Titre net : 94.60, se vend 32 à 36 fr. les 50 kil
Les sucres bruts, préparés parles Annamites en Cochinchine, sont noirs, poisseux, très humides et contiennent beaucoup de matières étrangères. Pendant longtemps, ils ont été donnés aux troupes et aux équipages, comme ration; voici la composition de quelques types que nous avons analysés pendant notre séjour à Saïgon :
Humidité
Sucre cristallisable . .
Sucre incristallisable .
Cendres
Matières étrangères . .
Le dernier type, le plus riche en sucre cristallisable, vient de l'usine de VEspérance, créée par des Européens dans les environs de Saïgon. Il a été fabriqué à l'aide d'une batterie Gimart et d'un Wetzel, et soumis au turbinage.
Les beaux types de sucre des An tilles fabriqués par les usines centrales, les sucres de Java, de la Havane, de Mayotte et de Nossi-Bé peuvent être représentés par les types suivants qui indiquent des moyennes commerciales courantes :
(îoa<)«Ioap« lutiniqiie
Humidité 0.27 0.16
Sucre cristallisable . 98 . 25 99 . 00
Sucre incristallisable . 26 0.17
Cendres 0.07 0.07
Indéterminé .... 1.25 0.60
Titre nel 97.38 98.31
hn
lauM
Ityotti 1.75 94.26 1,41 0.41
Hiui-M 2.05 91.00 3.82 1.10 2.08
Grise traversée par l'agriculture et rindustrie sucrière aux colonies
Nous avons vu, par le taux du rendement des cannes, soit aux champs, soit à l'usine, combien l'agriculture et l'industrie sucrière coloniales étaient dans une situation peu prospère. Où est le temps oùrhectaredecannesproduisaitô et 8,000 kilog. de sucre, qui se vendait 60 et 70 fr. les 100 kilog ? Les ôonditions de la culture de la canne sont bien changées aujourd'hui dans presque toutes les colonies sucrières.
Le sol, après des récoltes immodérées, sans assolement et sans engrais, s'est complètement épuisé dans certaines zones et ne donne plus que des récoltes précaires dans les terrains privilégiés. — Le déboisement, opéré sans mesure le long des cours d'eau et sur les plus hauts sommets des Iles, a changé totalement les conditions météorologiques des climats. Les pluies saisonnières sont devenues moins abondantes, l'état hygrométrique de l'air plus sec qu'auparavant, et les pluies d'hivernage n'étant plus arrêtées par des massifs boisés, ont lavé la superficie des terres et entraîné à la mer les parties les plus riches du sol. Des maladies, autrefois inconnues, se sont jetées sur la canne à sucre et ont anéanti les unes après les autres des espèces qui semblaient devoir prospérer pendant longtemps encore. — Le borer, cette larve maudite, est venue à son tour apporter ses ravages et diminuer les récoltes dans des proportions incalculables. — Que dire encore de la situation financière de ces malheureuses colonies, endettées à la suite de tous ces désastres, et vivant péniblement au jour le jour d'emprunts faits sur récolte aux établissements de crédit! L'abaissement du prix des sucres, provoqué par la production toujours croissante du sucre de betterave en Europe,a contribué encore à assombrir la situation déjà si mauvaise. En ce moment, en effet, le prix de revient de 100 kilog. de sucre, que l'on calcule à 46 fr., est égal et quelquefois supérieur aux prix auxquels se vend cette denrée. — La difficulté de se procurer des travailleurs est aussi une des questions quipréocupent le plus les habitants des colonies. — Tôt ou tard l'Angleterre, qui suscite depuis quelques années tant de difficultés à nos colonies sucrières, défendra, comme elle l'a déjà fait pour la Guyane et comme
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rerr.^lerà 'i:; trri état de cLcf^es, a a miLiis dans une certaice Bi^urif:, il faudrait avoir le |i»yjT::r et le eoura^ de £iire an HUy^tXAh de réformes q-ii {>jrteraieE.l t:ul à la lois sur les systéflies •uivL- jusqu'à ce jour daiîs l'agriculture el rindostrie «ucriére*
ExFAX«i05 DE l'dîstbl'ctiox AGRICOLE- — En premier Hea, ce qu'il y aurait de plus argent à faire, ce serait d'organiser, dans le^ lycées, les collèges et les écoles communales an bon système d'enseignement agricole qui ferait pénétrer dans Tesprit des jeunes créoles, d'atiles notions d'agronomie.
