Supra, p
férence dans les parties du bled les plus sèches et ne nuit pas ainsi aux meilleurs pâturages ; sa présence contribue même à empêcher le déchaussement et le ravinement excessif des pentes et l’envahissement des bas-fonds par l’eau torrentielle ou le sable. Elle ne se prête malheureusement pas à une culture méthodique et la plus grande prudence est nécessaire pour éviter qu'elle disparaisse par suite d’une exploitation défectueuse ou abusive f.
Dès le début de l'occupation française, en 1881, un Français reçut le monopole de l'exploitation de l'alfa dans les montagnes situées à l’est de Gafsa (dj. Bou Hedma, dj. Madjourah, massif d'El-Ayaïcha et du Bou Haddège), et le céda à une compagnie anglaise qui entreprit d'exporter l’alfa par le port de la Skhira, au préjudice des indigènes qui en faisaient auparavant le commerce pour leur compte personnel, et au détriment du port de Sfax *.
En 1887, la déchéance de la compagnie fut prononcée et l'exploitation de l’alfa redevint libre. Mais la concurrence des alfas algériens et tripolitains, l'existence d’un droit de sortie élevé, firent tomber les cours à la Skhira et à Gabès de 7 fr. 50 ou 8 francs les 100 kilogrammes en 1888 à # francs ou 5 francs en 1898. Ces prix cessaient d'être rémunérateurs pour les indigènes du pays gafsien obligés de transporter leurs alfas par caravanes jusqu'à la côte ‘.
La construction du chemin de fer de Sfax à Gafsa a modifié cette situation.
Les indigènes des Ksours montagnards et des douars voisins coupent l’alfa dans la montagne et le bled et l’apportent à dos d'âne ou de chameau aux gares du chemin de fer : le produit de leur vente suffit pendant des semaines à leur subsistance, et
l. Rivière et LECQ, op. cil., p. 287-288.
2. DE LanEssaw, La Tunisie, p. 53. — Trinow, L'alfa tunisien, R. C. G., 1898, p. 45 à 47.
3. 1 piastre ? par quintal tunisien, Rapport au Président de la République , 1904, p. 577.