‹ La Campagne de 1796 en ItalieChapitre 28 sur 75 · BONAPARTE OCCUPE LE MILANAIS · texte numérisé non relu

BONAPARTE OCCUPE LE MILANAIS

Dès le 23 mai, elles furent rassemblées sur TAdda (1).

Le 24, Bonaparte lui-même était à Lodi, lorsqu*il reçut la nouvelle que des troubles venaient d'éclater dans le Milanais.

Les vols, les méfaits, le pillage, les cruautés qui étaient alors habituelles dans Tarmée française (2), les lourdes contributions et réquisitions qui furent prescrites, et les tendances révolutionnaires qui menaçaient de tout bouleverser, avaient allumé contre elle dans toutes les classes de la société une haine à peu près générale ; son parti était affaibli ou intimidé. Le clergé s'était donné beaucoup de mal pour exciter cette haine à se traduire par des actes ; de fausses nouvelles annonçant l'arrivée de Condé par la Suisse avec 60,000 hommes pour renforcer Beaulieu, ou un débarquement des Anglais à Nice, firent le reste, de sorte qu'en maint endroit on sonna le tpcsin et que l'armée française fut menacée d'un soulèvement général sur ses derrières.

A Milan même il y eut quelques troubles; mais Pavie surtout était en pleine insurrection ; plusieurs milliers de paysans armés s'étaient jetés dans ses murailles, avaient forcé la garnison française à rendre le château et l'avaient désarmée.

Bonaparte revint aussitôt à Milan avec un bataillon, 300 cavaliers, et 6 pièces d'artillerie à cheval ; il y arriva le 24 au soir. Là, l'ordre fut vite rétabli ; il fut assuré par les moyens

(1) Bonaparte apprend le 21 que la paix avec la Sardaigne est signée. U met ses troupes en mouvement le 22.

(2) Le général Dallemagne, de la division La Harpe, qui fut envoyé devant Pizzighettone, écrit le 9 mai à Bonaparte : « J*ai fait, Général, de « vains efforts jusqu*à ce jour pour arrêter le pillage. Les gardes que j'ai « établies ne remédient à rien, le désordre est à son comble.

<c II faudrait des exemples terribles, mais ces exemples, j'ignore si j*ai M le pouvoir de les donner.

tt L'homme honnête et sensible souffre et se déshonore en marchant à M la tête d'un corps où les mauvais sujets sont si nombreux. Si je n'étais m pas au poste le plus avancé, je vous préviendrais de me faire remplacer « par un homme dont la santé et les talents puissent obtenir de plus c grands succès; mais je dois m'oublier dès qu'il s'agit de travailler pour « la gloire de mon pays. » {Note de Cauteur.)

Bonaparte passe le Mincio.— Ctombat de Borghetto

le 30 mal.

Beaulieu avait continué sa retraite sans interruption par Rivalta sur Roverbella, derrière le Mincio. Il jeta 20 de ses meilleurs bataillons dans Mantoue, pour en renforcer la garnison, qui se trouva portée à 13,000 hommes; cela fait, il voulut essayer de défendre la ligne du Mincio.

Son armée avait reçu quelques renforts, et, en y comprenant la garnison de Mantoue, comptait 42 bataillons avec 31 escadrons, soit 31,000 hommes.

De ce nombre, quelques milliers d'hommes se trouvaient au nord du lac de Garde, vers Riva, et même près des sources de TAdige, dans le Mûnsterthal, à Taufers, d'où le général Laudon exerçait sur les Grisons une surveillance bien iautile.

A la fin de mai, la répartition des troupes en arrière du Mincio était la suivante :

Le général Liptay avec 4,500 hommes formait Taile droite, tenait Peschiera, dont il s'était emparé en chassant la garnison vénitienne, et avait ses avant-postes sur la Chiese.

Mêlas à Oliosi, avec 4,500 hommes

(était considéré comme formant réserve générale).

Sebottendorf à Valeggio, avec , . 6,000 —

(formait le centre).

(k>lli, avec 4,500 hommes de la garnison de Mantoue. . 4,500 — et quelques cavaliers, formait l*aile gauche à Go!to, avec 5,000 —

Total 20»000 hompfies«

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