‹ La Campagne de 1796 en ItalieChapitre 63 sur 75 · FIN DE LA CAMPAÔNE. — CHUTE DE MANTOUE · texte numérisé non relu

FIN DE LA CAMPAÔNE. — CHUTE DE MANTOUE

Romagne seraient réunis à Modène pour former la République cispadane, mais on promettrait les autres possessions de rÉglise à l'Espagne en échange de Parme, pour pouvoir offrir celle-ci à TAutriche à la paix.

Le Directoire, dans sa réponse du 12 février, paraît entrer quelque peu dans ses vues. Bonaparte avait donc Tintention, en entreprenant les opérations contre Rome, de se lancer dans un bouleversement politique complet. Les forces qu'il y consacrait comprenaient les 5,000 hommes de Victor et Lannes, une colonne mobile, commandée par Marmont, qui se portait sur Sienne ; elle ne semble pas avoir été prélevée sur l'armée active d'Italie, et ne comptait peut-être pas plus de 4000 hommes ; enfin quelques milliers d'hommes de la Répubhque cispadane déjà constituée; le tout pouvait faire 8,000 à 9,000 hommes, ce qui montre le mépris de Bonaparte non seulement pour les troupes pontificales, mais surtout pour les Romains. Le Directoire manifesta à ce sujet une légère inquiétude : si cette force minime était suffisante, moyennant de nouvelles victoires qu'on remporterait sur les Autrichiens, pour réaliser un pareil bouleversement, il était fâcheux de se priver de ces 6,000 hommes au moment de tenter une attaque dans le cœur des États autrichiens.

Enfin, ce bouleversement de l'Italie rendait plus difficile et retardait évidemment la paix avec l'Autriche. Il nous semble que ce plan de bouleversement n'avait pas été mûrement réfléchi, et l'on est d'autant plus fondé à le prétendre que Bonaparte lui-même l'abandonna subitement, sans motif appréciable, semble-t-il ; entre sa lettre au Directoire et la paix de Tolentino, il ne s'écoula qu'une quinzaine de jours.

Bonaparte était parti pour Bologne dans les derniers jours de janvier.

Dans les premiers jours de février, Lannes rencontre 3,000 à 4,000 hommes de troupes pontificales postées derrière le Sennio ; ils sont immédiatement culbutés et on leur prend i4 canons. Les Français se portent à Faenza.

Le 9 février, Victor bat 1200 hommes qui avaient pris posi-

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