DEUXIÈME PARTIE
en partie, l'histoire est encore là pour nous remémorer que le cosmopolitisme latin est plus grec-syrien-égyplien-africain qu'il n'était franc-germain-latin pendant le même laps de temps.
De plus, l'Italie avait reçu la tradition directement des chanteurs syriens eux-mêmes, et cette tradition a subi un renouveau sous les pontifes byzantins du vu* et du viii* siècles. Et, si nous recherchons dans les chants liturgiques des autres confessions religieuses la nature intrinsèque de la facture mélodique du chant officiel de chacune d'elles, nous verrons, d'un côté, que Byzantins, Coptes, Arméniens et Juifs ont connu et pratiqué de temps immémorial ce style fleuri caractéristique du génie musical des races de ces contrées, comme, d'un autre côté, le style syllabique clair, net, précis, est la marque du génie musical de l'art occidental (1).
Et voici, au sujet de l'origine orientale de la vocalisation, un fait qui, à lui seul, vaut une longue dissertation.
Pendant la période qui embrasse les pontificats des papes dits helléniques, des pièces musicales byzantines ont été introduites dans l'usage romain, on. le sait. N'ayant jamais été retouchées, elles peuvent servir de type de comparaison pour juger de l'orientalisme subsistant encore dans les pièces latines antérieurement inscrites dans le Cantaiorium. Or, si la tonalité grecque crue, dit dom Morin, frappe au premier abord et distingue ces pièces byzantines des pièces latines, par contre il est impossible de faire la différence des styles mélodiques au point de vue du rythme noté.
Le même rapprochement opéré entre les pièces latines et celles des liturgies arméniennes, coptes ou juives, conduit à la même conclusion. Elles dérivent donc toutes d'une même source. Laquelle ?
En étudiant de très près les mélodies du rite Israélite espagnol, nous avons découvert : P que certains traits mélodiques existant dans nos répons de la semaine sainte, se retrouvaient notes pour notes, groupes pour groupes, dans quelques passages de ces pièces espagnoles ; 2** qu'une quantité innombrable de formules rythmiques hébraïques étaient identiques aux formules grégoriennes, à tel point que nous pouvions transcrire en neumes sangalliens, la presque totalité des groupes rythmiques de la mélodie hébraïque, ce que nous ne saurions faire avec nos mélodies occidentales. On sait que si le christianisme a certainement epiprunté au judaïsme un certain nombre de pratiques rituelles, les israéliles, eux, n'ont jamais rien emprunté aux coutumes particulières du catholicisme.
La tradition musicale s'est donc faite en sens inverse et le fait que nous venons de signaler le prouve péremptoirement. Le fleuve musical hébraïque
(1) Hymnes latines, proses, séquences neustriennes, cantiques populaires, musique profane de la renaissance, chorals religieux, drame ]>Tique moderne même, tout en Occident prouve cette tendance vers la clarté dans Texpression.
CANTILENE ROMAINE
lue à fixer, en plusieurs branches formant delta et ine, copte, arménienne, russe même, grégorienne, s importante de toutes, génératrice de la plupart
iration du passé musical chrétien, il ressort avec /iendra, que le style original seul a résisté à tous ; que ce style est hébraïque et qu'il s'est conservé e toutes les confessions chrétiennes à Tinsu des le un témoin de la filiation des pratiques reliisé au présent, sans solution de continuité.
ment de cette partie historique, nous donnons imméme de pièces musicales justificatives de notre exposé, opartenant aux répertoires étrangers dont il a été
Tableau généalogique de l'Art musical
Culture asiatique
(Etat inconnu)
Culture égyptienne
(Etat inconnu)
Ecoles de Thrace
Légendaires
de ? au viiics.av.J.C.
Culture orientale
Asie mineure, Chaldée
Palestine
Culture grecque Culture ionienne Culture religieuse hébraïque
hellénique Asie mineure : Continent et Iles (xf s. av. J. C. au if s. ap. J. C.)
(4 périodes) (vif s. av. J. C. au ?s.)
(viiF au iiF s. av. J. C.)
Culture gréco-égyptienne Musique sacrée syrienne (Ecoles d'Alexandrie) (de ? av. J.Ç. au ifs. ap. J. C.)
(iiF s. av. J. C. au iv« s. ap. J. C.
Nosiqne greqoe Musique gréco-romaiDe
diréUenne profane
ll« s. ap. J. C au Ville s. h*^ s. au IVe s. ap. J. C.
Musique sacrée Musique chrétienne Musique chrétienne syrienne
occidentale latine if au viif s.
(if au ixc s.) imiiaoaise future grégorieine)
iv** s. au (?)
Musique ecclésiastique
bjzanliDe
viii'*s. au XVII F s.
Musique grégorienne
VF s. — XF S.
Musique eccl. russe
x<* s. au ? s.
et
plusieurs réformes
aux xiiF s. et xix' .s.
PtaiD-<)haDl ei- grégorien
Réformée 1800-1830
Réfonne bénédictine de Soiesaes (187S.1905)
Ecoles contrapuntiques
XIIF s., xviF s.
Ecoles polyphoniques
des xviiie s., XIX» s.
Ecole moderne