ANALYSE MÉCANIQUE
Bonne terre franehe litiKfe à 250 mêlrei d'altitude.
Terre d'alliivion litaée en plaine.
Terre franche iltoée en plaine
Terre de formation volcanique moderne
Terre de formation volcanique ancieuDt
Gros graviers . .
Petits graviers .
Débris organiques Sablé fin . ; . .
Matière fine argilosiliceuse . . .
A2ÎALY8B CHIMIQUE
Produits volatils au rouge
Azote
Potasse
A. phosphorique .
Chaux
Magnésie ....
Peroxyde de fer et alumine ....
Résidu insoluble dans les acides et perte
Culture
Préparation du sol. — Une fois le terrain choisi pour la plantation,on doit le préparer pour le rendre propre à la culture.
Il faut d'abord le nettoyer. Si Ton redoute la présence d'insectes nuisibles, on met toutes les herbes entas et on les brûle; dans le cas contraire, on }es enfouit entre les lignes destinées à être trouées. Cette opération se fait toujours lorsque le terrain a été couvert en pois de diverses sortes, dont Tenfouissement doit avoir lieu avant la fructification.
Si le terrain est très rocheux, on relève au cordeau les pierres en murailles de 4 pieds de large^ à 6 pieds d'intervalle, ce qui permet de tracer les trous à la distance régulière de 5 pieds.
Si Ton a affaire à des terrains marécageux et humides, ainsi que cela se rencontre à la Guyane, à Java, en Cochinchine, on procède à des travaux qui ont pour but de drainer le sol et de le mettre à l'abri des inondations.
Dans les terrains précédemment mis en culture, on rabat les sillons. Sous aucun prétexte on ne doit planter deux fois de suite dans les mêmes lignes.
MÉTHODES DIVERSES DE PREPARATION DU SOL. — DeUX méthodcS
sont généralement suivies pour la culture des cannes. Dans la première, le sol se prépare à main d'homme et on fait des trous de dimensions variables dans lesquels on place les boutures de canne. Dans la seconde, on se sert de la charrue et des instruments attelés et on creuse dessillons parallèles qui reçoivent les plants de canne ou les cannes entières. C'est principalement sur les terrains pierreux ou montagneux tels qu'il en existe tant à la Réunion et à Maurice qu'on emploie la trouaison. La charrue ne recouvre, au contraire, tous ses avantages que sur les plateaux dos Antilles, de la Havane et de Java.
Nous allons donner une idée générale de ces deux sortes d'opérations, en commençant par les méthodes de culture suivies à Maurice et à la Réunion et terminant par celles qui sont en usage dans d'autres colonies.
Trouaison a la Réunion. — A la Réunion, la préparation à la main consiste à faire des trous ou mortaises qui, d'après l'ancienne méthode préconisée par M. Desbassyns et encore généralement suivie aujourd'hui, ont les dimensions suivantes : 0™,65 de long, 0"',16 de large, 0'",25 de profondeur et l'^jSO de distance entre chaque rang. Ces mortaises étroites et profondes ont été très critiquées depuis quelques années ; on leur reprochait
d'étouffer le plant et de Tempêcherde se développer. On peut ré-, pondre à cela que cette façon de faire a rendu et rend encore de grands service dans les localités sèches et difficiles à irriguer et donne plus de stabilité aux cannes, à l'époque des coups de vent.
Trouaison a Maurice. — A Maurice on donne aux trous 0",575 de long, sur 0™,25 à O^'jaO de large et 0"^,22 de profondeur. La table de séparation des trous doit être égale à leur longueur. Les trous se font à la pioche dans les terrains meubles et à la barre à mine dans les terres qui offrent une dureté considérable.^ Les Mauritiens ont remarqué que les plants des nouvelles cannes qu'ils emploient se développaient mieux dans de larges mortaises et produisaient plus de rejetons. Cette méthode tend aussi à se généraliser à Bourbon.
SiLLONNAGE. — Quaud OU se sert de la charrue, on creuse de larges sillons deO™,25 à 0™,30 de profondeur, espacés de l'^^SO à 2 mètres les uns des autres. Dans les terres en pente, la direction de ces sillons doit être transversale. Il est bien entendu que le terrain aura subi, au préalable, plusieurs labourages superficiels et aura été fumé convenablement.
Plantation. — L'époque de la plantation est subordonnée nécessairement à celle de la récolte ; car c'est au moment où l'on coupe les cannes que l'on prépare les boutures. Et cellesci ne peuvent guère rester plus d'un mois sans risquer de pourrir et de se dessécher, bien qu'on prenne la précaution de les couvrir de paille et de les arroser souvent. Quelquefois on les met en pépinière quand on n'est pas prêt à planter.
Epoque des plantations a la Réunion. — A la Réunion, les plantations se font de septembre à mars. Le temps le plus favorable est évidemment celui qui correspond à la saison des pluies et des chaleurs, novembre à mars.
Epoque des plantations A Maurice. — A Maurice, on plante en trois époques, en grande, en demi et en petite saison.
La grande saison convient aux terres élevées et froides; elle comprend les mois d'octobre, de novembre et de décembre.
