‹ La Campagne de 1796 en ItalieChapitre 33 sur 75 · WURMSER VIENT DÉLIVRER MANTOUE · texte numérisé non relu

WURMSER VIENT DÉLIVRER MANTOUE

qu^il fallait pour réussir, que de bonnes dispositions dans un autre ordre d'idées.

Wurmser résolut de combiner son attaque d'après un plan de son chef d'état-major, le colonel Weirotter; ce plan consistait à déboucher de la montagne en deux colonnes qui suivraient les deux rives du lac de Garde. La colonne principale, forte de 32,000 hommes, sous le commandement direct de Wurmser, descendrait la vallée de TAdige; la colonne secondaire, forte de 18,000 hommes, sous Quasdanowitch, passerait par Riva et Salo, sur la rive occidentale du lac de Garde.

Les raisons de cette division en deux colonnes, que nous étudierons de plus près dans la suite, étaient sans contredit :

1* Ne pas rester sur une seule route avec des forces aussi considérables; se donner une base plus étendue;

2^ Entraîner les Français à se diviser aussi ;

3* Menacer leur ligne de retraite et dégager ainsi Mantoue par une simple manœuvre ;

4" Dans le cas où celle-ci manquerait son effet, augmenter les résultats de la victoire sur laquelle on comptait.

L'exécution de ce plan produisit une série de combats, livrés du 29 juillet au S août, que l'on désigne par la dénomination collective de bataille* de Castiglione. Nous allons les étudier dans l'ordre chronologique.

Combats de Rivoli et Salo, le 29 Juillet.

Masséna avait occupé avec 15,000 hommes la vallée de TAdige entre Vérone et Rivoli, c'est-à-dire qu'il tenait deux positions principales, celles de Vérone et de Rivoli. Cette dernière se trouve dans un élargissement de la vallée, sur un pla* teau séparé des montagnes voisines, qui constitue une très forte position, à cheval sur une route secondaire qui suit la rive droite de l'Adige. La route principale longe la rive gauche; elle passe à un mille en arrière de la position de Rivoli, dans la Chiusa, gorge étroite barrée par un petit fort. Il existe encore bon nombre de chemins moins importants, mais parfaitement utilisables, ai> moins pour Tinfanterie. Trois a quatre d'entre eux passent sur le monte Baldo, qui est la crête principale entre l'Adige et le lac de Garde, et qui entoure aussi le plateau de Rivoli. Plusieurs chemins passent également sur les crêtes de la rive gauche de l'Adige, contreforts du massif du monte Molare, et mènent directement à Vérone.

Ces voies assez nombreuses, en somme, dont il faut tenir les unes et surveiller les autres, l'étendue du plateau de Rivoli, où la principale position de défense a un développement de plusieurs lieues, une hauteur qui domine le fort de la Chiusa, tout cela concourt à rendre la défense de cette région impraticable contre des forces supérieures ; le défenseur court toujours le danger, s'il tient trop longtemps, de perdre toute ligne de retraite.

Bonaparte comptait donc sur une vigoureuse résistance dans

Page 1