LIVRE II, CHAPITRE III
dera sévèrement la plaine qui s’étend, entre lui et le 4* corps.
« Il aura la même préoccupation sur son aile gauche pour empêcher l’ennemi, qui occupe toute cette vaste étendue de terrain, de Solferino à Guiddizzolo, de le séparer du 1" corps. — Toutefois il ne doit point perdre de vue les hauteurs de Cavriana, pour tenir en respect les colonnes autrichiennes , jusqu’au moment où les attaques du maréchal llaraguey d’Hilüers auront été couronnées de succès.
Le maréchal, pour se relier au 4e corps, massera sur sa droite la cavalerie de la garde qui par ordre de l’Empereur, viendra se placer sous son commandement; mais il ne prononcera son mouvement que sur de nouvelles instructions, ou lorsqu’il verra le 4e corps en ligne et les positions de Solferino emportées. — Ce sera le moment alors d’attaquer les hauteurs de Cavriana, et d’arracher à l’ennemi son dernier refuge. »
Mais du côté de Guiddizzolo, objectif du 4* corps, de fortes colonnes s’opposent à la marche du général Niel qui avance lentement, craignant d'ôtre tourné par sa droite ; il a fait savoir au maréchal de Mac-Mahon qu’il appuiera vers le 2' corps, dès que le maréchal Canrobert sera en mesure de soutenir sa droite.
L’Empereur envoie alors un de ses officiers d’ordonnance, le capitaine de Clermont-Tonnerre, dire au maréchal Canrobert d’appuyer les mouvements du général Niel, au fur et à mesure de l’arrivée de ses troupes, n 11
CAMPAGNE D’ITALIE
Mais l’heure marche avec des ailes rapides, la bataille gronde et s’étend de tous côtés ; l’Empereur, sûr que ses ordres seront fidèlement et vigoureusement exécutés, quille le maréchal, et, se lançant de nouveau à travers la plaine, se dirige vers les crêtes qu’occupe le 1" corps ; car le nœud de la bataille est à Solfcrino. — C’est là qu’il veut se tenir pour surveiller de plus près toutes les phases des combats, et dominer l’ensemble de l’action générale.
XXXIX. — Levoici arrivé à la hauteur du mont Fenile, où le général Forey fl" div. , 1" corps), ayant renforcé ses deux pièces d’artillerie d’une batterie entière de la réserve du l,r corps, concentrait un feu très-actif sur une vallée, en arrière des hauteurs à droite de Solferino. Un nuage épais de poussière, qui s’élevait du sein de cette vallée,avait fait présumerau général que, là, se massaient de puissantes réserves. — Ses troupes en bataille sur les points les plus menacés s’opposaient en môme temps à tout progrès des colonnes autrichiennes en avant des hauteurs.
La 1M brigade vaillamment conduite par le général Dieu, avait atteint le pied du mamelon des Cyprès, mais en payant chèrement ce premier succès; son général, au moment où il portail en avant la ligne de ses tirailleurs, avait été renversé de cheval presque mortellement atteint. Aussitôt le colonel Cambriels, qui déjà au combat de Monlebello avait succédé au brave général Beuret tué devant l’ennemi, prenait une seconde fois le com-