Du Paty df. Clam, Ibid. — Salluste, Ibid
•l Strabon, XVII, trad. Tardieu, III, p. 479.
4. Mercier, op. cit., p, 65. Salluste, Jiig.y lxxx, lxxxix, xci.
de Salluste pourrait sembler écrit par un de nos ofGciers d'Afrique : le climat, l'aspect des lieux, les procédés tactiques, l'organisation des convois et des étapes, presque rien n'a cbang'é depuis vingt siècles, et M. du Paty de Clam a pu reconstituer jour par jour la marche de Harius sur Capsa^
M. du Paty de Clam écarte l'itinéraire établi par Tissot qui fait passer Marins, parti des environs de Sicca, par Kasrine (108 m., 162 km.), Sidi Aich et Capsa (6i m., 96 km.}, en six étapes de jour et trois de nuit : Finsuffisance de l'eau en été, dans le lit naturel de Toued Ed-Derb i assimilé par Tissot au fleuve Tana de Salluste >, malgré l'existence d'un barrage construit deux siècles après Marius; la longueur probable de la dernière marche de jour 25 m., 37 km. 5) et des trois marches de nuit de cet itinéraire ; la fréquentation par les indigènes de la piste de Capsa à l'oued Ed-Derb, seule bonne route vers le nord; certains détails topographiques sont des arguments sérieux contre la proposition de Tissot.
Au contraire l'itinéraire relevé par M. du Paty de Clam, de Thigibba à Tucca Terebinthina ilO m., 15 km.), à Sufibus i25 m., 37 km. 5), à Sufietula (25 m., 37 km. 5), à Nara (15 m., 22 km. 5^ à Madarsuma (25 m., 37 km. 5;, au fleuve TiiTJa (Bordj de TO. Ei-Lcben : 12 m., 18 km. à Fhenchir El- I'erdji2im., 36 km.) à Mzara SidiMoehress (20 m., 30 km. \ aux ( ollines d'El-Ksar, à 2 ou 3 milles de Capsa (18 m., 27 km.S présente de grands avantages : pendant cinq jours, jusqu'à M;idnrsuma, le but véritable de son expédition reste inconnu, « occultum »; l'oued El-Leben, bien connu des anciens soldats de M^'tellus, fournit largement l'eau nécessaire ; son débit de 100 litres à la seconde permet de terminer rapidement la corvée et de donner aux troupes six grandes heures de repos avjint la première marche de nuit ; les dernières étapes ne sont
L SALLUSTE, Lxxxix-xcii. — Du Paty i»k Clam, Élude sur le sièyc de Thala jiitr Mt'lelhis et sur la marche de Marius sur (iafsa, H. Géoyr., 1889, 437-440. — Tii^^OT, op. cil. y I, p. 81-87; II, p. 669.
pas trop longues, et rarmée arrive à Timprovisle devanl Capsa, par la route désertique du bled El-Hamra que les Ksourieus pouvaient croire impraticable pour une armée romaine.