Ijk demi'^aiaon convient à la région moyenne, elle s'étend de décfjrnbre à Janvier,
La fjctito «aifjon convient aux régions basses, chaudes et humide» ou pourvues d'une irrigation suffisante. Elle s'étend du mois de mar» au mois d'août,
Pn^j'AiiATïON DES PLANTS. — La canne se plante le plus ordinairement avec des boutures prises à l'extrémité supérieure de la tige de la canne, présentant au moins 3 ou 4 œilletons bien formés et une partie verte foliacée. Cette pratique s'est présentée tout naturellement à l'esprit des premiers habitants qui se «ont livrés à cette culture, d'abord parce que l'extrémité de la canne, n'étant point sucrée, constitue un déchet qu'on a cherché à utiliser comme plant. Mais il est permis de critiquer cette manière de faire et de lui préférer la bouture prise sur le corps de la canne pour bien des raisons tirées des principes qui s'appuient sur la physiologie végétale.
BouTunKS DE CORPS. — La canne a des fleurs infertiles, avonsnous dit, et, par conséquent, ne peut point donner des graines; mais les nombreux œilletons qui apparaissent à l'aisselle des fouilles tout le long de la tige sont destinés à les remplacer. Et c'est vers les points de cette tige où ils sont le plus gros, le. plus ûcconluos, 911 les sucs senties plus riches et les mieux élaborés qu'il faut naturellement les choisir si l'on veut avoir des sujets vigoureux et bien nourris.
Corlos, la plantuliôu dos cannes faite exclusivement avec des boutures do lôlos est plus généralement employée, parce qu'elle Homblo, au premier abord, plus économique et plus commode; mais nous croyons que ce système doit amener fatalement la dogrnérosconco do rospoco, puisque celle-ci est toujours reproduite avec les parties do la canne où les sucs sont les plus pauvres ol les œilletons les plus mal venus.
A la Havane Qi en Espagne,on plante avec des corps de canne ol mémo avec dos cannes entières couchées le long des sillons.
Quoi qu'il en soit, qu'on emploie l'une ou l'autre de ces méthodes, il sera toujours nécessaire de choisir les boutures sur des sujets sains, vigoureux, étrangers autant que possible à la localité» de façon à ce que les mêmes espèces de canne ne soient pas t'iK^ruoUomont plantés sur les mêmes champs.
On se trouvera toujours bien de conserver le champ de cannes de plus belle venue et de le consacrer exclusivement à la plantation, en prenant des boutures sur la canne toute entière. Au moment de planter, on arrêtera la végétation des cannes en coupant la partie supérieure; au bout de qu^elques jours la sève se sera portée vers les œilletons. C'est alors qu'il faudra procéder à la section des tiges et qu'on aura d'excellentes boutures, bien supérieures à celles qu'on a l'habitude d'obtenir avec des têtes de cannes.
Boutures faites avec des plants enracinés. — Au lieu de boutures fraîches de 2 à 4 nœuds, on emploie quelquefois de jeunes plants tout enracinés qu'on enlève à la motte; mais cette pratique ne s'emploie que pour faire des remplacements dans le cours de l'année.
Manière de procéder pour la plantation a Maurice. — On plante de différentes manières suivant la saison. En grande saison, on plante directement dans le fond du trou. En demi ou en petite saison, on plante sur couche de fumier ou d'engrais concentré mélangé avec de la terre fine.
Précautions a prendre dans les localités sèches. — On dépose dans chaque mortaise deux plants à la suite l'un de l'autre, les têtes se croisant légèrement dans l'axe du trou* On veillera à ce qu'ils soient bien adhérents au fond et on les recouvrira légèrement avec de la terre tamisée à la main. Dans les localités sèches, on recouvre le tout d'un léger paillis, pour pré* server les plants des coups de soleil ; ce paillis doit être enlevé dès que les plants sont bien enracinés et que leurs tiges ont commencé à sortir, pour leur donner de la force et faciliter le souchement.
Plantation sur couches. — Quand on plante sur. couches, on place 12 à 15 livres de fumier bien fait par trou de canne, on le répartit exactement et on le tasse assez fortement. Le trou doit être au tiers ou à moitié plein. On y dépose les plants comme il a été dit, et on les y incruste avec le pied.
Précautions a prendre quand on mRiGUE. — Lorsque la plan-
tation doit être irriguée, on place sur chaque bouture une roche d'un poids suffisant pour la maintenir pendant le passage de l'eau.
DÉVELOPPEMENT DE LA BOUTURE, — Au bout do quclqucs jours, surtout lorsque les conditions de chaleur et d'humidité se trouvent réalisées les œilletons de la bouture laissent sortir deux ou troisbourgeons, qu'on appelle bourgeons méres,lesquelsémettent 3 à 4 grosses racines perpendiculaires et latérales. Sur ces premières pousses sortent des bourgeons de deuxième et troisième génération qui ne tardent pas à couvrir la mortaise de leur luxuriante végétation. Il n'est pas rare de voir, dans des terrains riches, bien fumés, bien irrigués et portant des boutures de choix, chaque mortaise présenter de 40 à 60 tiges de cannes bien fournies et bien venues.
