Corpus, NIIL
comme si les officiers, les ingénieurs, les commerçants et les financiers romains retournaient mourir dans leur patrie.
Les Vandales et les Byzantins qui succédèrent aux romains furent sans doute moins nombreux encore, et la décadence générale de la latinité dut atteindre Capsa sous leur administration qui ne savait plus assurer la paix romaine, Mais l’anarchie, les progrès du catholicisme!, les luttes religieuses, les hérésies, en fortifiant l'autonomie du pays capsitain, accentuèrent encore le caractère nettement berbère des anciens adorateurs de Melkarth et de Baal-Saturne. Tantôt Donatistes?, tantôt adversaires des Vandales schismatiques, les évêques de Capsa et du sud-ouest de [a Tunisie donnèrent l'exemple de la rébellion contre le pouvoir central* : à l’instigation du clergé officiel arien, ils furent convoqués à Carthage, en 483, par le roi vandale Huneric, pour rendre compte de leur foi et de leur fidélité suspectes ‘. Plusieurs moururent martyrs : Lactus, évèques de Nefta, fut brülé vif avant l’ouverture même de cette conférence de Carthage ”; Vindemialis, évèque de Capsa, fut torturé et égorgé sous le règne de Thrasamond.
Mème les Berbères gafsiens ne se laissèrent pas entamer par les premiers immigrants arabes (vue siècle); ils conservèrent l'usage de la seule langue commerciale utile à leurs intérêts : « Les habitants de Kafsa, écrivait au xn° siècle le géographe El-Edrisi, sont devenus (lisez : sont restés) Berbères, et la plu-
1. Au ve siècle, toutes les cités et les gros bourgs du sud-ouest de la Tunisie, Capsa, Nefta, Tuzuros, Nara, Télepte avaient un évêque. En 481 ces évèques étaient : Vindemialis Capsensis, Laetus Neptinanus, Flortinus Tuzuritanus, Victor Narensis, Victor Talaptulensis. Durucu, Æasles sacrés de l'Afrique chrélienne, p. 436-8 (111).