AbAXDOX des terres DfPROPRES A LA CULTURE DB LA CAXXB.
En ce qui concerne les terres liTrées à la culture de la canne, il y aurait à (aire un choix judicieux entre celles qui sont tout à (ait aptes à cette culture et celles qui lui sont absolument impropres* Et le nombre en est grand de ces dernières! Elles pourraient être avantageusement plantées en café, girofle, vanille, tabac, roanhioc,etc., ou tout simplement livrées au reboisement, si elles ne pouvaient servir à d'autre usage.
Les véritables terres à canne seraient alors cultivées avec tous les soins qu'elles exigent. On les soumettrait à des assolements rationnels et à des fumures assez abondantes pour conserver leur fécondité ou ramener celle qu'elles ont perdue à la suite de ce que Liebig appelait < wnz culture de rapine » qui consiste à tout prendre sans rien restituer.
Substitution des instruments attelés au travail a bras. — La substitution des instruments attelés au travail à bras d'hommes partout où le terrain le permet serait également un grand progrès ; elle diminuerait la main-d'œuvre, si rare et si onéreuse en ce moment, et permettrait aux sols de se reconstituer avec plus de facilité.
Remplacement des boutures de tête par des boutures de CORPS. — On devrait également remplacer les boutures prises
dans la tête des cannes par celles prises sur le corps entier de cannes bien mûres et bien saines ou du moins ne pas toujours reproduire systématiquement la canne par les œilletons du bourgeon terminal, mais bien par ceux sur la tige entière. — Et pour plus de précaution, il faudrait conserver le champ de cannes vierges le mieux venu et le plus vigoureux pour le faire servir aux plantations. — Les végétaux ne diffèrent point des animaux ; de même qu'on ne peut conserver la vigueur et les qualités d'un troupeau qu'en exerçant une sélection intelligente chez les reproducteurs, de même on ne peut avoir la prétention de conserver de belles espèces de plantes, quand on les reproduit, à tort et à travers, par tous les éléments qui vous tombent sous la main, vieux ou jeunes, sains ou malades, robustes ou épuisés.
PÉPINIÈRES. — Des pépinières renfermant des cannes des localités voisines, ou provenant d'autres colonies, devront toujours être prêtes à offrir des sujets susceptibles de remplacer les espèces qui deviendraient malades.
Assolement. — Une précaution utile, selon nous, consisterait également à ne jamais demander au sol plus d'une récolte de cannes vierges et d'une ou deux récoltes de rejetons ou repousses et à laisser la terre en repos ou sous cultures améliorantes pendant 3 à 4 ans au moins.
SÉPARATION ENTRE LE TRAVAIL AGRICOLE ET LE TRAVAIL INDUS- TRIEL. — La séparation complète entre le travail agricole et le travail industriel serait absolument désirable afin que l'habitant se consacrât entièrement à l'agriculture et ne fût pas détourné de ses obligations par la direction et les mille soins que comporte le fonctionnement d'une usine. Il faudrait, en un mot, arriver à la création des Usines centrales par association de capitaux créoles.
Usines centrales. — Munies d'un outillage aussi perfectionné que possible et dirigées par des hommes compétents, elles sauraient travailler le jus de la canne par les procédés les plus écomomiques et retireraient de celle-ci et de ses bas produits le rendement le plus élevé. Les planteurs, soutenus par les usiniers,
dont ils formeraient la clientèle, trouveraient chez ceux-ci des avances de capitaux et d'engrais et vendraient leurs cannes au poids au lieu de vendre leur vesou, ainsi que cela se fait encore à la Réunion.