Emploi de la charrue a la Réunion et a Maurice. — L'emploi de la charrue, à la Réunion et à Maurice, pour la préparation et le sillonnage du sol, bien que préconisé par d'ardents promoteurs, n'a point donné jusqu'ici les résultats qu'on en attendait pour remédier à l'infertilité du sol dans certaines régions.
Dès le début de la culture de la canne, les premiers colons, qui avaient fait leur éducation agricole en France, ont tout naturellement essayé l'emploi de la charrue sur les terrains qui s'y prêtaient. Quel ne fut pas leur étonnement quand ils s'aperçurent que le champ qu'ils avaient défoncé et exposé aux rayons solaires restait stérile pendant de longues années ! Cette expérience a été recommencée souvent et a donné presque toujours les mêmes résultats. Sans doute le soc de la charrue, au lieu d'attaquer le sol progressivement, l'attaquait trop profondément et ramenait le sous-sol à la surface. Dans ces dernières années, on a fait des tentatives nouvelles, et mieux conduites, sans qu'il soit encore possible d'en tirer des conclusions bien favorables. Quoi qu'il en soit, nous croyons que la charrue n'aura quelque succès sur les terres franches et épierrées de la Réunion et de Maurice que si l'on prend les précautions suivantes que l'expérience nous paraît devoir consacrer :
1° Ne charmer un champ de canne qu'au moment où il vient d'être coupé, afin de l'ameublir et de le retourner légèrement;
2!" Le couvrir pendant 3 ou 4 ans de plantations vivrières telles que maïs, manhioc, pois, etc. ;
3** Quand le sol s'est bien raffirmi, à la suite de ces diverses cultures, ouvrir des sillons à la charrue pour opérer la plantation.
Si l'on plantait un champ de cannes immédiatement après l'avoir préparé à la charrue, les cannes auraient de grandes chances de ne pas y pousser, ainsi que cela s'est vu si souvent ; et, de plus, les fortes brises et les coups de vent les renverseraient, parce qu'elles se trouveraient sur un sol trop meuble et trop peu résistant.
Giilture de la canne aux Antilles
Aux Antilles, on se sert beaucoup plus de la charrue que dans les autres colonies françaises. On distingue dans la culture de la canne :
1° La grande culture qui se pratique en octobre, novembre, décembre et janvier ;
2° La petite culture qui peut se faire jusqu'en avril et mai.
On commence généralement les labours au mois d'août; on emploie les deux araires de Mathieu de Dombasle : la charrue à versoir et la charrue tourne-oreilles.
Après le labour vient le hersage, qui se fait avec la herse triangulaire ou quadrangulaire et la herse dite Dombasle, à cou de cygne.
On procède ensuite au sillonnage, qui se pratique à l'aide de la grande charrue Dombasle. On donne aux sillons un intervalle de 1™,50, distance qui permet l'emploi de la houe à cheval ou sarcleuse. Dans les terres argileuses et humides, on Taboure en billons et on bombe les lignes de plantation, pour permettre l'écoulement des eaux.
La plantation se fait à l'aide de boutures à 3 œilletons bien choisis, que l'on couche à plat au fond du sillon si le terrain est bien drainé,ou qu'on incline à 45° dans les terrains humides. On donne ensuite 6 sarclages aux champs de canne, on épaille et on coupe la canne au bout de 12 à 13 mois.
Les engrais dont on se sert aux Antilles sont les mêmes que
ceux employés à la Réunion et à Maurice: du fumier, du guano et des engrais chimiques riches en azote, acide phosphorique et potasse.
Les rejetons sont fumés avec le plus grand soin ; on ouvre, à la charrue, des sillons de chaque côté des souches, on les remplit de fumier ou d'autres engrais et on recouvre de terre.
Culture de la canne à la Havane
Dans les nouvelles terres provenant de défrichés de forêts, on plante la canne dans des fosses ou mortaises. Dans les terres anciennes, au contraire, on ne se sert que de la grosse charrue pour préparer le terrain et creuser les sillons dans lesquels on place les boutures de cannes.
Les boutures sont toujours prises sur la tige entière des cannes, dont on choisit les meilleurs et les plus saines; on en coupe des morceaux présentant au moins 3 nœuds. Les têtes de cannes servent à la nourriture des animaux. On n'a jamais constaté la dégénérescence de la canne à la Havane où Ton plante depuis longtemps les mêmes espèces : la canne blanche et la canne rouge d'Otahiti. Cette immunité ne serait-elle pas due au mode de bouturage ?
Quand on fait une plantation dans un mauvais terrain, on place dans.les sillons, qui ont de 0"',20 à 0™,30 de profondeur et 1"',20 d'écartement, 2 à 3 rangées de boutures parallèles. Dans les terrains de qualité supérieure, l'écartement est porté a t^'iGO et, dans les excellents terrains, à 2 mètres.
La durée d'une plantation de canne varie entre 3, 5 et 10 ans, suivant la qualité des terres. On coupe la canne au bout de 18 mois. Généralement la seconde coupe est meilleure que la première. On se sert beaucoup de la bagasse comme engrais.
