‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 51 sur 326 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

LXIII. — Non ! tout n’était pas terminé, et le jour même , où ces proclamations de l’Empereur , affichées sur les murs de la capitale de La Lombardie, étaient lues avec enthousiasme par toute la population, le canon de la France tonnait encore, et nos bataillons, que l’on avait vus le matin traverser Milan au pas de course, combattaient à l’heure où la ville, ivre de joie et de fête, inondait ses rues de feux étincelants et d’illuminations joyeuses.

Ici on chante nn T» Dcum d’actions de grâces, on bat des mains, on jette des profusions de fleurs, on glorifie la victoire ; là-bas , on ensevelit des morts.

encore la paix, lorsque tout à coup l’invasion du Piémont par tes troupes autrichiennes, nous appela aux armes. Nous n'étions pas prêts.

a Les hommes, les chevaux, le matériel, les approvisionnements manquaient, et nous devious, pour secourir nos alliés, déboucher 1 la hâte, par petites fractions, au delà des Alpes, devant un ennemi redoutable et préparé de longue date.

« Le danger était grand, l'énergie de la nation et votre courage ont suppléé à tout. La France a retrouvé scs anciennes vertus, et, uuie dans un même but comme en un seul sentiment, elle a montré la puissance de ses ressources et la force de son patriotisme. Voici deux jours que les opérations ont commencé, et déjà le territoire piérnonlais est débarrassé de ses envahisseurs.

, a L'armée alliée a livré quatre combats heureux et remporté une victoire décisive, qui lui ont ouvert les portos de la capitale de la Lombardie; tous avez mis hors de combat plus de 35 000 Autrichiens, pris 17 canons, 2 drapeaux, 8000 prisonniers. Hais tout n’est pas terminé : nous aurons encoro des luttes à soutenir, des obstacles à Taincre.

« Je compte sur vous : courage donc, braves soldats de l'armée d’Italie! Du haut du ciel, vos pères vous contemplent avec orgueil!

« Fait au quartier général de Milan, le 8 juin 1859.

* NAPOLÉON

CAMPAGNE D’ITALIE

Mais les morts qui tombent sur les champs de bataille sont des morts glorieux, et, qu’ils soient soldats ou officiers, üs ont leurs noms à jamais gravés dans le cœur du pays. -, i • > ■

LX1V. — La journée du 9 juin sera une journée de grand souvenir pour la ville de Milan. Elle a voulu prendre sa revanche d’avoir été, la veille, surprise dans son sommeil. Les balcons sont remplis de bouquets, de brauches vertes, de couronnes tressées, de fleurs effeuillées dans des corbeilles que les jeunes tilles et les jeunes femmes îienuent déjà dans leurs mains.

A onze heures, toutes les cloches sonnaient, et l’on entendait de tous côtés les tambours battant aux champs.

Depuis la villa Bonaparte jusqu’à la cathédrale, la garde impériale formait la haie, en suivant le Corso. De vieilles tapisseries aux couleurs effacées, des tentures de soie et de velours avec des crépines d’or, couvrent les murs ou pendent aux balcons des fenêtres, mêlées aux longs plis des drapeaux, que n'agite pas le plus petit souffle de vent.

LXV. — En un instant, sous les pas des soldats, les rues sont jonchées de fleurs, tapis parfumés qui couvrent de leurs couleurs étincelantes les dalles de la vieille

cité lombarde. — Cependant, quand l’Empereur, précédé et suivi du brillant escadron de ses cent-gardes apparut, ayant à ses côtés le roi Victor-Emmanuel, une nouvelle avalanche de fleurs tomba de toutes parts aux pieds des

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