Division de la grande propriété. — Comme complément de ces réformes, il serait à souhaiter que les terres fussent plus divisées afin d'augmenter le nombre des petits planteurs et reconstituer la moyenne propriété*
Endiguement des torrents. — La réunion de toutes les forces et des capitaux coloniaux aurait avantage également à se porter vers les travaux d'ensemble et d'intérêt général qui auraient pour but de capter les eaux des torrents ou des rivières et de les faire servir à l'irrigation des terres basses situées dans des localités trop sèches. La plupart de nos colonies sucrières étant très montagneuses, ces travaux auraient la plus grande utilité et rendraient à la culture de la canne des 'terres frappées aujourd'hui de stérilité.
Modifications de LA LEGISLATION sur les sucres. — Enfin, des modifications heureuses dans la législation sur les sucres, et qui auraient pour but d'améliorer le prix de nos sucres coloniaux, de façon à leur permettre d'arriver à des conditions favorables sur les marchés européens ne pourraient qu'exercer une influence heureuse sur le relèvement de l'agriculture coloniale. Si l'on pouvait même aller jusqu'à donner aux sucres de canne ,une détaxede distance, qui serait juste jusqu'à un certain point, puisque ces sucres ont à supporter, pour arriver en Europe, un fret qui ne frappe point les sucres de betterave, on soulagerait considérablement la situation de l'industrie sucrière qui fait vivre une population si nombreuse et si intéressante.
Mêlasse
Le liquide épais et noirâtre que la turbine sépare du sucre cristallisé, et qui est d'autant plus coloré et plus pauvre que les sirops ont été recuits plus souvent, porte le nom de Méloise.
Composition. — C'est un composé complexe, doué d'une odeur fermentescible très prononcée, ayant une saveur sucrée plus ou moins agréable et une densité comprise entre 33° et 40** B^ La mélasse renferme de l'eau, du sucre cristallisable, du sucre incristallisable, des matières organiques et des matières colorantes provenant de l'action des acides glucique et apo-glucique sur la chaux.
Payen. assigne aux mélasses des colonies la composition suivante :
Eau et matières étrangères 38
Sucre cristallisable 45
Sucre incristallisable • . . 22
Monsieur E. Monnier leur a trouvé une composition un peu différente.
Eau et matières étrangères 33.84
Sucre cristallisable 85.67
Sucre incristallisable 27.68
Cendres . . 3.01
Plusieurs analyses faites sur les mélasses de la Réunion, nous ont donné les chiffres suivants :
Eau et matières étrangères. . 36.28
Sucre cristallisable. . . • 49.73
Sucre incristallisable 6.40
Cendres 7.69
Autrefois on comptait 15 litres de mélasse par 100 kilog. de sucre fabriqué, soit 200/0 (le litre démêlasse à 37°5 B% pesant 1 kilog. 352). Aujourd'hui, grâce aux perfectionnements de l'industrie sucrière, cette quantité est descendue à 10 litres et ne représente plus que 13 à 14 0/0.
Tablbau de la richesse en sucre des mélasses, par dbqré Baume. — Voici un tableau qui indique, pour chaque degré B®, compris entre 34*^ et 38°, le poids du litre et les quantités de
sucre cristallisable et incristallisable contenus dans 1 litre de mélasse :
tegrés Poids dt litre Sier«eristallittUe Sien iBoisUDisable SieretaUI
lk359
475 gr.
366 gr.
841 gr,
La mélasse est presqu'entièrement convertie en rhum aux colonies. Les Antilles exportent en France une certaine quantité de mélasse qui est livrée à la consommation directe. Nous ne connaissons aucune usine coloniale française qui extraie industriellement le sucre cristallisable des mélasses par un des nombreux procédés employés en Europe au traitement des mélasses de betteraves.
