CANNES DES ANTILLES BT DE LA. GUYAMB
maxina
Doyenne
CANNES DE MAURICE BT DB BOUBBON
Potasse
Soude
Chaux
Magnésie .'
Chlorure de potassium
Do de sodium .
Acide sulfurique . . .
Do phosphorique .
Silice
Différences de composition entre les gendres de tige et les CENDRES de feuillles DE CANNE. — . H y a UDG distinctioD importante à faire au point de vue agricole entre les cendres ou sels minéraux des feuilles et celles des tiges, afin de pouvoir établir rigoureusement les pertes que subit le sol après l'enlèvement d'une récolte de cannes, suivant que les feuilles ont été laissées sur le champ ou ont été enlevées pour servir de combustible. Leur quantité en poids et leur composition diffèrent considérablement, ainsi qu'il résulte de l'analyse suivante faite au laboratoire de la Station agronomique delà Guadeloupe.
Poids de cendres pour 100 de
Poids de cendres pour 100 de
feuilles fraîches. . . 1.77
Acide phosphorique . . 1.27
Potasse 13.40
Magnésie ....... 2.72
Chaux. 9.04
Alumine, fer, etc. ... 11 .47
Silice 62.10
tiges fraîches .... 0.48
hvicJÊRT DYEh.
Jus sucré de la canne ou vesou
Dans le langage colonial, on appelle vesou le jus sucré qu'on extrait de la canne en la pressant entre les cylindres d'un poulin, et bagasse la partie de la canne écrasée qui reste comme .résidu de la pression.
Proportion normale de vesou contenue dans la canne. — La proportion de vesou contenue dans les cannes mûres varie, suivant les espèces, entre 85 et 92 0/0 ; la moyenne est de 90 0/0 environ.
Le jus d'une canne mûre et saine, exprimé avec précaution à l'aide d'une presse de laboratoire, se présente sous l'aspect d'un liquide légèrement coloré en brun, limpide, d'une odeur agréable et aromatique, d'un goût franchement sucré, et à réaction faiblement acide.
Composition du vesou. — Sa composition ordinaire est la suivante :
Humidité 81.00
f"f^^*^^^^ • • • l«-36 I Laproportion du sucre incris- Sels minéraux. 0.29 l tallisable est comprise entre
Matières orgamques. . . . 0.35 ( qq^ ^^ 0,10 au minimum.
Les substances minérales du vesou renferment pour 100 parties, d'après le D"" Icery.
Potasse et soude 18.33
Chaux 8.34
Oxyde de fer 1.99
Alumine, magnésie et acides combinés ... 59.36
Silice 11.48
Les matières organiques sont constituées par de la cérosie^ une matière colorante jaune^ rouge ou verte j des substances grasses et résineuses, une huile essentielle h' odeur agréable qui donne au sucre de canne son arôme particulier, et par des matières aWuminoïdes, dont nous allons parler tout à l'heure et qui jouent un rôle prépondérant dans les diverses modifications que subit le vesou, après son extraction de la canne.
Nature et rôle des éléments contenus dans le vesou. — Le vesou fermente rapidement quand on l'expose à l'action de l'air pendant quelques heures. Il ne tarde pas ensuite à se troubler et à devenir lacteâçent. Il subit d'abord la fermentation alcoolique, puis acétique; quelquefois la fermentation devient lactique et visqueuse. La cause de ces transformations est due, d'après le Docteur Icery, à la présence de certaines matières organiques qui sont au nombre de trois dans le vesou:
1° Une matière granulaire, constituée par des corpuscules de 3 à 5 dix-millièmes de millimètre, formés d'un noyau demifluide et d'une enveloppe mince, solide, qui provient de la canne. Pour 100 parties de vesou, on en trouve ordinairement 0,100. Cette matière est l'agent principal de la fermentation alcoolique ;
2** Une matière albuminoïde coagulable par la chaleur à 80** ;
3** Une matière albuminoïde^ non coagulable par la chaleur, mais coagulable par l'alcool à 90**, elle se présente sous Tasjpect d'une matière blanche, amorphe, déliquescente qui rend l'eau sucrée trouble et visqueuse. Elle se trouve en quantité considérable dans les mélasses et les sirops, et c'est elle, en partie, qui s'oppose à la cristallisation du sucre. Ces deux dernières substances donnent naissance à des produits acides et quelquefois à une sorte de fermentation visqueuse qui rend le vesou gélatineux. Nous avons souvent constaté ce phénomène sur des vesous provenant de cannes plantées dans des localités très humides et marquant 12** à 13® Baume. Pour 100 parties de vesou, on compte 0,27 de matières albuminoïdes.
Quand on filtre immédiatement du vesou sur dupapier Joseph qui en sépare la matière granulaire, le Jus de la canne peut se conserver 24 heures sans altération.
Soumis à l'action de la chaleur qui coagule une partie de l'albumine, puis filtré, il se conserve deux jours.
Si l'on traite ce même vesou par de l'alcool à 90** ou du sousacétate de plomb, il pourra se conserver presqu'indéfiniment.
La connaissance de ces faits offre un très grand intérêt et est susceptible de recevoir de nombreuses applications dans la pratique.
