‹ La cantilène romaine;Chapitre 26 sur 54 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

que Texpansion du christianisme syrien (1) allait propager par le monde romain un système universel, nouveau pour la plupart des contrées visitées par les missionnaires?

= D'une quatrième part, faisant un saut jusqu*au viii* siècle, nous trouvons que Jean de Damas (mort vers 756) a établi une notation dite damascénienne en réformant et en complétant une notation préexistante qu'un religieux, le P. J. Thibaut (2), de Constantinople, a baptisé du nom de notation consiantinopolitaine ; laquelle serait le produit du perfectionnement d'une notation antérieurement en usage, qu'il appelle notation ekphonétique, basée sur le principe du sens des accents grammaticaux grecs : Taccent aigu et l'accent grave (3). N'est-ce pas simplement sur les noms grecs /oxeia, bareiaj donnés à chacun de ces signes que l'hypothèse du principe a été proposée ?

Avant d'aller plus loin dans notre énumération des faits de notation et vu l'importance de cette question nouvelle dans la recherche de la solution historique qui nous retient, il convient d'élucider ce point.

La notation dite ekphonétique nous oiTre un cas bien curieux de ce que peut engendrer d'idées fausses une parole prononcée sans réflexion. En eflet, ces signes appelés oxeia et bareia existent encore, mais sous d'autres noms (uporrhoé et kentèma] dans la notation byzantine actuelle, et leur sens diastématique est précisément à l'inverse de ce que leur nom technique permettrait de supposer.

Voxeia (uporrhoé byzantin) X assimilé à l'accent aigu grec y indique un abaissement de la voix, ou émission d'un son inférieur au son précédent et, pour être plus exact encore, le signe indique deux sons conjoints descendants. O'. ex. 31.)

Etant donné un son mi, par exemple, représenté par un signe quelconque, si le signe suivant est une oxeia, les notes qu'il représente sont ré et ut en descendant.

/ (otdcL)

^x.îl

(1) C'est le chant syrien qui dut être le premier chant gallican, lequel fusionnant plus tard avec le chant ambrosien (syrien déjà latinisé), a produit en Espagne le chant mozarabe.

(2) Voir Mémoires du Congrès d'hiêtoire de la muêique de 1900,

(3; La notation ekphonétique est composée de 14 signes, la notaUon constantinopolitaine en compte 23 (9 nouveaux), la notation de Damas 27 (4 des anciens signes ne s*y rencontrent plus).

LA CANTILÈNE HOMAINH

La bareia (1) (kentèma byzantin) \ assimilé à l'accent grave grec y indique une élévation de la voix, ou émission d'un son supérieur au son précédent, et pour être exact encore, le signe indique un son supérieur à distance de tierce (2).]

Etant donné le son ut par exemple représenté par un signe quelconque, le signe suivant étant une bareia n^ , la note représentée sera un mi. Joignant l'exemple précédent à celui que nécessite cet exposé on aurait :

Page 1