‹ La Campagne de 1796 en ItalieChapitre 70 sur 75 · BONAPARTE FRANCHIT LES ALPES JULIENNES · texte numérisé non relu

BONAPARTE FRANCHIT LES ALPES JULIENNES

route de Villach trop faibles et les divisions venant du Rhin trop éloignées encore pour résister aux Français. Il courait donc le danger de voir les troupes qui arrivaient par le Pusterthal coupées de Villach, où elle devaient rejoindre; en même temps, les Français le devanceraient lui-même à Klagenfurt, puisque son aile gauche faisait un grand détour par Laibach et Krainbourg avant d'y arriver. Ainsi coupé de Klagenfurt, il se trouverait obligé de porter son aile gauche par Grâtz sur la Mur, et de n'arriver ainsi à réunir ses forces qu'à Bruck, à vingt-cinq milles plus en arrière sur la grande route de Vienne.

On ne peut juger à quel point cette retraite de l'aile droite devait déjà sembler risquée, car on ne sait pas ce que l'archiduc avait appris du mouvement de Masséna. D'après la supposition que nous avons faite plus haut, ce général n'atteignit le Tagliamento que le 17, et il serait alors assez naturel que Tarchiduc eût été sans inquiétude pour Otchkay le 16. De Valvasone à Tarvis, par Udine et Tlsonzo, il y a quinze milles; l'aile droite pouvait les faire en quatre jours, car la moitié de la route est en plaine, et elle eût ainsi atteint Tarvis le 20 ; elle devançait donc Masséna, qui n'y arriva que le 21.

Bonaparte suivit par la route de Gradizka avec trois divisions. Palmanova avait été évacué par les Autrichiens, mais Gradizka était occupée par 2,000 hommes avec 10 pièces de canon; on avait donc fait quelque chose pour défendre l'Isonzo. Mais, dès le 19, cette place tomba entre les mains des divisions Bernadette et Sérurier avec sa garnison, et l'archiduc dut se retirer sur Gôrz.

Pendant que Bernadette et Sérurier s'occupaient de prendre Gradizka, Guyeux était venu à Cormons, où il reçut l'ordre de gagner Caporetto par Cividale, pour y poursuivre l'aile droite des Autrichiens. Bernadette fut chargé de suivre l'archiduc sur Laibach, et Bonaparte se porta lui-même le 22 par Canale sur Caporetto, avec Sérurier, pour soutenir Guyeux, le cas échéant.

Masséna, nous l'avons dit plus haut, avait attaqué et refoulé

le général Otchkay, le 20, au pont de Casa Sola; le 21, il Tattaqua encore à Pontebba et le rejeta au delà de Tarvis dans la vallée de la Save, jusqu'à Wurzen, avec une perte de 600 hommes.

L*aile droite autrichienne, qui aurait pu être dès le 2i a Tarvis, ne poussait ce jour-là son gros qu*à Caporetto, à six milles de là ; son arrière-garde avait été chassée de Bnffero par Guyeux. Le 21, c'est «à-dire, comme nous Tavous vu, le jour même où Masséna se rend maître du col de Tarvis, Gontreuil, qui commande sans doute Tavant-garde de cette aile droite, arrive à Oberpret, à deux lieues de Tarvis. Il ne trouve que Tavant-garde de Masséna installée à Tarvis, ce qui Semble indiquer que le gros n'avait pas encore atteint Tarvis ce jour-là. Gontreuil attaque cette avant-garde et la rejette vers Safnitz, sur le gros de la division. Mais le 22, de bonne heure, il est attaqué par Masséna et rejeté avec pertes par Tarvis sur la route de Villach. En somme, Gontreuil s'était fait jour avec peine et non sans pertes. Masséna se rabattit sur Kaibl contre Bayalitsch. Le 22, celui-ci devait marcher sur Oberpret par la Cbiusa di Plez que Kôblôs tenait encore ; il allait donc au-devant de Masséna. Bayalitsch avait à peine dépassé le déQlé de la Chiusa que Kôblôs était attaqué par la division Guyeux. La force de la position ne put prévaloir longtemps contre le nombre ; les bataillons français escaladèrent les hauteurs escarpées qui entouraient le déQIé, et, après une courte résistance, Kôblôs posa les armes. Bayalitsch se trouvait dès lors complètement cerné. Par un bout de cette étroite vallée, qui n'offrait pas d'issue latérale, Masséna arrive au-devant de lui; à l'autre extrémité, Guyeux et Sérurier le poursuivent ; ce général pose donc ainsi les armes le 23 avec 3,000 à 4,000 hommes, 26 pièces de canon et 500 voitures.

Les relations nous laissent encore dans l'incertitude sur les opérations qui suivent. Nous apprenons, à notre grande surprise, que Bonaparte n'arrive à Villach avec les trois divisions Masséna, Sérurier et Guyeux, que le 28, tandis qu'il eAt pu,

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