Culture de la canne à Java
On choisit généralement pour planter la canne à Java d'an* ciens champs de riz, constitués par de l'argile et du sable et on les découpe en carreaux de 2^ &1 de superficie qu'on entoure de
fossés servant à drainer le sol. On brûlé les pailles de riz provenant de la récolte précédente et on prépare le sol à la charrue; on fait jusqu'à 6 labours sur le même terrain.
La plantation se fait, soit dans desfosses, soit dans dessillons.
Dans le premier cas, les trous de canne ont 0",27 carrés, 0°*,21 de profondeur et 0"^,18 de distance. Ils doivent rester exposés 15 jours à l'air avant la mise des boutures.
Dans le second cas, on emploie le système de M, Reynoso qui consiste à creuser des sillons de 0™,65 de largeur de 0*^,43 de profondeur, distants les uns des autres de 1"*,40. On laisse d'abord le fond des sillons exposé à l'air pendant un mois, puis on les élargit de façon à atteindre 1"*, en les rehaussant de 0^,12. Nouvelle exposition à l'air pendant 14 jours. C'est seulement à partir de cette époque que l'on fait la plantation, soit avec des boutures de tète, soit avec des boutures de corps de canne qui sont placées dans le sillon sur deux rangées parallèles. Plus tard, on fait un premier, un second, puis un troisième recouvrement des boutures au fur et à mesure qu'elles grandissent, avec la terre des entre-sillons.
L'espèce cultivée avec le plus de succès à Java est la canne d^Otahiti, qui croît très bien dans les terres argileuses, mais qui dégénère dans les terrains pierreux.
Culture de ta canne en Gochinchine
La canne est cultivée en Gochinchine depuis un temps immémorial. On compte environ 8,000 hectares de cannes cultivées par les indigènes, dont la moitié est vendue sur les marchés pour être consommée directement et l'autre pour faire du sucre. L'usine indigène comprend trois cylindres en bois verticaux, mus par un buffle, entre lesquels deux indigènes, suivant la grosseur de la canne, en font passer de 2 à 4. A l'aide de 2 ou 3 chaudières en fonte ou en fer battu, on évapore le vesou et on produit un sucre épais, visqueux, d'autant plus mauvais que le jus de la canne est presque toujours très riche en glucose.
Des essais de culture et de fabrication de sucre ont été tentés par des Européens, aux environs de Saïgon^ à la Nouvelle-Espérance ei dans la province de Bien-Hoa. Mais ils n'ont point été
jusqu'ici couronnés de succès, malgré tous les encouragements dont ils ont été l'objet delà part du gourvernement local. Cela tient à la difficulté de se procurer des bras, de changer le^ habitudes agricoles des Annamites, et principalement à la mauvaise qualité des cannes qui donnent, par suite des terrains d'alluvion dans lesquels elle sont plantées, des vesous assez pauvres et très difficiles à travailler.
La propriété de la Nouvelle-Espérance, située dans la vaste plaine des Tombeaux, comprenait 500 hectares d'un terrain sablonneux et léger reposant sur un fond d'argile. Le système de culture adopté fut celui de Java. La terre était divisée en carreaux de 1^00 mètres et sillonnée de raies ou lignes de cannes distantes entre elles de 1°*,30. Les espèces de cannes plantées se composaient de la canne annamite^ la cdinne violette de Javaei de la canne chinoise.
La préparation du sol se fait à la main ou à la charrue. L'époque de la plantation a lieu, chez l'indigène, de janvier à mars,etchez l'Européen, en mai au commencement de la saison des pluies. La canne est mûre au mois de novembre suivant, c'est à dire dans l'espace de 8 mois et demi. Le sarclage se fait moins, souvent qu'ailleurs et l'épaillage n'est pas nécessaire.
Les indigènes ne retirent pas plus de 4 à 5 0/0 de sucre, du poids de la canne ; et les Européens 7 à 8 0/0. Les principales variétés de canne cultivées en Cochinchine sont :
La ccmne annamite,qm paraîtêtre la canne chinoise dégénérée, très mince, très agreste, résiste à la sécheresse.
'La canne éléphant, verdâtre, très grosse, peu riche en sucre.
La canne blanche du Cap, vert olive, riche et juteuse, devient facilement malade.
Lsi'Canne blanche de Poulo-Pinang, d'un vert plus foncé, plus grosse ique la précédente.
La canne blanche de Java^ tige en faisceaux, inférieure aux autres.
La canne chinoise, vert jaunâtre.
La canne rouge de Batavia et de Java.
Mais de toutes ces cannes^ la plus commune et la plus répandue, est sans contredit la canne annamite, non point qu'elle soit plus sucrée que les autres,mais parce qu'elle est plus rustique.
D'après les observations personnelles qu'il nous a été donné de faire en Cochinchine et surtout d'après l'opinion de vieux
colons habitant la colonie depuis de longues années, nous croyons que la culture de la canne n'a pas un grand avenir en Cochinchîne.
Les terres d'alluvion à moitié noyées de cette contrée sont éminemment propres à la culture du riz. Pour y faire pousser la canne il faudrait faire des travaux de dessèchement très onéreux ; et encore la canne n'y deviendrait-elle jamais riche en sucre.
