Tissor, op. cil., IE, p
3. Tissor, op. cit, Il, p. 673. — Corpus, VII, n° 152 et p.28. Urbanilla mihi conjux verecundia plena sita est, Romae comes negotiarum, socia parcimonio fulta, Bene gestis omnibus cum in patria mecum rediret, Au Miseram Carthago mihi eripit Sociam.
Nulla spes vivendi mihi sine conjuge tali :
Ia domum servare meam illa et consilio juvare,
HISTOIRE ÉCONOMIQUE. Er
Seuls en effet des gens riches pouvaient s'élever dans les plaines de la Tunisie des tombeaux importants et penser, comme le dit la poésie du grand mausolée de Kasrin, que « la vie est courte et que nos jours passent rapidement, mais que l'on a trouvé le moyen de prolonger le souvenir des hommes, c’est
de construire un beau tombeau et de l'orner d’une épitaphe digne de lui »f,
Sous la domination vandale et byzantine, Capsa contribua certainement au commerce des huiles, des dattes et des fruits, peut-être même au commerce des riches tapis de laine, très florissant encore dans l’ancienne Province romaine?. Un mausolée chrétien signalé par M. Cagnat à l’Henchir Semah, près de la garaat Ed-Douza, indique que le pays était encore cultivé et prospère pendant la basse époque *.
Néanmoins la décadence de l'empire romain, les progrès des nomades “ et les exigences fiscales du pouvoir central sous la domination vandale et surtout sous la byzantine, durent exercer une influence fâcheuse sur la prospérité agri-
Luce privata misera, quiescit in marmore clausa. Lucius ego conjux hic te marmore texi Ane nobis sorte dedit fatu cum luce daremur (sic).
1. CaGxar, La Tunisie à l'époque romaine, dans La Tunisie au XXe siècle, p. 217. — Pour construire ces monuments funéraires, les édifices de leur cité et les travaux de leurs exploitations agricoles, les Capsitains mirent en exploitation la grande carrière du Rhar Gellaba, dans le dj. Assalah, encore encombrée aujourd’hui de blocs à demi équarris et dans laquelle, au dire des indigènes, il faudrait marcher une journée pour en atteindre le fond. Guérin, op. cit., I, p. 286. M. Fuchs dit avoir reconnu, dans le dj. Bou Hedma, les traces d’une exploitation minière romaine considérable où il à constaté l’existence de minerai d’or. Peut-être cet or provient-il simplement, comme celui de la plage de Carthage, de tombeaux et de ruines voisines inexplorées. Tissor, op. cit., I, p. 258; VIVIEN DE SAINT-MARTIN, 0p. cil., art. Tunisie, p. 886 et 801 ; Bull. Arch. com. tr. hist. el sc., 1898, p. Liv.
2, Marcus, Histoire des Vandales, p. 212, 214. 3. CAGNAT, Explor. épigr. el arch., II, p. 71. À. Appendice, p. 197 et sq.
. Id, — DieuL, 0p. cil., passim.
cole et commerciale de Capsa, en menaçant les récoltes et en rendant plus difficiles les transactions avec l'extérieur. Les premières invasions arabes durent accentuer cetle décroissance de la prospérité kafsienne !.
Mais au x° siècle Kafsa faisait encore grande figure dans le sud de la Tunisie : « c’est une belle ville, écrit le commerçcant arabe Ibn Kaukal; elle possède des jardins, des vignes, et quelques plantations de dattiers »; et le même écrivain signale l'existence de la bourgade de El-Ksour es-Selas, « les trois châteaux », peut-être l’ancien CastellusThigensium transformé, entre El-Hamma du Djerid et Kafsa; au nord il nomme plusieurs « villes » dispersées dans le pays de Gamouda*? : le bled était donc encore habité et en partie cultivé six siècles après l’arrivée des Vandales en Afrique. À la mème époque
- les oasis du Djerid, Tozeur et El-Oudiane entretenaient avec le marché de Gogo sur le Niger des relations commerciales auxquelles Kafsa ne devait pas être étrangère *.
Au x1° siècle, le géographe El-Bekri donne de Kafsa une description plus flatteuse encore : « Kafsa, écrit-il, est la localité de la province de Kairouan qui produit le plus de pistaches ; on les envoie dans toutes les parties de l'Ifrikja et même jusqu’en Afrique, en Espagne et à Sildjismessa. On y trouve yne espèce de datte semblable à un œuf de pigeon. Les fruits que l’on cultive à Kafsa servent en partie à la consommation de Kafsa. Dans les environs de la ville on compte plus de 200 bourgades florissantes, bien peuplées et arrosées, tant à l’intérieur qu'à l'extérieur, par les eaux... On désigne ces villes sous le nom de Kosour Kafsa “. » Quelle que soit l'interprétation exacte qu'il convient de donner à ces lignes et à cette description peut-être trop enthousiaste, il semble bien que ce nom de Ksour Kafsa désignait toutes les exploitations et
l. Appendice, p. 198 et sq.
2. [8x Haukar, Descriplion de l'Afrique, Journal asiat., IS, p. 244. 9. Duveyrier, La Tunisie, p. 108. — ScniruEr, Le Sahara, p. 332.
L EL-Bexrt, Descriplion de l'Afrique septentrionale, 114-115, 176-177.
les hameaux épars, comme aujourd'hui, dans l’oasis jadis plus étendue et dans les bleds les plus voisins encore couverts d'une partie de leurs cultures d’abres fruitiers. Cette persistance des plantations du pays kafsien nous semble la caractéristique de la région pendant les premiers siècles de l'époque arabe. Elle est confirmée encore par El-Edrisi qui signale au x1r° siècle « autour de la ville, dont les bazars étaient très fréquentés et les faubourgs prospères, de nombreuses plantations de palmiers, des jardins, des vergers et des maisons de plaisance », peut-être d'anciennes villas romaines, des cultures « de céréales, de henné, de cumin et de coton ! ». Un siècle plus tard enfin, Aboulféda mentionne le grand nombre des arbres à fruits de Kafsa ?.
Cette prospérité très satisfaisante de l’oasis correspond au règne de la dynastie kafsienne de Beni er-Rend : elle en explique sans doute la force *. En effet, la situation politique de Kafsa était étroitement liée à sa prospérité économique : la langue latine-grecque parlée par les habitants de Kafsa au xin° siècle # était non seulementun vestige de l'occupation du pays par les Romains, mais une nécessité du commerce de l’oasis restée en relations avec l'extérieur; et la résistance des habitants et des chefs de Kafsa aux khalifes du nord ? était la conséquence de leur richesse, de la confiance et de l’âpreté à se défendre que celle-ci leur donnait.
Cependant la difficulté croissante des communications ct des transactions avec l'Afrique convertie à l'Islam et l’Europe également transformée; les progrès du nomadisme et le voisinage de tribus arabes pillardes comme les Hammama; les guerres incessantes que Kafsa soutint contre le pouvoir central et qui se terminaient presque toujours par la destruction
EL-Enmsr, Géographie, 1, 253.
AgouLrépa, Géographie, Il, p. 197.
Appendice, p.200 et sq.
EL-Eprist, I, p.253.
Appendice, p.300 et sq.