des passages factices ; mais chacun de ces passages , quelque rapidement qu’il puisse être organisé, fait perdre un temps précieux.
XLVIII. — Le général de Ladmirault a précipité sa marche avec la lr* brigade, laissant une garde du 21’ pour couvrir l’artillerie.*
Le capitaine Bonneau de Beaufort prend quelques compagnies du 10* bataillon de chasseurs et les déploie en tirailleurs au milieu des plantations et des haies touffues qui barrent à tout instant le chemin et interceptent la vue. A peine ce brave officier a-t-il fait quelque pas qu’il tombe mortellement frappé de deux balles : — il tombe, ayant encore à son képi et à la boutonnière de son uniforme les fleurs que, le matin môme, on lui avait jetées quant il traversait Milan.
A lq hauteur de San Brera qui, à 600 mètres environ à l’est de Melegnano, domine le Lembro, le général de Ladmirault entend des coups de canon qui partent de la colonne du centre avec laquelle se trouve le maréchal Baraguey-d’Hilliers. — Son artillerie , retardée , nous l'avons vu , par des impossibilités matérielles ne peut appuyer par son feu l’attaque principale. — Au bruit du canon qui fait retentir au loin les échos, se môle déjà une fusillade serrée.
La division Bazaine est évidemment sérieusement engagée. Le général n’hésite pas, et avec cette énergique résolution qui est l'instinct de sa nature , il donne ordre au commandant Courrech de se jeter,
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en toute hâte, dans la direction du feu avec son bataillon de chasseurs à pied (10e bataillon). Le commandant cric d’une voix retentissante à ses soldats de le suivre, et s’élance sur la droite vers un plateau qui * domine la route. — Les chasseurs rencontrent un fossé profond ; ils s’y précipitent bravement et le traversent ayant de l’eau jusqu’à la ceinture. — Ils ne marchent pas, ils courent ; car de moments en moments, le feu augmente d’intensité; le capitaine de Bletterie part avec la 2me compagnie pour renforcer la ligne des tirailleurs.
Les Autrichiens occupent une ferme située en arrière de la crête du plateau, le feu s’engage. — Mais chaque minute est précieuse ; — les clairons sonnent la charge; la ferme est enlevée à la baïonnette. L’ennemi se retire vers les premières maisons, cherchant encore, à se maintenir à la faveur d'un terrain favorable; bientôt les chasseurs qui les poursuivent sont confondus avec les zouaves de la 2"” division, et ces intrépides soldats rivalisent entre eux d’audace et d’ardeur.
XLIX. — Pendant ce temps, le l5n,e de ligne (colonel Guérin) continue à pousser droit devant lui, en tenant les maisons de Melegnano sur sa droite. Avec ce régiment marchent le général de Ladmiraull et le général Niol. — Les Autrichiens sont en retraite sur la ville, et la tète de colonne de la 3m* division à laquelle se sont mêlés les chasseurs du 10m' bataillon, les repousse déjà vigoureusement vers les maisons, la baïonnette dans les reins ; le