Vesou d'usine. — Quand le vesou, au lieu d'être extrait avec soin dans le laboratoire, provient de l'écrasement des cannes au moulin de l'usine, il offre un tout autre aspect que celui dont nous venons de parler. C'est un liquide laiteux, trouble, souillé de terre et d'impuretés de toutes sortes. Plus la pression du moulin a été forte, plus le vesou est trouble et chargé de sels et de matières albuminoïdes qui proviennent de l'écrasement des nœuds de la canne.
De plus^ ce vesou est toujours fortement acide et contient plus ou moins de sucre incristallisable. D'après les nombreuses analyses que nous avons faites dans les usines de la Réunion, il résulte que le vesou peut être considéré comme renfermant de 17 à 18 0/0 de sucre cristallisable et 0,30 à 0,60 de sucre incristallisable.
Densité du vesou. — Aréomètres. — Dans les usines colo-
nîales on prend habituellement la densité du vesou au moyen d'un aréomètre de Baume à courte tige et grossièrement construit. Bien que les indications de cet instrument ne soient pas d'une précision rigoureuse, on se contente néanmoins de celles qu'il donne. Et l'expérience prouve que si du vesou marquant 7°, 8"^, 9"^ est pauvre en sucre, en revanche celui qui marquera 10'', 11^, 12^ (1), peut être considéré comme riche. C'est à cela que se borne habituellement le rôle de cet instrument dans les usines.
En employant un aréomètre plus délicat, dont la graduation en dixièmes de degré sur une longue tige ne donnerait que des indications comprises entre Q"" et 13"*, en laissant le vesou reposer et déposer toutes ses impuretés avant d'y plonger l'instrument, en agissant à la température moyenne de 25"^, on réaliserait évidemment de meilleures conditions d'observation <iue celles qui existent ordinairement. Et c'est là un progrès à désirer dans toutes les usines qui veulent se rendre compte de leur fabrication.
Relations entre la richesse saccharine des vesous et le DEGRÉ ARÉOMÉTRiQUE. — Est-il possiblc d'établir une relation étroite entre les indications fournies par un bon aréomètre de Baume et la proportion de sucre que contient un vesou? En un mot, l'aréomètre de Baume ou tout autre densimètre approprié à cet usage peut-il servir à connaître exactement la quantité de sucre que renferme un vesou?
Si le vesou n'était que de l'eau sucrée chargée d'environ 1 0/0 de sels et de matières organiques, comme nous l'avons vu en parlant du jus siicré delà canne provenant de cannes mûres choisies pour l'analyse, la chose serait possible. Mais les vesous d'usine sont loin d'être aussi purs que les vesous de laboratoire. Ils marquent souvent S"", 9^, 10** Baume; et, à ces densités, ils renferment, en outre du sucre cristal lisable et incristallisable, d'autres substances solubles qui agissent également sur l'aréo-
(1) Il est des vesous pesant 12o et 13^ Baume qui ne renferment presque pas de sucre cristallisable. Ils proviennent de cannes à végétation anormale, plantées dans des localités humides ou des terres trop riches en matières organiques. Ce sont ces vesous qui donnent des produits visqueux et gommeux.
mètre. On se tromperait donc grossièrement si l'on voulait appliquer à la recherche de la densité des vesous, des instruments qui n'auraient été gradués qu'à l'aide de solution contenant du sucre pur et de l'eau distillée.
Mais, en ayant recours à l'expérience directe et en prenant pour base les observations obtenues à la suite de nombreuses analyses pratiquées sur des vesous d'usine, ainsi que l'a fait M. Icery et que nous l'avons fait nous-mème, on peut arriver à dresser des tables où, en regard du degré donné par un bon aréomètre gradué en dixièmes de degré et opérant à la température de 25°, se trouvent les proportions correspondantes de sucre cristallisable par litre et kilogramme de vesou, par barrique et hectolitre. Dans ces conditions là, le degré aréométrique fournit à l'habitant des indications qui peuvent suffire au point de vue purement industriel et qui représentent une moyenne suffisamment exacte.
Ainsi, par exemple, à la Réunion et à Maurice la moyenne de. la densité des vesous étant de 10°501a proportion de sucre correspondante, indiquée par la table dressée par le D*" Icery, est de 187 gr. par kilo de jus.ou 18. 70 7o- Ce chiffre est très rapproché de la vérité.
Au tableau dressé par M. Icery, nous avons ajouté 2 colonnes dans lesquelles sont calculés les rendements industriels en sucre brut du type bonne 4% par barrique et hectolitre de vesou correspondant à chaque degré -de l'aréomètre de 8° à 12"*. Nous avons pris comme base le rendement moyen des usines de la Réunion, qui est habituellement de 75 livres de sucre par barrique de vesou de 223 1. 50 ou 16 k. 77 par hectolitre de jus à 10°50. Les chiffres portés dans ce tableau n'ont, nous le répétons, qu'une valeur tout à fait relative ; mais ils peuvent néanmoins donner quelques renseignements utiles aux habitants.
TABLEAU DONNANT LA QUANTITÉ DE SUCRE d'uN VESOU, EN POIDS ET EN VOLUME CORRESPONDANT A CHAQUE DEGRÉ DE l' ARÉO- MÈTRE.
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6RAMIES DE SUCRE