Sur les quelques terrains sablonneux ou en relief qui existent dans certaines provinces, la culture de la canne y serait possible, mais à condition d'y s mettre de riches engrais et d'y faire de l'irrigation.
La Cochinchine est la terre promise du riz ; c'est le grenier d'abondance de l'Extrême-Orient. Toute autre culture, nous le craignons bien, n'y donnerait que des mécomptes.
Engrais
La culture de la canne, telle qu'elle se pratique dans la plupart des colonies françaises et étrangères, exige de fortes tumures en engrais organiques et minéraux. — Les terres vierges des pays nouvellement défrichés peuvent porter, pendant assez longtemps, d'abondantes récoltes de cannes sans engrais. Mais ce ne sont là que des exceptions. Dans les conditions ordinaires, il faut beaucoup d'engrais; et comme la quantité de fumier que l'on se procure aux colonies est toujours très insuffisante, il est indispensable de lui adjoindre des engrais plus concentrés et plus actifs.
Maurice consomme, chaque année, pour 6 à 7 millions de francs d'engrais en dehors du fumier. — La Réunion, moins riche, moins avancée et moins prospère, n'en achète pas pour moins de 2 millions. Les Antilles, la Havane sont également tributaires de la France et de l'étranger pour des sommes cqnsidérables. L'expérience acquise prouve qu'on ne peut guère dépenser moins de 350 fr. d'engrais par hectare de cannes plantées, ce qui représente environ 1,000 kilos d'engrais concentrés.
Fumier d'habitation. — La base de la culture de la canne doit être le fumier associé à des engrais concentrés de qualité convenable.
Le fumier d'habitation se prépare avec les excréments solides et liquides des animaux tels qua mules, chevaux, bœufs; -^ les litières, débris pailieux et organiques de toute espèce; les dépouilles des animaux morts, les résidus de distillerie et écumes de défécation; des matières fécales, des urines, etc. Lorsque ce fumier est bien soigné, ce qui est malheureusô* ment rare, il est plutôt comparable à un compost. Le plus habit tuellcment, il est trop desséché, il a subi un commencement de fermentation putride qui le rend inférieur au fumier de ferme ordinaire. On ne met pas moins de 10 à 15 livres de fumier par trou de canne,* ce qui représente 40 à 50,000 kilos par hectare, fumure que l'on ne considère à Maurice que comme destinée à enrichir le sol de matières organiques et à assurer la première alimentation des boutures.
Les engrais concentrés employés aux colonies et qui ne doivent être considérés que comme le complément du fumier, se réduisent à deux catégories principales : le guano, les engrais himiques.
Guano. — L'ancien guano du Pérou, qui renfermait de 10 à 12 0/0 d'azote, 50 0/0 de matières organiques et 12 à 15 0/û d'acide phosphorique fut en vogue dans nos colonies sucrières jusqu'au moment où, les plus riches gisements étant épuisés, on se trouva en présence de guanos de provenance et de compo^ sition très inférieures, mais d'un prix aussi élevé. En fait de guanos on ne se sert plus aux colonies que ^Qguanoè dissous^t renfermant 6 à 7 0/0 d'azote fixé et 10 0/0 d'acide phospho*» rique soluble dans l'eau.
Engrais chimiques. — C'est alors qu'on chercha à se procurer d'autres engrais plus efficaces et plus- complets et qu'on se livra simultanément aux Antilles, à Maurice et à la Réunion, à de» expériences méthodiques ayant pour but de faire connaître la meilleure formule d'engrais chimiques susceptibles de remplacer le guano avec avantage.
Les résultats obtenus dans ces divers essais, et principalement dans ceux qui furent faits sur les champs d'expériences de la Station agronomique de Saint-Denis, peuvent se réduire aux principes suivants :
1^ L'engrais-type pour la canne à sucre doit renfermer de
l'azote^ de la potasse^ de l'<icide phosphorique^ de la ctmux et de 'la magnésie associés à de la matière organique.
2° L'azote, dont la dose ne doit pas être inférieure à 50 k. ni supérieure à 80 kilos par hectare, devra être donné sous trois formes :
Sous celle d'azote ammoniacal, 30 à 40 kilos représentés par ISO à 20(i kilos de sulfate d'ammoniaque ;
Sous celle d'azote nitrique^ 13 à 26 kilos représentés par 100 à 200 kilos de nitrate de potasse ou de soude ;
Sous celle A' azote organique^ 10 à 15 kilos provenant de chair torréfiée, de tourteaux ou d'os dissous, soit 200 à 250 kilos.
Chacun de ces éléments joue un rôle différent dans l'engrais.
Le sulfate d'ammoniaque a pour but de favoriser le commencement de la végétation et de donner ce qu'on appelle le coup de fouet.
Le nitrate de potasse ou de soude, qui pénètre facilement dans le soU devient l'aliment de la seconde période de la plante, [
Enfin l'azote organique, qui se décompose plus lentement agit ^
vers la fin de la saison et conduit la canne jusqu'à sa maturité complète.