Extraction du sucre cristallisable des mélasses. — On trouverait certainement avantage à travailler les mélasses des sucres de cannes comme les mélasses des sucres de betteraves à Taide, soit de Vosmogène Dubrunfaut, soit du procédé Ma/rgueritte, soit de la méthode de SteffenSj soit du procédé Manoury.
OsMOGENE DuBRUNFAUT. — L'osmogèno Dubrunfaut est une sorte de vase rectangulaire de l^'jSS de haut, sur 1°',32 de long et 1"',12 de large renfermant une cinquantaine de cadres auxquels sont fixées des feuilles de parchemin végétal. Ces feuilles séparent de petites cases contenant alternativement de l'eau et de la mélasse que Ton maintient à la température de 80**. Les deux liquides se trouvant à une densité différente, il s'établit un double courant, en vertu du principe de la dialyse, qui porte Teau vers le sucre et le sucre cristallisable vers l'eau à travers la membrane. Les principes de la mélasse non cristallisables ne peuvent pas passer à travers le parchemin. L'eau, au bout d'un certain temps> se trouve assez chargée du sucre cristallisable pour pouvoir être évaporée. On recueille, de cette façon, 12 à 15 0/0 de sucre cristallisable de la mélasse.
Procédé Marguerite. — Le procédé Marguerite est basé sur la propriété que possède Talcool de dissoudre, dans des condi-
tions spéciales, plus de sucre qu'il ne le fait normalement. Voici comment on opère. On mélange 1 kilog. de mélasse avec
I litre d'alcool à 85"^, acidulé de 5 0/0 d'acide sulfurique monohydraté. On obtient ainsi une liqueur qui, filtrée et additionnée d'un litre d'alcool à 95^, fournit au contact de 500 grammes de sucre en poudre, un excédant de 350 grammes de sucre pur, soit 35 0/0 du poids de la mélasse ou 70 0/0 du sucre qu'elle renferme. Le produit claircé avec son volume d'alcool à 95^, puis séché, a pour composition :
Sucre cristallisable 98.50 0/0
Ce procédé est donc fort simple et permettrait l'emploi de l'alcool de mélasse que l'on fabriquerait surtout en vue de l'extraction du sucre de la mélasse.
MÉTHODE DE Steffens. — La méthode de Steffens consiste à préparer, à l'aide des mélasses et de la chaux, un saccharate de chaux, que l'on obtient de la manière suivante : On délaie les mélasses de façon à ce que la dissolution ne renferme pas plus de 6 0/0 de sucre. On ajoute alors un lait de chaux jusqu'à ce que la liqueur se trouble, puis on chauffe jusqu'à l'ébuUition. On laisse reposer. Le dépôt constitué par 4 0/0 de saccharate est soumis à la compression et nettoyé à l'aide de la vapeur. Puis on le délaie, on le sature pour enlever la chaux, on filtre sur de la cendre de cuivre et le liquide clair est évaporé jusqu'à cristallisation.
La quantité de sucre qu'on peut extraire de la mélasse par ce procédé atteint 94 0/0.
Procédé Manoury. — Le procédé Manoury, le plus répandu aujourd'hui, consiste à traiter les mélasses par un lait de chaux.
II se forme du saccharate de chaux et des glucates de chaux. On lave le produit à l'alcool qui dissout le glucate. Le saccharate, débarrassé du sucre incristallisable, est traité par l'eau et soumis à un courant d'acide carbonique qui précipite la chaux et Hiet le sucre cristallisable en liberté. On n'a plus qu'à filtrer et concentrer les liqueurs pour avoir le sucre cristallisable.
Fabrication du rhum
Rendement de la mélasse en alcool et en rhum. — On calcule que 100 parties de mélasse peuvent donner,par la fermentation, 48 parties d'alcool à 93°. Dans Tindustrie, une barrique de mélasse de 250 litres rend ordinairement 125 litres de rhum entre 50° et 54° centésimaux, soit 1 litre de rhum pour 2 litres de mélasse. Et comme la barrique de mélasse se vend environ 15 à 20 francs, le litre de rhum ne reviendrait donc en fabrique qu'à fr 15.
