‹ La campagne politico-religieuse de 1896-1897 [microforme]Chapitre 21 sur 33 · LÀ CAMPAGNE POLITICO-RELIGIAUSH · texte numérisé non relu

LÀ CAMPAGNE POLITICO-RELIGIAUSH

Si le parti conservateur a été battu aux élections, la cause des écoles n’a pas subi d’échec et l’intervention épiscopale lui a assuré son succès futur en groupant des éléments qui peuvent se combattre sur le terrain de la politique fiscale, maïs qui s'uniront infailliblement pour le triomphe, le jour où derechef la question scolaire s'’imposera aux délibérations du nouveau parlement.

, IV La solution définitive.

Elle sera ce que les défenseurs de la cause des écoles la voudront.

Si l’épiscopat garde le terrain conquis, le terrainsolidesurlequels’est joué jusqu’à ce jour le sort de nos coreligionnaires du Manitoba ; si, armé du jugement du plus haut tribunal de Pempire, confiant dans les promesses et les actes du parti conservateur, ayant foi dans Îles engagements sacrés pris par les députés de la province de Québec, lépiscopat refuse tout compromis pour exiger la loi réparatrice, le pays peut espérer que justice sera rendue et que la constitution sera respectée.

Si, au contraire, la minorité abandonne ses droits et accepte un compromis, elle aura un compromis et perdra ses droits.

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DE 1896.1897; 131 dû constater et que les observateurs peuvent aisément expliquer.

Depuis les élections, maintenant que M.

Laurier est au pouvoir et qu’il se trouve dans l'obligation de régler la difficulté scolaire, on voit la presse libérale,obéissant probablement à un mot d’ordre,dénoncer l’épiscopat ou chercher du moins à paralyser son action.

Cela se comprend.

Le parti libéral a bien voulu accepter lintervention épiscopale «u fort de la lutte parce qu'il a trouvé dans le mandement collectif du 6 mai plutôt un aide qu’un obstacle.

Aujourd’hui cette même intervention va

devenir, dans son esprit du moins, un obstacle, et un obstacle sérieux, invincible à cette mes-

quine politique de conciliation et d’abandon au’on veutsubstituer à lap olitique :de réparation. Et c’est parce qu’on connaît la come position de la chambre, et qu’on n’ignore pas les engagements contractés, qu’on cherche par des dénonciations perfides à paralyser l’épiscopat, à l’arrêter dans la poursuite de son œuvre de réparation de revendication.

On veut même l’effrayer, dans l’espoir qu'il cédera et qu’il abandonnera le principe pour lequel il a combattu et pour lequel ont combattu les vrais amis de l4 minorité manitobaine.

Le mandement collectif des évêques disait :

‘ En vous parlant ainsi, N.T. C. F., notre intention n’est pas de nous inféoder à aucun des partis qui se combattent dans l’arène politique ; au contraire, nous tenons à réserver notre liberté.”

Méconnaiïssant. la nature de l'intervention épiscopale, la presse libérale, par une manœuvre perfide, aussi injuste que déloyale, a voulu, tout à coup, faire croire au public que la défaite du parti conservateur était en même temps l’écrasement du clergé, et l’un de ses organes, le Réveil, au lendemain du triomphe de M.

Taurier, s’exprimait comme suit :

‘ Qu'il a donc fallu peu de chose pour déterminer cette victoire, et combien il a été facile de-montrer aux maîtres d'hier que nous pouvions à notre gré devenir les maîtres d’aujourd'hui.

Ila sufli qu'un homme eût le courage de relever le gant et de parcourir la province en proclamant le droit absolu de tout homme à la liberté de conscience et de jugement.

‘ L’honorable Wilfrid Laurier a été cet homme ; ilest le Cavour du Canada ; et sa victoire crée à tout jamais l’unité de notre pays comme celle de son précurseur décidu de l’unité nationale de l'Italie.

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‘ Seul parmi cette masse de politiciens militants qui depuistart d’années, souffraient en silence de l’asservissement au clergé, le chef catholique et français de la province de Québec a saisi l’étendard que lui tendaient les combattants libres et raleureux de la grande école de toutes les libertés : de l’école du “ Canada Revue” et du “ Réveil ” el l’a montré au peuple e signe de délivrance.”

En même temps qu’on s’attaque à l'épiscopat on propose un compromis !

Le piège est bien grossier.

Un compromis ? et quel peut-il être ?

A-t-on oublié que la législature de Winnipeg s’est solennellement engagée à ne jamais rendre aux catholiques leurs écoles séparées ?

Ne sait-on pas que tout dernièrement encore, M. Greenway, ce premier ministre du Manitoba, a déclaré comme tel, dans une assemblée publique, à Lisgar, qu’il ne rétablira jamais les écoles séparées ?

Voici ses paroles :

‘ On a fait courir le bruit que le gouvernement du Manitoba réglera la question scolaire, si M. Laurier obtient le pouvoir, Eh bien, le gouvernement local, aussi longtemps que je serai à sa tête ne réglera jamais celte question de manière à rélablir Les écoles séparées.”

Un compromis qui ne donnerait pas au moins les écoles séparées, mais. ce serait tout simplement une capitulation, l'abandon de droits sacrés, reconnus par un jugement saus appel de la Reine.

Et on demanderait à l’épiscopat un tel abandon, cette honteuse capitulation !

Inutile d’y penser.

Un compromis, quel qu’il soit, quelque avantageux qu’il puisse paraître sur le moment, remettra la minorité catholique au pouvoir des fanatiques qui ont déjà foulé aux pieds les pactes les plus sacrés et qui n’ont pas hésité à violer la constitution elle-même.

Un compromis pourra toujours être brisé le lendemain qu’il aura été signé, tandis qu’une législation fédérale réparatrice soustraira la minorité catholique à lu juridiction de ses persécuteurs.

Une grande responsabilité pèse aujourd’hui sur les épaules des hommes politiques que la volonté populaire a mis au timon des affaires pour rendre justice à la minorité et non pour la sacritier.

Une égale responsabilité incombe à tous ceux qui sont les défenseurs naturels et autorisés de cette minorité opprimée qui, aujourd’hui eomme hier, se tourne vers le parlement eanadien.pour lui demander la justice promise,

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