‹ La campagne politico-religieuse de 1896-1897 [microforme]Chapitre 22 sur 33 · LE COMPROMIS LAURIER-GREENWAT · texte numérisé non relu

LE COMPROMIS LAURIER-GREENWAT

Compromis ou conspiration ?

Le nom mème donné au compromis qui vient d’avoir lieu entre MM. Laurier et Greenway indique de suite la nature de cette transaction.

C’est un compromis entre deux hommes, qui tous deux sont premiers ministres et qui représentent, l’un le gouvernement du Canada, l’autre celui du Manitoba.

Où donc est la minorité catholique dans cet / arrangement qui la concerne À un si haut degré ?

Hélas ! elle n’a pas même été consultée !

Et pourtant n'est-elle pas une des parties en cause dans ce différend désormais célèbre qui dure depuis au delà de six ans ?

C’est elle qui à revendiqué ses droits devant tous les tribunaux du pays. Elle à épuisé

toutes les juridictions etsa voix s’est fait entendre jusqu’au Conseil Privé.

Elle a obtenu finalement gain de cause.

Elle a un jugement suprème en sa faveur. Et c’est au moment où elle attend l’exécntion de ce jugement, qu’elle apprend que la difficulté scolaire est réglée par voie de compromis et que ce compromis sacrifie le principe même pour le triomphe duquel elle a combattu avec tant de constance, les écoles séparées. 5

Ce compromis est un outrage au plus simple bon sens. |

Jusqu'à ce jour il a toujours été compris qu'un arrangement à l’amiable entre deux plaideurs ne pouvait s'effectuer qu'avec leur consentement mutuel.

jes notions sont renversées,

Le premier ministre actuel a découvert une nouvelle méthode.

Sans mission, sans autorisation, sans pouvoir quelconque, il se substitue à lance des parties litigantes et contracte avec l’autre, à l'insu de la première, un arrangement que la minorité catholique ne peut accepter et n’acceptera jamais parce qu'il consacre KR plus dangereux des principes ct qu'il consomme en réalité la

plus eriante des injustices. \

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Le procédé adopté par le premier ministre cest plus que singulier, et ce qui le rend particulièrement offensant c'est cette préférence systématique que M. Laurier accorde en tout aux adversaires de la minorité catholique.

Ainsi non seulement celle-ci n’a pas été consultée lorsqu'il s’est agi d'effectuer un compromis qui la concernait, mais, le compromis ayant été fait,lu minorité intéressée est encore à reccvoir une copie officielle de la fameuse transaction.

M. Laurier n’a pas hésité pourtant à faire connaître ce compromis à M. Sifton qui, l’ayant accepté, a pu rentrer dans le cabinet fédéral.

M. McCarthy, l'adversaire déclaré dela minorité catholique, a également connu le compromis et c’est parce qu’il l’a accepté que le candidat du gouvernement dans Brandon a consenti À poser sa candidature dans cette division électorale.

Ces préférences blessantes, les adhésions qu'elles ont provoquées, l’ignorance calculée dans laquelle on a tenu les véritables intéressés, tout se réunit pour donner à cette malheureuse tentative de M. Laurier le caractère d’une conspiration bien conditionnée.

Non, non, ce n’est pas un compromis. Il lui manquera toujours la note essentielle, c’est-

à-dire la coopération ou le consentement d’une des parties intéressées.

Sans cela, pas de compromis possible,

Ce n’est donc pas le compromis mais la conspiration Lanrier-Greenway qu'il faut dire.

Yest en effet une véritable conspiration ourdie par ces deux premiers ministres contre les catholiques auxquels ils veulent imposer l’abandon de leurs droits les plus sacrés et les mieux reconnus.

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Position actuells Ce la minorit;

La minorité catholique a aujourd’hui en sa faveur un jugement sans appel qui reconnaît ses droits à des écoles séparées et qui ordonne au Manitoba de les lui rendre.

Cet ordre a été signifié au gouvernement manitobain. Celui-ci refuse d’y obéir.

Il ne reste plus qu’à faire exécuter le jugement rendu.

La constitution elle-même indique la procédure à suivre en pareil cas : c’est l'adoption, par le parlement canadien, d’une législation réparatrice.

Une tentative du genre a été faite dans la dernière session du dernier parlement et aurait

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