L'industrie qui s'occupe de la fabrication du rhum aux colonies porte le nom de Guildiverie.
Procédé pour oBTENm le rhum aux colonies. — Pour obtenir le rhum on étend d'eau la mélasse de manière à la ramener à la densité de 10° B°. On laisse fermenter pendant 3 à 6 jours, puis on distille dans des alambics ordinaires. On donne la couleur au rhum au moyen du caramel.
RÉSIDU DE DISTILLERIE. — 100 kilog. de mélasso laissent, à la suite de la distillation, 12 kilog. de résidu riche en alcalis renfermant du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, du carbonate de potasse et du carbonate de soude.
Tafia. — Le tafia diffère du rhum en ce qu'il est obtenu par la distillation du vesou de canne soumis à la fermentation. On n'en produit guère qu'à Cayenne, à la Mana, où il jouit d'une réputation justement méritée.
Analyse de la canne à sucre
Analyse DE la canne a sucre. \^^ procédé. — La méthode généralement suivie, pour faire l'analyse de la canne à sucre, consiste à découper la canne en rondelles fines qu'on place dans une capsule tarée. On dessècheà 110^ pour déterminer l'humidité. On pulvérise ensuite très finement les rondelles desséchées et on les traite à 3 reprises différentes par de Tacool bouillant à 83®.
On dessèche le résidu à 110** qui représente le ligneux. L'alcool de lavage est placé sous une cloche avec de la chaux vive, dans une capsule tarée. Cristallisation au bout de quelques jours. Après dessication complète, on pèse le produit obtenu quireprésente le sucre cristallisable, le sucre incristaïlisable, les matières grasses, résineuses et colorantes. On lave le sucre à Téthersulfurique anhydre pour en extraire les matières grasses et résineuses. Pour doser les cendres j on incinère 5 grammes de rondelles sèches.
2® procédé. — Nous avons suivi, à la Station agronomique de la Réunion, une autre méthode qui pourra sembler plus longue et plus compliquée au premier abord, mais qui donne des résultats plus exacts.
Des morceaux de canne pris sur le milieu, le haut et le bas de plusieurs tiges de canne sont défibrés au moyen d'une forte râpe, de façon à obtenir 4 à 500 grammes de pulpe.
1** 100 grammes sont mis à l'étuve et desséchés à 100**; la perte de poids représente Vhumidité.
2^ Le résidu sec est lavé à Téther sulfurique dans un appareil à déplacement; on reçoit l'éther chargé de matière grasse et résineuse dans une capsule tarée. Après évapora tion et dessica- {ion, on pèse et on note le poids de ces deux produits.
3** La pulpe lavée à l'éther et desséchée est pesée à nouveau, puis lessivée à l'eau chaude sur un filtre taré, placé dans un entonnoir, jusqu'à épuisement complet du sucre. Ce second résidu, desséché à l'étuve et pesé réprésente le ligneux. La différence entre le poids du ligneux et le poids du résidu après le premier lavage à l'éther, représente en bloc le poids du sucre total, des matières organiques et colorantes et des sels.
Pour obtenir séparément ces 3 éléments, on pourrait à la rigueur les dosèf dans le liquide sucré provenant du lavage de la pulpe de canne par l'eau bouillante, maison n'arriverait ainsi à aucun résultat exacte cause des difficultés de manipulation et des pertes qui seraient dues à l'évaporation du liquide sucré, faite soit à froid, soit à l'aide de la chaleur.
On emploie un moyen détourné, qui conduit au même but;
4° 5 grammes de pulpe préalablement desséchés à l'étuve sont calcinés dans un creuset de platine. Le résultat x 20 repré-
sente les cendres ou sefe minéraux de la canne pour 100 parties en poids.