3° L'acide phosphorique doit entrer, dans l'engrais, pour une proportion un peu supérieure à celle de l'azote, afin d'empêcher celui-ci de pousser trop aux feuilles. Sa dose doit être, par hectare, de 80 à 100 kilos sous forme soluble et assimilable. C'est à l'état de superphosphate d'os ou d^os dissom qu'il agit le mieux. Son acide phosphoriqufe est, en effet, à un degré d'assis milabilité complet, puisqu'il provient des êtres vivants qui l'on fixé dans leurs tissus, après l'avoir emprunté aux plantes, qui, elles-mêmes, l'avaient pris au sol qui les nourrissait. Le phosphate des os a donc subi deux modifications profondes, sans compter celle que l'action de l'acide sulfurique vient y ajouter. De plus, c'est le seul Superphosphate qui renfermé une quantité relativement considérable de matière organique soluble, analogue à celle du guano et qui peut s'élever jusqu'à 40 0/0 de son poids.
4"* La potasse doit atteindre entre 40 et 80 kilos par hectare. L'opinion généralement admise aux Antilles est que, dans les terres légères et filtrantes, 44 à 50 kilos représentés par 100 à 200 kilos de nitrate de potasse suffisent, pourvu que la proportion d'azote et d'acide phosphorique atteigne les chiffres dont nous
avons parlé plus haut. Dans les terres épuisées, il est nécessaire d'élever la proportion d'azote d'un tiers ou de moitié.
La soude du nitrate de soude paraît se substituer facilement à la potasse ; cependant, comme cet élément est indisQjBnsable à toutes les plantes qui organisent du sucre, il ne faudrait pas abuser de cette substitution. Nous conseillerions plutôt un mélange, par parties égales, de l'un et l'autre de ces sels.
5® Quant à la chaux et à la magnésie^ qui doivent aussi faire partie de l'engrais destiné à la canne, elles se trouvent tout naturellement combinées à l'acide phosphorique et à l'acide sulfurique des superphosphates.
Formules-type d'engrais cmMiQUES pour la canne. — En résumé, un bon engrais pour la canne à sucre doit contenir les éléments suivants :
25 à 30 % de matières organiques azotée,
7 à 7.5 % d'azote, dont 3 à 3.5 % d'azote ammoniacal,
— — 1 à 1.5 — nitrique,
— — 2 à 2.5 — organique,
8 à 10 % d'acide phosphorique des os sous forme soluble et
assimilable (1), 5 à 10 % de potasse.
Les formules qui répondent aux règles que nous venons d'établir, peuvent être obtenues soit en se servant de superphosphate d'os verts comme base, ou du guano dissous.
1" formule :
Superphosphate d'os azoté ou os dissous (2) . . 730 k
Nitrate de potasse 120
Sulfate d'ammoniaque 150
2® formule:
Guano dissous 700 k
Nitrate de potasse 150
Sulfate d'ammoniaque 150
(1) Sur quelques établissements agricoles de la Réunion, on emploie des engrais chimiques dans lesquels la dose de l'acide phosphorique est poussée à 12 0/0, qui se partagent en 4 0/0 de soluble, 4 0/0 d'assimilable et 4 0/0 d'insoluble.
(2) Le superphosphate d'os azoté s'obtient en traitant les os verts en
— 53 ~ NÉCESSITÉ d'associer DE LA MATIÈRE ORGANIQUE AUX ÉLÉMENTS
MINÉRAUX. — L'expérience nous a donc conduits à préciser les principes dans lesquels il faut se renfermer pour assurer à la canne une alimentation convenable. Mais, en descendant de la théorie à la pratique, nous trouverons encore d'importantes observations à faire sur la nécessité d'associer toujours intimement les engrais chimiques au fumier. En effet, l'association des engrais minéraux ou chimiques au fumier est indispensable pour former ce que Grandeau appelle la matière noire. Ce chimiste agronome a démontré par des expériences décisives :
1** Que la nutrition minérale des végétaux ne se fait que par l'intermédiaire des matières organiques renfermées dans les sols.
2° Que la matière organique, tout en étant le véhicule des substances nutritives minérales des végétaux, n'est point par elle-même un aliment, n'étant pas absorbée parles racines ; elle ne produit qu'un effet de présence et finit par disparaître à la longue, par l'effet d'une lente combustion.
3® Qu'on peut détruire la fertilité d'une terre en lui enlevant son humus et sa matière noire et, [réciproquement, rendre fertiles des sols stériles riches en matières minérales en leur apportant les matières organiques qui leur manquent.
4"* D'où il résulte que toute culture continue, faite à l'aide du seul emploi des engrais minéraux, doit conduire à la stérilité de la terre. Dès que la matière organique a disparu, les engrais minéraux restent sans efficacité.
5** Dans un autre seils, le fumier ne contenant que des proportions insuffisantes de sels minéraux, et les matières organiques qui le composent étant par elles-mêmes infertiles, il en résulte qu'une culture continue, faite avec le seul secours du fumier, aboutirait à l'épuisement progressif des matières minérales du sol.