Il faut lire dans Salluste le récit de ce raid militaire. « Le^ habitants de Capsa, bien défendus contre Tennemi par leurs remparts, leurs armes et leurs soldats, Tétaient mieux encore par la difficulté des lieux; car excepté les environs de la ville, tout le reste était désert, inculte, sans eau, infesté de serpents, dont la nature malfaisante, comme celle de toutes les bêtes sauvages, s'irrite encore par le manque de nourriture et surtout par la soif. La conquête de cette place excitait vivement Tambition de Marins, tant par Timportance que par la difficulté de Fentreprise... Marins était menacé de manquer de grain. Les Numides aiment mieux laisser leurs terres en pâturages pour leurs troupeaux, que les ensemencer. Toute la récolte avait été, par ordre du roi, transportée dans des places fortifiées; les champs étaient arides et dépouillés de leurs moissons à cette époque de Tannée, car on touchait à la fin de Tété. Cependant, Marins prend des mesures aussi sages qu'il était possible dans la circonstance ; la cavalerie auxiliaire est chargée de conduire tout le bétail qu'on avait pris les jours précédents. Il ordonne à Manlius, son lieutenant, d'aller avec des cohortes légères à Laris ( H' Lorbeus) où étaient en dépôt la solde et les munitions, et lui promet de le rejoindre dans peu de jours pour piller le pays. Ayant tenu secrète son entreprise, il se dirige vers le fleuve Tana (oued El-Leben). — Pendant la marche, il faisait tous les jours des distributions de bétail par centuries et par escadrons, ayant soin qu'on fit des outres avec les peaux. Par ce moyen, il suppléait au manque de blé, et se ménageait, à Tinsu de tout le monde, une ressource dont il aurait bientôt besoin. Enfin le sixième jour, loisqu'on arriva au fleuve, une grande quantité d'outrés se trouva préparée. Après avoir légèrement fortifié le camp (Cordj de Toued El-Leben, près de S' Abd el-Kasr , il ordonne à ses soldats de prendre de la nourriture et de se tenii*
prêts à partir au coucher du soleil. Il leur recommandé de laisser tous leurs bagages et de se charger d*eau seulement, eux et leurs bêtes de somme. — A Theure fixée, il décampe, marche toute la nuit et se repose (à Thenchir El-Ferdj). Il fait de même le lendemain (à lizara Sidi Moehress). Le troisième jour, bien avant le lever du soleil, il arrive dans un lieu couvert d'éminences et éloigné de deux milles environ de Gafsa (collines d'El-Ksar, au voisinage de la redoute). 11 s'y tient caché le mieux qu'il peut avec ses troupes. — Au point du jour, les habitants qui ne craignaient aucune hostilité sortent en foule de la ville (dans les jardins). Aussitôt Marins ordonne à toute la cavalerie et aux fantassins les plus agiles, de courir vers Gafsa et de s'emparer des portes : lui-même les suit lentement et en bon ordre, sans permettre aux soldats de piller (en longeant Foasis d'El-Ksar à Gafsa). Les habitants s'aperçurent bien du danger; mais le désordre, la frayeur extrême, le malheur imprévu, la prise de tous ceux qui se trouvaient hors des murs, obligèrent les habitants à se rendre. La ville fut livrée aux flammes, les jeunes gens passés au fîl de Tépée, tous les autres vendus et le butin partagé aux soldats ^ » (107 av. J.-C.}.
L'effet moral produit par cette expédition fut considérable : (t Après la réussite d'un coup si hardi, écrit Salluste, sans avoir perdu un seul homme. Marins, déjà grand et illustre, grandit et s'illustra eupore. Des projets trop légèrement hasardés pas- SîtieiU pour un effort de génie. Les soldats, traités avec douceur et enrichis en même temps, élevaient au ciel leur général. Les Numides le regardaient comme un être au-dessus de riiomme; enfin tous les alliés et les ennemis lui attribuaient une intelligence divine, ou croyaient que la volonté des dieux lui inspirait toutes ses actions. Le consul, animé par cet heureuv succès, se présente devant d'autres villes. Quelques-unes, malgré la résistance des Numides, sont prises; un plus grand
L Salluste, ./i/<y„ lxxxix, ci, trad. Belôzo, ôdit. Nisanl.
histoire: militaikë. \m
nomi3re, abandonnées par leurs habitants qu'épouvantait le désastre de Capsa,sont livrées aux flammes; partout Marius répandait la désolation et le massacre ^ »
« Le souvenir de cette expédition qui fit considérer Marins par les Numides comme un être au-dessus de riiumanité, s*est conservé jusqu'à nos jours dans la tradition locale. Les improvisateurs arabes racontent encore la lutte qulskandrr D*ou 1 Kourneln^ eut à soutenir contre le roumi Marous : ^^ Wkander ayant fermé tous les passages qui conduisaient îi Gafsa, sa capitale, Marous, dit la légende, se tailla un chemin dans le roc enire le dj. Mazouna et le dj. Madjour.), et Ton voit encore les traces qu'ont laissées les mains gigantesques de ses soldats sur les parois du défilé de Khanguet Goubrar ^ i»
Marius abandonna Capsa après Tavoir mise à sac. L'cHet moral produit sur les habitants de la région avait été suffisnntf et Téloignement de l'oasis, les difficuKés des communications ne permettaient pas rétablissement immédiat d'une garniîion à Gafsa : la position était « trop en Tair ». Capsa resta nu'^rne