DE LA BLANCHÈRE, l'Aménagement des eaux, p. 16 et
3, GNESTOUS, Bull, Dir, Agr. et Comm., 1902, p. 69 et 424,
at
à la seconde au printemps), et le déplacement de sables qu'ils entrainent énorme. « Au mois de mars 1857, écrit Charles Tissot, une colonne tunisienne chargte de lever l'impôt dans les oasis et que nous accompagnions, fut assaillie entre Kafsa et Tozeur, par une tempête qui dura soixante-douze heures. Le matin du troisième jour, la force du vent était devenue telle que quelques-uns de nos cavaliers furent renversés. Les chevaux les plus vigoureux étaient obligés de s’archouter sur leurs jarrets pour résister à la rafale. D'épais tourbillons de sable, emportant des débris de palmes sèches et des ossements de chameaux, obscurcissaient le jour à tel point que J'avais peine à distinguer le guide qui me précédait. Notre infanterie, errant au hasard au milieu de ces demi-ténèbres, dut marcher ou plutôt piétiner sur place pendant 20 heures pour n'être point ensevelie !. » À Tozeur, plusieurs centaines de dattiers furent enterrés jusqu'aux palmes par cette tempête de 1857. À El-Guettar, « les sables viennent comme les flots de la mer battre la lisière des palmiers protégés contre cette marée envahissante par des levées de terre? »; les deux villages d’El-Guettar et de Nechiou ont été bâtis à l'abri, au nord de l’oasis. Dans les bleds, les sources, les puits, les redirs sont aveuglés, les ruines romaines sont couvertes; des dunes se forment”.
Cette violence des vents de terre, du siroco chargé de sable mobile, avide de vapeur d’eau, est une nouvelle cause de sécheresse pour le pays : ce vent du sud active l’évaporation dans les dépressions profondes où le vent du nord lui-même, pourtant humide, absorbe déjà l’eau courante et stagnante, et dans les plaines favorisées où la pluie qui tombe plus souvent resterait volontiers à la surface du sol #.
. Cu. Tissor, Géogr. comparée de la province romaine d'Afrique, 1, p. 247.
. Privé, Bull. Arch. com. hist. el se., 1895, p. 93,
. BARABAN, 0p. cit., p. 56 et sq.
. Le siroco souffle à Gafsa de 3 à 5 jours en hiver, de 4 à 12 au printemps, de 5 à 30 en été, de 2 à 13 en automne. /ndicateur tunisien, 1905, p.406.
& Où
Ces conditions géologiques, orographiques et atmosphériques règlent le régime des eaux de la région de Gafsa.
Les nécessités locales, la composition variée du sol, les caprices du relief accentuent dans chaque vallée, son irrégularité générale et naturelle.
La vapeur d’eau apportée par les vents du nord et du nordest se condense brusquement sur le massif gafsien; l’eau ruisselle, le torrent se rue des pentes de la montagne, roulant les pierres et le sable dans les lits profonds des oueds creusés par l'érosion séculaire et brutale. La descente est si rapide que l’eau pénètre à peine le sol aride des djebels dénudés: elle lui arrache jusqu'aux dernières traces de végétation épineuse. Par les ravins aux ramifications innombrables, elle s’engouffre dans les déversoirs communs, les lits des grands oueds : l’oued Oum el-Ksob, prolongé par l’oued Baïach et l’oued Tarfaoui, l’oued Seldja, l’oued El-Leben, situé loin de Gafsa au pied du dj. Biadah et du dj. Zebbeus. Au voisinage de Metlaoui le lit sablonneux de l’oued Seldja est creusé à plus de 10 mètres de profondeur. En 1859 l’oued Baïach débordé submergea d’alluvions sablonneuses 50 hectares de l'oasis de Gafsa !.
Ces crues terribles durent quelques heures seulement comme les pluies orageuses qui les ont produites : l’eau courante, chargée de débris pierreux, perd sa force et sa vitesse en plaine, après quelques kilomètres de cours, sans atteindre la mer trop éloignée : elle pénètre dans les erevasses des lits d'oueds asséchés par de longues chaleurs, dans les sables fins des dépressions quaternaires; l'évaporalion ? achève de l’absorber; et les thalwegs redeviennent jusqu'au prochain orage les routes préférées des caravanes et des troupeaux.
Cependant, au fond de toutes les plaines fermées et sans écoulement vers la mer, à l’est, au point le plus bas ou le