6* Toute culture raisonnée devra donc s'appuyer sur la combinaison du fumier avec les engrais chimiques dans le but de permettre la formation de la matière noire. Pour la culture de la canne, qui dure plusieurs années, l'approvisionnement des matières organiques devra être faite au moyen d'un apport
poudre qui renferment 4 à 5 ^ d*azote et 46 % d'acide phosphorique par 65 à 70 ^ d'acide sulfurique à 52^
suffisant de fumier pour constituer la réserve d'humus nécessaire pour la 2""° et la 3™° année. Ces considérations sur le rôle de l'humus dans les sols s'appliquent principalement aux sols de la Réunion et de Maurice, dont la majeure partie est devenue stérile à la suite de cultures de canne faites sans engrais et sans assolement, pendant de longues années. Que de temps, d'argent et d'engrais il faudrait aujourd'hui pour les reconstituer (1)1
Engrais divers. — En dehors du fumier, du guano et des engrais chimiques dont nous avons parlé, il est d'autres engrais qu'on utilise pour la culture de la canne et qui ont bien leur valeur : Ce sont des composts locaux de diverses natures, des engrais verts, des poudrettes plus ou moins riches, des cendres de bagasse, des débris de poisson, des résidus de distillerie et des écumes de défécation, du sulfate d'ammoniaque^ des nitrates de soude et de potasse, des sels potassiques, etc.
Dose des engrais chimiques. — La dose des engrais concentrés atteint habituellement 6 à 8 onces par trou de canne, soit 800 à 1,000 kilos par hectare. Quand les cannes ont été plantées sur fumier, on ajoute l engrais concentré vers mars ou avril lorsque la canne à déjà bien bourgeonné.
Engrais POUR repousses. — Pour les repousses, qui ne doivent occuper le sol que pendant une année tout au plus, on creuse une rigole circulaire autour de la souche et on y met la dose d'engrais mêlée à de la terre, immédiatement après chaque coupe.
Procédés d'épandage sur les terres labourées. — Quand les terres sont labourées et plantées à la charrue, tantôt le fumier et les engrais concentrés sont épandus à la volée et mêlés intimement au sol ; tantôt ils sont placés au fond des sillons ou enfouis de chaque côté des sillons latéraux ouverts à la charrue.
(1) Les engrais chimiques, dont nous avons indiqué les formules, peuvent être employés seuls lorsqu'il s'agit de la culture des cannes en terres hautes. Comme il serait impossible de conduire du fumier dans ces lieux élevés, on est bien obligé de recourir à l'emploi des engrais concentrés et actifs sous un faible volume.
Assolement rationnel. — Quelle que soit la méthode de culture et de fumure adoptée, il sera toujours souverainement imprudent de demander a ux terres des récoltes successives de cannes sans les laisser reposer. Dans les pays où les terres sont excellentes et où les cannes sont vigoureuses, on peut faire 7, 8, 10 coupes sur la même souche, en ayant soin d'entretenir la fumure chaque année. Mais le plus habituellement, on fait une première coupe de cannes vierges et 2 coupes de repousses, ce qui conduit le cycle de culture à 4 ans. Il faut alors laisser le sol reposer quatre années, en ne lui demandant que des récoltes de manioc, de maïs et, en dernier lieu, de légumineuses qu'on enfouit à l'état vert quelque temps avant de livrer le champ à une nouvelle culture de canne. '
Il est des terres qui exigent même 6 et 7 années de repos. L'expérience a prouvé, du moins à la Réunion età Maurice, que jamais les engrais, quelqu' abondants et quelque riches qu'ils fussent, ne remplaçaient le repos du sol ou un assolement sagement établi.
Entretien
Sarclage. ■— On entretient les plantations en leur faisant subir 6 sarclages pour les cannes vierges et 4 pour les rejetons. Ces sarclages se font à la bêche ou au moyen d'instruments attelés. L'enlèvement fréquent des mauvaises herbes et la propreté des champs .ont une influence considérable sur la santé et la vigueur des cannes. On a soin de remplacer les plants morts ou de mauvaise venue par des boutures enracinées qu'on enlève à la motte,
DÉviDAGE et épaillage. — Dans le jeune âg© de la plante et à chaque opération de la culture, il est indispensable d'enlever les feuilles sèches qui se forment à sa base et de bien dévider les trous. C'est surtout pour les espèces nouvelles de cannes qui souchent beaucoup que cet épaillage doit être constant. Il a pour but de combattre les insectes nuisibles, d'empêcher la formation des ailerons et des nombreuses racines adventives qui
contrarient la végétation, et de favoriser la maturation de la canne.
Pour les anciennes espèces de canne {guinghariy otahiti blan^ che) répaillage ne doit se faire qu'un ou deux mois avant la coupe.
Cessation DE l'irrigation 2 mois avant la coupe. — Lorsqu'on emploie l'irrigation, il faut -avoir soin de la cesser deux mois avant la coupe afin de laisser aux cannes le temps de mûrir et d'abandonner leur excès d'eau.
Maréhe de la végétation
Nous ne pouvons dire au juste comment se comporte la végétation de la canne sous tous les climats où elle est cultivée, mais voici ce qui se passe sous celui de la Réunion, si éminem* ment favorable à cette culture.