5^ Pour séparer les autres éléments qui restent encore à doser, on soumet à la presse une quantité suffisante de pulpe pour obtenir 200 grammes de vesou. On en prend 100 grammes pour titrer le sucre cristaUisable et le sucre incristallisable par le procédé que nous allons indiquer tout à l'heure en parlant de l'analyse du vesou. Comme on connaît déjà le poids du ligneux et par suite la proportion de vesou contenue dans la canne, il est facile de rapporter le poids des sucres, obtenus par l'analyse, au poids du vesou existant réellement dans la canne analysée.
6"* Il ne reste plus à rechercher que le poids des matières organiques et colora/ntes. On prend les 100 autres grammes de vesou, mis à part, et on les soumet à l'ébullition pour coaguler l'albumine, puis on traite le liquide trouble par 10^^ de sousacétate de plomb pour précipiter les matières colorantes et l'albumine non coagulable par la chaleur. Le magma est reçu sur un filtre donnant une quantité de cendres connue. Après plusieurs lavages à l'eau chaude, le filtre est desséché à l'étuve et pesé. On ùote ce premier poids. On calcine ensuite et on pèse le résidu. La différence entre le premier poids et le second (déduction faite du poids des cendres du filtre), représente le poids de la matière colorante et organique contenue dans 100 grammes de vesou. A l'aide du calcul on le ramène au poids du vesou contenu dans les cannes à analyser.
Toutes ces opérations se font simultanément et n'offrent aucune difficulté pratique.
Analyse du vesou
L'analyse de la canne entière est une opération qui ne sort guère du domaine du laboratoire et qui exige la science et l'habileté d'un chimiste de profession pour être menée à bonne fin. Il n'en est pas de même de l'analyse desvesous^ que chaque habitant devrait être capable de faire lui-même à l'usine, de façon à pouvoir suivre sa fabrication et à s'en rendre compte. Dans ce but, nous avons cherché à simplifier le procédé pour le rendre aussi facile et aussi commode que possible.
Matériel nécessaire a une analyse de vesou. — Parlohs d'abord des vases et ustensiles nécessaires à une analyse de ce genre, lesquels peuvent être enfermés dans une boîte à compartiment, pouvant se transporter aisément.
Ce nécessaire devra contenir :
— 1 lampe à alcool, avec support circulaire,
— 3 petits ballons de 60 à 90 grammes, — - 4 à 5 tubes à essais fermés d'un bout,
— 2 pipettes divisées en 5 et lOcc,
— 1 burette anglaise de 25cc, dont chaque degré est divisé en 10«,
— 2 petits entonnoirs, avec support en fer,
— plusieurs paquets de petits filtres en papier Berzélius,
— une pince en bois, 2 valets en paille,
— 3 matras jaugés à 100 et llOcc,
— 1 éprouvette et 1 aréomètre Baume, gradué de 6o à IS» divisé en
10«*de degrés,
— 2 flacons de papier de Tournesol bleu et rouge,
— 2 baguettes de verre plein ou agitateurs,
— 1 flacon de sous-acétate de plomb,
— 1 flacon d'alcool à 85o,
— 1 flacon d'eau distillée,
— 1 flacon d'acide chlorhydrique,
— 1 Saccharimètre de Soleil,
— 1 flacon de liqueur cupro-potassique de Violette.
Préparation de la liqueur de Violette. — Cette liqueur se prépare de la manière suivante :
On fait une première solution avec :
Sulfate 4© cuivre pur. 36 gr, 46.
Eau distillée . .V ." i40cc
D'autre part, on fait une seconde solution avec :
Tartrate neutre de'potasse et de soude 200 gr. Lessive caustique de soude à 22» Baume. 140cc
On verse cette solution dans une carafe jaugée de 1 litre, on ajoute ensuite la première solution par petites portions et on complète le volume de 1 litre par une dernière addition d'eau distillée avec laquelle on a rincé les deux vases ayant renfermé les deux solutions. On agite pour avoir un mélange homogène ;
au bout de quelques jours on filtre et on conserve dans des flacons bleus.
