‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 50 sur 326 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

LXII, — Dès son entrée à Milan , il voulut dire une fois de plus aux Italiens, quelle noble mission il s’élait donnée, quejl était le but de cette guerre entreprise avec son allié le roi de Sardaigne, et remercier sa vaillante année de son énergie dans les fatigues, de son courage dans les combats.

Aux Italiens, Napoléon III disait : #

* Vos ennemis, qui sont les miens, ont tenté de diminuer les sympathies universelles qu’il y avait en Europe pour votre cause, en faisant croire que je ne faisais la gilerre que par ambition personnelle, ou pour agrandir le territoire delà Fiance. • ,

« S’il y a des hommes qui ne comprennent pas leur époque, je ne suis pas du nombre. ' a '• .

« Dans l’état éclairé de l’opjnion publique, on est plus grand aujourd’hui par l’influence morale qu’on exerce, , ' / t que par des conquêtes stériles ; et cette influence morale, je la recherche avec orgueil en contribuant à rendre

libre une des plus belles parties de l’Europe (»)•»

(t) PROCLAMATION DS L’EMPEREUR NAPOLÉON AUX ITALIENS.

a Italiens t • - ■

« La fortune de la guerre nous conduisant aujourd’hui dans la capitale de La Lomliardiè, je viens vons dire pourquoi j’v suis.

« Lorsqu* l’Autriche attaqua injustement le Piémont, je résolus de soutenir mon allié lé roi de Sardaigne; l’honneur et les intérêts de la France m’en faisaient un devoir.

«Vos ennemis, qui sont les miens, ont tenté de diminuer les sympathies universelles qu-’il y avait en Europe pour votre cause, en faisant croire que je ne faisais la guerre que par ambition [lersonnelle, ou pour agrandir le territoire de la France

86 CAMPAGNE D’ITALIE

A son armée, Napoléon III disait :

* Tout n’est pas terminé : nous aurons encore des luttes ît soutenir, des obstacles à vaincre.

« Je compte sur vous : courage donc, braves soldats de l’armée d’Italie ! Du haut du ciel, vos pères vous contemplent avec orgueil (1)! »

oc S’il y a des hommes qui ne comprennent pas leur époque, je ne suis pas du nombre.

« Dans l'état éclairé de l'opinion publique, on est plus grand aujourd’hui par l’inlluence morale qu’on exerce, que par des conquêtes stériles; et cette influence morale, je la recherche avec orgueil en contribuant à rendre libre une des plus belles parties de l’Europe.

« Votre accueil m’a déjà prouvé que vous m’avez compris.

« Je ne viens pas ici avec un système préconçu pour déposséder les souverains, ni pour vous imposer ma volonté ; mon armée ne s’occupera que de deux choses : combattre vos ennemis et maintenir l’ordre intérieur. Elle ne mettra aucun obstacle à la libre manifestation de vos voeux légitimes.

a La Providence favorise quelquefois les peuples comme les individus, en leur donnant l’occasion de grandir tout à coup; mais c’est à la condition qu’ils sachent en profiter.

« Profitez donc de la fortune qui s’ofTre à vous!

« Votre désir d’indépendance, si longtemps exprimé, si souvent déçu, se réalisera, si vous vous en montrez dignes.

•c Unissez-vous donc dans un seul but : l’affranchissement de votre pays.

* Organisez-vous militairement.

< Volez sous les drapeaux du roi Victor-Emmanuel, qui vous a déjà si noblement montré la voie île l’honneur 1

« Souvenez-vous que sans discipline, il n’y a pas d’armée; et animés du feu sacré de la patrie, ne soyez aujourd’hui que soldats; demain, voos serez citoyens libres d’un grand pays.

a Fait au quartier impérial de Milan, le 8 juin 1859.

« NAPOLEON

(1) PROCLAMATION DE l’EUPEIUUJR NAPOLEON A L’aRMËB D’ITALIE.

« Soldats!

« Il y a un mois, confiant dans les efforts de la diplomatie, j’espérais

Page 1