‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 35 sur 326 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

général de Ladmirault lance le 15* de ligne au pas de course pour couper l’ennemi, il franchit avec le général Nioltous les obstacles, et se répand à travers les jardins, les vergers et les champs de maïs.

« Débordant ainsi l’attaque du centre (écrit le général de Ladmirault, dans son rapport), le 10* bataillon de chasseur^ et le 15* de li*gne se sont jetés dans les premiers gradins du flanc gauche de la ville ; ils ont pris par un brusque retour à droite l’ennemi en flanc, et se sont engagés dans les maisons, toutes converties en petits forts, d’où il a fallu déloger les troupes autrichiennes. »

Poursuivant sa marche , il se trouve tout à coup sur la rive droite du Lembro; les berges sont escarpées, les eaux profondes.

Irrités de cet obstacle imprévu , officiers et soldats parcourent la rive en tous sens, cherchant un pont ou un moyen de passage ; mais aucune possibilité de communication n’existe. Le général donne l'ordre au colonel Guérin de faire sonder la rivière, pour la passer à gué. Aussitôt le tambour-major du 15*, Degrootz, homme à la stature colossale, s’élance résolùment. A peine a-t-il fait quelques pas, que l’eau lui monte jusqu’aux épaules ; — le gué n’est pas franchissable.

Mais, dans le centre de la ville, l’attaque s’était continuée avec grande vigueur, et les Autrichiens, refoulés de tous côtés par le Ier zouaves, et le 33* de ligne, se précipitaient en désordre vers le seul pont qui existe à Melegnano et partage la ville en deux.

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CAMPAGNE D’ITALIE

L. — Retournons donc vers la division Bazaine que nous avons laissée s’avançant d’un pas rapide sur ia ville.

Devant l’élan impétueux de nos bataillons, les Autrichiens ont retiré à la bâte leurs pièces de canon; les troupes qui cherchaient encore à défendre l'entrée du village sont culbutées. — Ce devint alors une de#ces luttes terribles, où la mort, cachée dans l’intérieur des maisons, abritée sons les toits, embusquée aux fenêtres ou derrière des murs crénelés, frappait de tous côtés nos braves soldats d’une main sûre et invisible. — Mais, parmi ces combattants résolus, il n’en est pas un qui hésite ou s’arrête devant elle. — Plus le danger est grand, plus l’inébranlable volonté de la victoire leur monte au cœur ; ils vont sans s'arrêter, courant par les rues, brisant les portes, pénétrant dans les maisons, se ralliant sur les places pour s’élancer de nouveau dans d’autres directions. — Bientôt ils sont au cœur de Melegnano.

Ll. — Mais c’est au vieux château que les Autrichiens ont réuni leurs plus grands efforts, car les troupes ennemies pourraient intercepter par là leur mouvement de retraite sur Lodi et Pavie.

La place, sur laquelle s’élève ce château est bordée de vergers; sur la droite, les terrains subitement affaissés conduisent à une route latérale. — Les murs extérieurs, avec leurs longues fenêtres serrées les unes contre les autres, présentent l'aspect d’une véritable forteresse;

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