‹ La Campagne de 1796 en ItalieChapitre 50 sur 75 · ALVINZI SE PORTE SUR VÉRONE · texte numérisé non relu

ALVINZI SE PORTE SUR VÉRONE

L'avant-garde de Taile gauche, sous le général Liptay, se retira, à Tapprocbe de Masséna, en arrière de la vieille Brenta, dans l'île formée par celle-ci, et y prit position; Provera, avec le reste des troupes, garda la Brenta de part et d'autre, et conserva une réserve à Citadella.

Bonaparte s'avança le 6, avec la division Âugereau, sur la route de Bassano, pendant que la division Masséna attaquait sur celle de Citadella.

Masséna délogea les avant-postes de Liptay qui étaient encore sur la rive gauche, puis engagea avec Liptay un combat acharné; on y trouve ce phénomène singulier que c'est Liptay qui sort de son île pour essayer de déboucher au delà de la vieille Brenta, et qu'il est repoussé par Masséna. Dans le rapport assez circonstancié des Autrichiens (1), cette offensive de Liptay est présentée comme un simple procédé de défense; la chose est cependant si extraordinaire qu'on ne peut pas reprocher aux Français de la présenter comme il suit : à les en croire, ils auraient empêché l'avant-garde de Provera de déboucher sur la rive droite, et l'auraient rejetée sur la rive gauche. Les Autrichiens ne se sont pas trouvés ici dans une situation bien brillante, et la preuve en est la mesure étonnante prise par Provera dans la nuit du 6 au 7, de faire replier les ponts de bateaux, qui reliaient l'île à la rive gauche, comme s'il eût craint de ce côté une défaite de Liptay. Il était donc prêt à sacriGer complètement le corps (2) de ce dernier.

Augereau avait rencontré la division Quasdanowitch qui s'avançait sur la route de Vicence, et dont l'avant-garde avait atteint Marostica. On se battit longtemps pour la possession de cette localité ; enQn le prince de Hohenzollern dut se replier sur Quasdanowitch, qui avait pris une position avantageuse entre la Brenta et les derniers contreforts des Sette Com-

(1) Op. ct7., page 295.

(2) M. 0., page 302.

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muni. Qaasdanowitch y repoussa toutes les attaques jusqu^au soir.

Bonaparte n'avait donc pas obtenu de résultat bien accusé ; le fractionnement de son armée, le danger qui menaçait sa ligne de retraite si Provera réussissait à battre la division Masséna, ne le laissaient pas satisfait. D'un autre côté, la situation de Vaubois Tiuquiétait beaucoup. Il paraît regretter d'avoir suivi ce premier plan, Tabandonne et décide de se retirer sur Vérone pour resserrer ses forces et se trouver en mesure de se jeter en temps utile sur Davidovitch (1). Bonaparte, à qui Taveu d'une faute est presque impossible, prétend qu'il a été entraîné à modifier son plan par une dépêche de Vaubois reçue le 7, à 2 heures du matin, laquelle annonçait la perte de Nomi et Torbole, et de toutes les positions de la rive droite de TÂdige; mais ce n'est qu'un mensonge. La lettre du général Vaubois est du 6 novembre au soir, car elle a été écrite après le combat de Calliano, lequel, d'après cette lettre même, n'a commencé qu'après midi. Or il y a 18 milles de Calliano à Bassano ; la dépêche ne pouvait donc pas arriver le 7 au matin au quartier général à Bassano. Du reste Vaubois rend compte qu'il a ordonné de reprendre'les points en question; enfin, Mori, qui est aussi sur la rive droite de l'Adige, n'a été pris par les Autrichiens que le 7 (2).

Le 7, les divisions françaises repartirent pour Vérone par Vicence et Montebello. Alvinzi suit le 8 à Vicence, le 9 à Mon-

( 1 ) Bonaparte était résolu, en quittant Vérone, à ne poursuivre ses avantages dans le Frioul que s'ils étaient décisifs ; dès qu*il ne bousculait pas Tennemi d*emblée, il devait se retirer sur Vicence. S*il espérait un succès, malgré son infériorité, c*est qu'il savait les avant-gardes autrichiennes très éloignées du gros, et qu'il pouvait arriver qu'il les batUt séparément. C'est ce qui aurait eu lieu s'il ne les avait pas rencontrées précisément sur la forte position marquée par la Brenta.

(2) La correspondance de Dommartin confirme que la dépêche de Vaubois est arrivée dans la nuit du 6 au 7 à Vicence, où Bonaparte s'était retiré après le combat indécis de Bassano, et où il comptait rester. La dépêche est datée de Roveredo, d'où elle a pu partir à 6 heures* du soir. Il y a 110 kilomètres de Roveredo à Vicence, et Bonaparte avait fait orga-

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