‹ La Canne à sucreChapitre 3 sur 40 · PARTIE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HISTORIQUE

Etymologie et synonimie. — Patrie. — Historique de son introduction en Europe, en Asie, en Amérique et dans les colonies.

Etymologie. — Suivant de Humboldt, le mot s wcre viendrait du sanscrit scharkaray qui veut dire pierre^ faisant ainsi allusion à la dureté du produit que l'on retire de la canne. Les Indiens en ont ensuite fait shaker y les Persans shukur^ et les anciens sac-cha/nmij qui, dans notre langue, a fini par se transformer en sucre.

Synonimie. — Nom vulgaire : ca/nne à sucre;.

nom botanique : saccha/rum officinarurriy arundo saccharifera.

Historique. — D'après des documents historiques très anciens, la canne à sucre serait originaire de l'Inde, ainsi qu'en témoignent divers passages d'auteurs latins, dont nous allons donner la traduction.

« L'Arabie produit du sucre, mais celui de l'Inde est plus en « renom ; c'est une sorte de miel que l'on recueille dans des f roseaux. Il est blanc comme de la gomme, se brise facilement « sous la dent et est très usité en médecine » (PJine l'Ancien).

« Il croît dans l'Inde un grand roseau, duquel on retire un « suc si doux, que le meilleur miel ne saurait lui être comparé » (Varron).

« On raconte qu'on trouve chez les Indiens un miel contenu « dans un roseau; ce miel est produit soit par la rosée du Ciel, « soit par le suc doux et épais de ce roseau » (Sènèque).

Diôscorido parle encore du sucre sous le nom de sel indien et de miel de roseau.

L'Inde a donc été le berceau delà canne ; de là celle-ci est passée dans Tlndo-Chine où elle est cultivée depuis un temps immémorial. Elle pénétra ensuite en Arabie, en Nubie, en Ethiopie et en Egypte. Après les croisades, elle fut introduite par les Vénitiens, vers Tan 1500, en Syrie, à Chypre et en Sicile.

Dom Henri, roi de Portugal, l'importa plus tard à Madère et aux Canaries où, pendant plus de 300 ans, fut fabriqué tout le sucre qui se consommait en Europe. Cette culture fit plus tard place à la vigne qui fut reconnue plus avantageuse. On planta également la canne en Provence et dans le Sud de l'Espagne. Les Portugais la portèrent, vers cette époque, à Saint-Thomas.

Après la découverte du Nouveau-Monde, Pierre de Etienza introduisit la panne à Saint-Domingue, qui portait autrefois le nom d'Hispaniola. En 1518, on comptait déjà 28 sucreries dans cette île. On prétend que ce fut un Catalan, nommé Bellestero qui indiqua le moyen d'exprimer et de recueillir le jus de la canne et que c'est à Gonzalès de Velesa que l'on doit l'art de fabriquer' le sucre.

Il est probable que c'est de Saint-Domingue que la canne se répandit successivement au Mexique en 1520, à la Martinique en 1650, à la Guadeloupe en 1644, à Cuba, dans les Guyanes et dans toute l'Amérique du Sud.

La canne, que les premiers colons trouvèrent acclimatée à Bourbon et à Maurice, et qu'ils désignèrent plus tard sous le nom de Canne créole, provient bien certainement de Madagascar.

On connaît l'époque certaine de l'introduction d'un certain nombre d'espèces qui furent apportées depuis dans la première de ces colonies,

La canne diard rayée fut introduite par le naturaliste Cossigny en 1782.

La canne blanche, originaire d'Otahiti, fut importée dans les première années de ce siècle.

La canne dite du Bengale provient de Calcutta,

La canne pinang ^variété du Brésil^ a été envoyée par M. Couturier, ancien Gouverneur de la Martinique.

La canne diard verte et rose, vient de Java.

La canne guinghan bâtarde ou saportas a été apportée de Java, vers 1865, par le navire le Saint-Charles y en même temps que le Borer, ver redoutable qui fut un fléau pour les plantations.

Les cannes, dites de Maurice, telles que Bois rouge blondcy Tamarin, Tsiambo,Poudred'or,Mapou,Scavanjerie, Reine rouge, Port maket, etc., et qui constituent plus de 100 variétés affublées des noms les plus bizarres, ont été tirées presque toutes de la Nouvelle-Calédonie.

La Martinique et la Guadeloupe, qu^ont échappé jusqu'à ce jour à la maladie de la canne et aux ravages du borer, sont restées fidèles à quelques espèces primitivement importées, principalement aux cannes d'Otahiti et n'ont point senti encore la nécessité de faire venir à grands frais les nombreuses variétés dont Maurice et Bourbon ont inondé leurs plantations.

En Cochinchine, on cultive la.cannedu pays, qui est de couleur verdâtre, peu sucrée et très ligneuse. On y a introduit quelques espèces de Bourbon, qui ont rapidement dégénéré. On préfère, malgré ses défauts, la canne du pays parce qu'elle est plus robuste et parfaitement en rapport avec le climat et les habitudes agricoles des Annamites.

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