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moins perméable, les eaux s'accumulent, trop abondantes pour disparaitre si rapidement : mais elles s'évaporent peu à peu et laissent à la surface des lagunes la couche chaque année plus épaisse des dépôts minéraux et salins qu’elles contiennent : ce travail des eaux stagnantes produit les garaats, les sebkhas, les chotts : la garaat Ed-Douza, la garaat El- Oglat, la sebkha d'El Guettar, la Sebka en-Nouaïl, le chott El-Rharsa, Le chott El-Djerid. Ailleurs, l’eau reste sur le sol pendant quelque temps, sans laisser d'autre trace qu'une légère poussière blanche et salée. Entre Lalla et El-Guettar, au passage de l’oued Tarfa et de l'oued Fouar el-Kram, où l’argile quaternaire est voisine de la surface, la route et marécageuse après les pluies !. « Auprès de la koubba de Sidi Ali ben Aoun, et dans un lit d'oued sablonneux où poussent de nombreux lauriers-roses, on trouve de l’eau stagnante en très grande quantité, mais qui se perd par infiltration à la sortie des montagnes ?... », où sans doute l'étage argileux s'enfonce plus profondément.
Dans les poches argileuses superticielles, l'eau séjourne plus longtemps encore, parfois une année entière, et forme un certain nombre de mares, redirs et oglats, où les troupeaux viennent boire et qui sont entourés d'un peu de végétation, comme les sources? : redirs de Majen Sinaoui (à 39 km. au nord-est de Gafsa) entourés de jujubiers, de genêts et d’une excellente eau dans la saison des pluies; redirs nombreux de Thalah et de l’oued Serg, entourés de gommiers; redirs de la chaine du Cherb, du dj. Zitouna, du dj. Tarfaoui, de la haute plaine tertiaire du Seldja et du massif des dj. Jellabia et Sehib; oglats dispersés sur tout le territoire de Gafsa.
Quant aux eaux absorbées par les terrains sablonneux et qui ont échappé à l'évaporation immédiate, elles sont encore exposées aux influences atmosphériques ; elles remontent peu à
1]. Jinéraires mililaires, 1884-85, p. 109.
2, Paul GauckLer, Enquête sur les installations hydrauliques, ete., I, p. 195. 3, Itinéraires militaires, 1882, p. 12.
peu par capillarité, attirées par l'air sec et chaud ; à une profondeur plus grande, elles demeurent en suspension dans le sol; aux environs de Sfax, le terrain très perméable, analogue à celui des plaines de l'Oum el-Ksob, ne contient pas d’eau à la surface; mais il en contient jusqu'à 6 % à 0,20 de profondeur, 10 % à 0",50, 14 % à 4 mètre : l'olivier et les cultures arbustives peuvent y prospérer sur de grandes étendues ef les puits y fournissent une quantité d'eau relativement considérable!.
Le surplus de cette eau, filtrant à travers le sable, vient s'accumuler au-dessus des couches imperméables du loehm argileux quaternaire dont l’affleurement produit une série de sources : un simple relèvement de ces couches suffit à faire réapparaître à la surface l’eau souterraine qui chemine en profondeur sous le lit des oueds ou qui s’est accumulée dans des poches; le filet d’eau de l’oued Baïach à Gafsa est dû sans doute à un phénomène de ce genre ainsi que l’Aïn Oum el- Ksob, les sources souterraines des puits d'El-Guettar, probablement l’Aïn Guettar et les sources de Zenati qui fournissent un peu d’eau courante, en toute saison, à la vallée supérieure de l’oued El-Leben?*, et les sources qui alimentent le chemin de fer de Sfax à Gafsa.
L’Aïn Oum el-Ksob coule pendant 1 kilomètre en été, 5 ki-. lomètres en hiver : la nappe aquifère qui la forme est assez voisine du sol pour favoriser une végétation abondante de jones, d'iris et de plantes aquatiques dans la région voisine *,
De même, à l'oglat Merethbat, l’eau souterraine est abondante, en toute saison, à 0",50 de profondeur; le bois et l’alfa poussent dans les environs#, Le Bir Gouifla, dans le bled Tarfaoui, est « un simple trou creusé dans le sable où l’eau