‹ La campagne francaise et la guerreChapitre 11 sur 46 · QU ON NE VIENNE PAS M’EMBÈTER · texte numérisé non relu

QU ON NE VIENNE PAS M’EMBÈTER

fût certain de voir et d’entendre madame Palaret, et non une aventurière quelconque. Elle reprit donc:

«Je vais à présent, monsieur, vous donner mon signalement. J'ai trente-

deux ans. Je suis blonde châtain, les yeux clairs, les dents aussi, on ne disait pas que j’étais laide, et vieilli. Je m’apelle Marie Le PTanlaret. Je suis cultivatrice 36 hectares, et, depuis le mari, j’ai travaillé de toutes que rien ne souffrît, ni les Je suis simplement n’ai pas d’autre fortune vail. Le maire de ma offert l’allocation, me de soldat : j’ai reque je n’avais niaisement pas d’enfant à

de taille moyenne, j’ai Quand j’étais toute jeune, je n’ai pas beaucoup çois, épouse Pad’un domaine de départ de mon mes forces, pour gens, ni les bêtes, métayère ; je que mon tracommune m’a comme femfusé, disant h eureuélever, et

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que je laissais l’argent pour celles qui avaient de la marmaille.

« Donc je suis seule, dans la commune, qui ne touche pas mon allocation. Si je dis cela, monsieur le général, ce n’est pas pour me vanter, attendu que j’ai simplement fait mon devoir, et qu’il était moins pénible que celui des soldats; mais je me suis dit : c’est peut-être une raison encore pour qu’on me permette de voir mon mari. Pour tous les deux, ça serait une récompense.

«Pardon, monsieur le général, de vous importuner, et recevez toutes mes salutations.

« MARIE PALARET,

« A la Haie-Martine, commune de Saint-Saulge

(Nièvre). »

Quelques jours plus tard, dans l’ancienne salle à manger d’un notaire de campagne, le général achevait de donner ses ordres pour la journée, à son chef

d’état-major.

» 9AI- MtfhL''

— Plus rien dans le courrier, Matheville?

— Non, mon général, plus rien de militaire : il y a pourtant la lettre d’une petite femme.

— Ah ! diable !

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