On titre cette liqueur au moyen d'une autre liqueur contenant 1 gramme de glucose pour 100. On l'obtient en traitant gr. 95 de sucre de canne pur et sec par SO''^ d'eau distillée, additionnée de 4 à 5 gouttes d'acide chlorhydrique. Après une courte ébuUition on verse dans un flacon jaugé de 100**, on laisse refroidir et on complète avec de l'eau distillée jusqu'au trait circulaire. Chaque centimètre cube correspond à gr. 01 de glucose et 0,095 de sucre cristallisable.
Cela fait, on verse ce liquide sucré dans une burette graduée ; d'autre part W de la liqueur bleue de Violette sont portés à l'ébullition dans un petit ballon. Le liquide sucré est versé dan? le ballon jusqu'à décoloration complète. Supposons qu'on ait versé 5^* de liqueur sucrée; le titre de la liqueur de violette sera le suivant : 10"^^ =-• 0,05 de glucose.
Procédé analytique. — Une fois tout préparé, on procède à l'analyse du vesou de la manière suivante :
On recueille le vesou au sortir du moulin après l'avoir passé à travers un linge fin, et on le verse dans l'éprouvette. On en prend la densité, à l'aide d'un bon aréomètre.
La réaction du vesou est également reconnue à l'aide du papier bleu de tournesol qui rougit plus ou moins suivant l'acidité du liquide.
. On le verse ensuite dans un des matras jaugés, jusqu'au trait circulaire qui mesure un volume de 100*° et on y ajoute 10^° de sous-acétate de plomb jusqu'au second trait de jauge marqué sur le goulot du matras et qui mesure 110^*^. On agite violemment, en bouchant l'ouverture du flacon avec le pouce et on laisse déposer. — Cette opération est une véritable défécation, qui a pour but de précipiter dans le vesou toutes les matières étrangères au sucre. Le vesou, une fois traité par le sous-acétate de plomb, peut se conserver pendant longtemps sans altération. Aussi, lorsque l'analyse ne peut se faire à l'usine, peut-on sans inconvénient mettre ^OO"" de vesou dans une bouteille, l'additionner de 50^*^ de sous-acétate de plomb et l'expédier ensuite au laboratoire le plus voisin pour en faire faire le titrage.
Quand le dépôt s'est bien rassemblé, on jette le liquide clair sur un filtre et on le recueille dans un flacon très propre. Ce liquide filtré contient le glucose et le sucre cristallisable que Ton veut doser.
Pour titrer le glucose on sucre incristallisahle on remplit la burette graduée du liquide filtré jusqu'au point zéro, et on verse dans un .des petits ballons, avec une pipette, 10*^'^ de» liqueur de Violette qu'on additionne de 10*^^ d'eau distillée. On porte ensuite le ballon, qu'on tient avec la pince en bois, au-dessus de la flamme de la lampe à alcool. Quand le liquide est arrivé à Tébullition, on y verse, goutte à goutte et avec précaution, le liquide sucré de la burette jusqu'à décoloration complète de la liqueur bleue de Violette et formation d'un abondant précipité rouge bien rassemblé au fond du ballon. Cette opération se fait à plusieurs reprises; et, chaque fois qu'on a fait une nouvelle affusion de liquide sucré, on porte la liqueur bleue à l'ébullition. On examine le liquide du ballon, par réflexion, sur une feuille de papier blanc, pour constater sa décoloration complète, ce qu'on saisit facilement avec un peu d'habitude.
On lit alors le nombre de centimètres cubes de la burette employés, puis on fait le calcul suivant pour arriver à connaître la quantité du glucose contenu dansle vesou examiné. Ex : trouvé 14*''' 80, pour 10'^'' de liqueur bleue de Violette. Comme ces lO*"® de liqueur bleue correspondent à gr. 03 de glucose, les 14"^° 80 de liqueur sucrée employés dans l'opération précédente contiendront donc aussi gr. 05 de glucose. Pour savoir combien lOO'^^ de vesou en renferment, on établit la proportion suivante :