‹ La Campagne de 1796 en ItalieChapitre 20 sur 75 · BEAULIEU PASSB LE PÔ · texte numérisé non relu

BEAULIEU PASSB LE PÔ

avant-postes de son aile droite étaient sur la Sesia, ceux de sa gauche sur le Pô et un détachement de flanqueurs surveillait ce fleuve jusqu'à Olona.

Cette position n'était vraiment pas de nature à remplir aucun des buts que se proposait le général autrichien.

Elle faisait face à TOuest, par où Tennemi n'arrivait pas ; elle se Qait, pour la sécurité de ses flancs et de ses derrières, à une neutralité que les Français ne respecteraient pas ; elle reposait enfin essentiellement sur la conviction, inspirée par Bonaparte lui-même, qu'il passerait à Valenza.

Cependant, comme dans cette position le gros de l'armée autrichienne comprenait 20,000 hommes, sur un espace de 4 milles, entre Sommo et Lomello, et que la position des Français entre Alexandrie et Voghera menaça jusqu'au 6 le cours du Pô en amont du Tessin, on ne peut pas dire que cette position fût absolument mauvaise. Peut-être eût-il été préférable de prendre une position centrale vers Pavie ; on eût ainsi tenu une plus grande partie du Pô et l'on aurait défendu le Tessin au lieu de TAgogna.

Bonaparte passe le Pô.

Bonaparte n'avait fait insérer, dans la convention de Cherasco, ]a clause du passage à Valenza que pour tromper Beaulieu. Il était clair que les Impériaux seraient obligés de se reporter d'autant plus loin que lui aurait passé le Pô plus à TEst, ety en même temps, il tournait un plus grand nombre des rivières qui descendent des Alpes. Cela dépendait de lui, car il était le plus fort, le vainqueur, et pouvait faire la loi à son ennemi. Pourtant, Tamplitude de son mouvement avait des limites. 11 ne pouvait pas aller jusqu'à la mer Adriatique et passer de ce côté, de manière à rejeter les Autrichiens du premier coup derrière FAdige. 11 lui fallait toujours s'arrêter aux environs de Mantoue, et il ne pourrait pas, à une peireille proximité des Autrichiens, considérer le Milanais comme une conquête définitive. Le Milanais serait tombé forcément en son pouvoir, s'il avait pu rejeter les Autrichiens au delà des montagnes ; mais il n'en était pas ainsi ; il fallait pénétrer réellement dans cette province, déloger les garnisons autrichiennes et les autorités militaires qui pouvaient y être restées, investir Pizzighettone et la citadelle de Milan, et s'arrêter là pour s'y préparer une zone de manœuvre. Bonaparte pouvait ne pas agir ainsi et poursuivre sa marche à travers tous ces obstacles ; mais, chemin faisant, il lui faudrait faire des détachements, et ce serait un mal. Ainsi, le mouvement débordant sur la gauche autrichienne était limité.

Il y avait à cela une autre raison plus puissante encore. Le

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