‹ La campagne francaise et la guerreChapitre 12 sur 46 · NIÈVRE AUX BŒUFS BLANCS · texte numérisé non relu

NIÈVRE AUX BŒUFS BLANCS

Le colonel de Matheville, grand Normand des pays d’herbage, rose de teint et solide comme un pont, tenait la lettre entre deux doigts.

— Ce qui me touche, dit-il, c’est qu’elle ait refusé l’allocation et qu’elle conduise sa ferme, là, toute seule. Ah ! les femmes valent mieux que les hommes ! Chez moi, mon général, les ouvriers profitent de la guerre pour demander, aux herbagers, des salaires de percepteurs des finances, et puis trois pots de café par jour, et puis un demi-litre d’eau-de-vie, et puis trois litres de cidre. Ce n’est pas tout : il est stipulé que le cidre sera pur jus ! Le soir, ils ont tout bu, le cidre, l’eau-de-vie, le café, la paye; et si on leur fait un reproche : « Bah! disentils, quand nous serons vieux, nous aurons la retraite ! » La petite Palaret est d’une autre espèce, j’en réponds !

— Enfin, que demande-t-elle?

— La permission de venir

général

voir son mari.

Le

leva, en riant.

— Matheville, vous avez deux natures : vous êtes

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