DÉVELOPPEMENT PENDANT LA SAISON DES PLUIES. — SuppOSOUS
une plantation faite au mois de novembre, au moment de la saison des pluies. De novembre à mai, pendant 6 mois d'hivernage, la plante se développe avec vigueur sous l'influence d'une température moyenne de 27*^50 et d'une quantité de pluie représentée par 894 millimètres répartis entre 63 jours. Le sol, échauffé par les rayons solaires, atteint, à 0°',30 de profondeur, une température moyenne égale à celle de l'air; l'intensité des rayons lumineux (actinomètre) se chiffre par 65, ejt l'humidite relative par 70.
Arrêt de la végétation pendant la saison sèche. — A partir de juin surviennent les grandes brises d'est qui dessèchent le sol et un abaissenient dé température qui, pour les 6 mois d'hiver, constitue une moyenne de23**86 avec des minima de 14"* pendant la nuit. La température du sol tombe elle-même à 22*^97, et la hauteur totale de pluie n'est plus que de 164 millimètres répartis entre 24 jours. La végétation de la canne subit un long temps d'arrêt, et les plantations qui ne sont pas irriguées souffrent beaucoup de la sécheresse et du vent. Le dé-
veloppement de la canne ne reprend qu'au commencetnent du nouvel hivernage.
Floraison. — Vers le mois de mai suivant, la canne fleurit habituellement, et elle termine sa maturité pendant les mois secs de mai, juin et juillet, époque à laquelle se fait la coupe. Les cannes sont alors presque couchées à terre, et sont, comme on dit vulgairement, matelassées.
Effets des cyclones. — S'il survient un cyclone ou coup de vent (phénomène si fréquent à Bourbon et à Maurice) au moment où la canne n'a encore que 6 à 8 mois de végétation, la plante supporte très bien la tempête et les avalaisons qui en sont la suite. Mais si le coup de vent se déchaîne au mois de mars, deux ou trois mois avant la coupe, la canne est souvent renversée et déracinée, ou bien elle se brise, et la plupart du temps la végétation s'arrête, la tige se dessèche et meurt comme si elle avait été brûlée.
Transformation du sucré cristallisable en sucre incristal-
LISABLE QUAND LA MATURITE EST DÉPASSÉE. Si la Caime u'OSt
pas cueillie au moment de sa maturité complète, la majeure partie de son sucre cristallisable passe à l'état de glucose, la tige sèche, se creuse intérieurement. De nombreux ailerons, provenant du développement des œilletons, apparaissent aux aisselles des feuilles, la canne se couche à terre et les bourgeons s'enracinent de toutes parts constituant autant de rejetons autour de la plante-mère.
Marche progressive des éléments minéraux et organiques
DANS LES tissus DE LA CANNE PENDANT LES DIVERSES PÉRIODES DE
SA VÉGÉTATION. — M. Rouf, chimisto du laboratoire de la Compagnie des Engrais à la Martinique a étudié mois par mois la progression des éléments minéraux dans les tissus de la canne pendant les diverses périodes de sa végétation. Voici les conclusions auxquelles il est arrivé ; il a expérimenté sur des cannes plantées en mars, à la Martinique, dans les conditions ordinaires de culture :
1^ L'absorption des éléments minéraux commence aussitôt
que le développement cie la canne le permet, mais évidemment elle est beaucoup plus active si la plante trouve à sa disposition les principes fertilisants qui lui sont nécessaires et surtout si les agents météorologiques viennent à son aide.
2* La progression est modérée depuis le 6°"® mois jusqu'au 9""° ; alors la marche des éléments devient plus rapide et prend tout son essor aux 10"*° et 11""° mois, époque de l'absorption au maximum de la plus grande partie des éléments constituants. C'est à cette époque que la tige et les feuilles vertes réunies représentent leur maximum de poids et que la canne a acquis la totalité des substances minérales de l'azote et le maximum du poids de la matière sèche.
Au mois de décembre (10°*° mois), la canne a absorbé, au maximum, les éléments suivants : acide phosphorique, acide sulfurique, potasse, soude et silice. Au mois de janvier (11""* mois), les autres éléments qui étaient en retard arrivent, et l'on a le maximum de la chaux, de la magnésie et de l'azote. Les éléments qui sont arrivés les premiers au maximum de leu i poids sont ensuite éliminés.
En février, la marche décroissante des trois derniers élémen ts commence et l'excrétion de tous les éléments réunis continue jusqu'à ce que la plante soit arrivée à maturité.
3° La canne doit être fumée en temps opportun, si Ton veut qu'elle trouve à sa disposition l'alimentation nécessaire pour faciliter son développement et accélérer l'élaboration des principes sucrés.
4° L^évolution et l'élimination de l'excès de la potasse, de la soude et du chlore de la tige et leur transport dans la sommité de la plante et dans les feuilles sont terminés justement à répoque^dela maturité de la canne. C'est dans l'extrémité de de la canne que se trouvent accumulés les chlorures alcalins, le glucose, les matières albuminoïdes et pectiques.
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