COMBAT DE LODI, LE 10 MAI
it bataillons et 16 escadrons à Lodi, 10 — 14 — Crema,
2 — 3 — Pizzigheltone,
3 — 5 — Casalmaggiore,
4 — 2 — Cassano.
Total — 31 bataillons et 40 escadrons.
Il manque encore, puisque Tarmée autrichienne comptait 35 bataillons et 44 escadrons, une force de 4 bataillons et 4 escadrons, dont l'emploi n*est pas expliqué dans la relation autrichienne.
Sebottendorf ne doit s'arrêter sur TAdda que 24 heures environ, pour procurer aux troupes au moins une journée de sécurité pendant laquelle elles se reposeraient de leurs marches forcées. Il a chargé 3 bataillons de Croates de défendre les ponts de TÂdda et a placé là 14 pièces ; 5 bataillons et la cavalerie sont un peu en arrière en réserve.
3 bataillons sont détachés à Credo, à une lieue en aval de Lodi, où se trouve un second passage (probablement un bac ou un gué). 1 bataillon et 2 escadrons sont restés au delà des ponts, à Lodi, pour recueillir Wukassovitch.
Qui aurait cru qu'avec de telles dispositions, l'honneur des armes autrichiennes allait subir un échec dont il y a peu d'exemples dans l'histoire! 7,000 hommes et 14 pièces pour défendre un pont de 300 mètres de long, sur une rivière infranchissable ! Qui n'aurait cru cette position inattaquable ?
C'est un véritable malheur pour l'histoire militaire que d'ignorer presque entièrement le menu détail de ce combat et celui des localités; c'est en efTet un événement à peu près sans égal. On trouverait pourtant la clef du mystère, soit dans les localités mêmes, soit dans le détail des dispositions prises, et rissue en paraîtrait sans doute moins merveilleuse.
Wukassovitch semble avoir atteint le pont de Lodi sans encombre avec son arrière-garde, et l'avoir passé, quoique vivement poursuivi (1). Le bataillon et les 2 escadrons de la
(1) Lettres cTltalie.
80 CHAPITRE XXYI.
rive droite se retirèrent aussi, sans être serrés d'assez près pour que l'ennemi passât à leur suite.
L'artillerie autrichienne tenait encore en respect celle des Français. Malheureusement, grâce à tous ces mouvements, on n'avait pu couper le pont, et, du reste, cela ne paraissait pas plus nécessaire que ce n'était faisable.
Bonaparte ayant à combattre aux portes de la ville le bataillon qu'on y avait laissé, conclut de la présence même de ce bataillon que le pont ne devait pas être coupé; il courut donc de sa personne jusqu'au débouché, et 6t aussitôt, sous la mitraille ennemie, mettre en batterie 2 pièces de son avantgarde tout contre le pont (et vraisemblablement un peu à couvert) aQn d'empêcher les travaux de destruction.
Une batterie imposante fut constituée sur les parties du mur d'enceinte qui faisaient face au pont. Un feu effroyable fut ouvert sur l'artillerie autrichienne, qui, entièrement découverte, paraît en avoir beaucoup souffert et fut contrainte de retirer ses pièces quelque peu en arrière pour échapper à des salves de mitraille très efficaces.
La situation resta stationnaire pendant quelques heures, jusque vers 5 heures de l'après-midi (d'après les mémoires de Bonaparte); on se canonnait de part et d'autre. Bonaparte résolut alors d'enlever le pont de vive force. La seule disposition prise pour faciliter cet assaut était l'envoi du général Beaumont avec un parti de cavalerie à une demi-lieue en amont; là, vers Mozzanica, il trouverait un gué par lequel il pourrait prendre en flanc avec son artillerie la droite autrichienne. Ce passage présenta plus de difflcultés que Bonaparte ne l'avait pensé, et le général Beaumont ne put pas coopérer utilement à l'attaque; on peut supposer, cependant, que la nouvelle de cette tentative produisit déjà chez les troupes autrichiennes un commencement d'hésitation.
Bonaparte forma une colonne serrée de 3,500 grenadiers, qu'il cacha derrière l'enceinte de la ville, tout près du pont et plus près, dit Bonaparte, de l'artillerie autrichienne que l'infanterie ennemie elle-même. Dès qu'il remarqua un ralentisse-