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d'une partie de la palmeraie et des jardins !, forcèrent les Kafsiens à abandonner peu à peu leurs cultures du bled, diminuées déjà avant l'invasion arabe. Les olivettes abandonnées, livrées au pâturage des nomades, disparurent sans doute à peu près complètement; les travaux hydrauliques tombèrent en ruine et les Kafsiens perdirent la richesse avec la pratique de leurs procédés agricoles; beaucoup d’entre eux même, pour vivre, durent entrer dans les tribus nomades dont le sang arabe est mêlé de sang berbère ? : la nature livrée à elle-même reprit ses droits, et le pays s’achemina vers l'état géographique et économique où il se trouvait douze ou quinze siècles auparavant, à l’arrivée des Romains, et six ou sept siècles plus tard au moment de l'occupation française.
Au xvr° siècle en effet, il y a bien.encore au dehors de la ville « possessions infinies d'olives, d’oranges et dattes, lesquelles sont des meilleures et plus grosses que l’on saurait trouver dans toute la province et les olives aussi dont on reüre de l'huile bonne en toute perfection, tant en goût savoureux comme en naïve couleur. Là se trouvent quatre choses bonnes et commendables, dattes, olives, toiles, et vases. Mais, ajoute aussitôt Léon l'Africain, auteur de ces lignes, les édifices de la cité sont de laide montre, hors le temple et quelques autres petites mosquées. Les rues sont fort larges et pavées comme celles de Naples et de Florence (ce qui est un reste de l'occupation romaine et de l’ancienne prospérité de Kafsa). Les habitants sont civils, mais fort nécessiteux pour être par trop oppressés du roi de Thunes » et, sans doute aussi, ruinés par la destruction des plantations du bled; à cette époque le service de la voirie n’était plus fait depuis longtemps et les émanations malsaines des jardins donnaient aux habitants de la cité, serrés sur un petit espace et sans
1. Jd., p. 202 et sq. EL-Tinant, Voyage dans la régence de Tunis, Journal asial., 1852, p. 188-189.