‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 94 sur 326 · LIVRE 11, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE

mandement de cette brigade et devait ajouter encore au renom qu’il avait acquis dans la journée du 20 mai.

La 2» brigade, commandée par le général d’Alton, est massée au pied du mont Fenile sur la roule de Casliglione à Solferino.

XL. — L’Empereur gravit le mont Fenile qu’atteignent à tout instant de nombreux projectiles (1). Aussitôt que le général Forey l’aperçoit, il se porte à sa rencontre, préoccupé des dangers que va courir Sa Majesté. Mais l’Empereur, sans paraître avoir entendu les paroles du général, et tout en s’entretenant avec lui des faits accomplis pendant la matinée, arrive jusqu’aux batteries qui couronnent ce mamelon ; il examine froidement le terrain, et devant les lignes autrichiennes, si puissamment déployées, il comprend plus que jamais que cette attaque du centre est la clef de toutes les autres. Sur la droite, dans la plaine boisée qui s’étend au bas de la Tour, on voyait, à travers les arbres, reluire des baïonnettes ; mais il était impossible, au milieu des massifs qui couvraient ces terrains, de reconnaître quelles étaient ces troupes. — On put croire même un instant que c’était une portion du 2° corps opérant un mouvement de conversion ; l'Empereur chargea alors le général de la Moskowa, un de ses aides de camp, d’aller reconnaître

(1) Le lieutenant d’état-major Bidot attaché & l'état-major du général Forey venait quelques instants auparavant de tomber, la cuisse traversée par une balle.

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par lui-même quelles étaient ces troupes que l’on apercevait dans cette direction.

Le général partit aussitôt au galop, et bientôt on le vit disparaître sons les arbres, se lançant à l’encontre de la colonne qui lui avait été signalée. — Peu après, il revenait annonçant à Sa Majesté que c’était un corps autrichien considérable.

Il était de toute importance d’arrêter son mouvement qui tendait évidemment à couper notre ligne.

L’Empereur envoie l’ordre à la brigade d’Alton de sc porter rapidement en avant sur cette colonne ennemie, et prévient le général Forey qu’il vient de disposer de sa seconde brigade. — Certes, elle va être broyée par la grande supériorité du nombre, et ce ne sera qu’au prix des pertes les plus cruelles qu’elle pourra accomplir la périlleuse mission qui lui est confiée ; mais du moins, elle arrêtera la marche de l’ennemi.

Déjà la garde impériale, à laquelle Sa Majesté a donné ordre de se porter en toute hâte sur le champ de bataille, commence à montrer ses têtes de colonnes et à couronner les hauteurs qui, derrière le mont Fenile, s’étendent le long de la route de Mantoue, puissante réserve placée ainsi sous la main de l’Empereur et qu’il ne va pas tarder à jeter résolùment sur les points les plus menacés.

XLI. — La 2* brigade du général Forey se compose du 91* (colonel Abatlucci), et du 98% sous les ordres du lieutenant-colonel Maire.

Le général d’Alton détache pour couvrir son mouve-

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