‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 105 sur 133 · l»mvK,oy>. cit., p · texte numérisé non relu

l»mvK,oy>. cit., p

:;. LiAHtMiiivUG et Saiîlio, art. CmtfUitmy p. 937, t. 1, v. 2. • Virgile (IV, 10) itil qu'on appelait burgus un castelliim de petite dimension : on fait dériver rt' Nuin du ^Tcc, TTupyo;. Nous ferons remarquer que d'autres mots analogues, le fiuftf ti+^s Allemands, notre bourg primitif et le bordj des Arabes, expriment MliNuliîiiit^ti! la môme chose. Les soldats et les indigènes qui occupaient les terres voisines des burgi à charge de les défendre, les occupaient dans aes Gundition^ toutes spéciales •. 11 est probable que les Romains ont pris aux Barbares ce nom qu'ils donnaient aux fortins élevés sur leurs frontières. Le mot se ■'«encontre avec cette signification de» le n* si'cie, dins hs inS(Tip- Ut»rîs,.. liKMtR, Inscr. df VAlyévie.

les ceatpcs import ints, à Aggarsel, Nepte (\eftai, et sans doute à Capsa et à Théle[)te, prêles à se porter rapidement sur les points menacés et à la poursuite des pillards* : organisation très voisine de celles de nos territoires militaires et particulièrement de la subdivision d*Aïa Sel'ra.

A Tabri de ces liîjnes fortifiées Toasis de Capsa prospéra en toute sécurité et des cités nouvelles purent se fonder dans les plaines voisines qui se couvrir«»nt de cultures et d'établissement agricoles. Assurés du maintien de l'ordre et soucieux surtout du développement économique du pays, les Romains laissèrent aux indigènes la liberté de s'administrer à leur guise. Capsa et probablement Thélepte, Ammaedara, T\u\sarte, Silesua, Tbigès, Tusuros et les cités voisines furent des communes autonomes, des naliones- administrées par dos sulfèles ^ et l'élévation de Capsa au rang de municipe fut une distinction flatteuse accordée aux Capsitani pour récompenser leur tranquillité; les décurions* remplaciirent les suflV'te^ dans la gestion des intérêts locaux; les Ksouriens prirent le titre de cit>yens romain s mais ils conservèrent à leur ^ré lcur> règle;nents et leure coutumes religieuses et politi(iues particulières, à rintéricui* de la cilé^. Ils témoignèrent leur reconnaissance en élevant un arc de triompbe, encore visible, à l'empereur Hadriea, fondateur du municipe, avec rauturisation de leur puissant patron le proconsul de Carlhage^L

1. CA«iNVT, (f/j. cil., p. IK), 101, lîi:{, 217, passim. La cohorte !• Chalcidcnorum e/aitafa (luixto) s'établit à Anolianuni on 1G3 : Boissiek, op. rit.^ j). WMF^ lit*lu:;.

2. Punk, V, iv. Toltais, Les cites rfHnain".s iVAfriquef p. 298.

3. ToLTAi.N, op. cit. y p. 311-310, cl jiart. 315, et Inscription du dj. Askcr , hr. cit., p. 2(J3.

4. Corpus, VlII. p. 22, n« ÎH. — Id., n"" 111, 820, S2î», STiS; Suppl., n»* 1[>(2L l'^m, 11372, 11780, laTiSH, 155811.

5. TouFAiN, Les cités romaiiws, j). 320-328, 33î>. — Aulu-Geu.e, .\oct. AUic,^ XVI. 13.

0. Corpus, YUI, n" ÎH. —Tour vin, op. rit., p. :J37, X)l), 30t).

100 LA r,\FSA ANCIENNE ET MODERNE.

Quand Capsa devint colonie et fut soumise au droit romain, il est bien probable qu'elle conserva son autonomie administrative*.

Les seules obligations que Rome lui imposa furent le paiement de Timpôt'^ et le culte d'Auguste dont les flamines pcrpeiui sont mentionnés par plusieurs inscriptions de Capsn, et dont le lemple orné de marbres, de stntues et de portes d'airain, fut élevé par souscription publique ou par ordre du municipe, « coemtis spatis », et inauguré au milieu de Testins et de jeux qui durèrent trois jours -^ L'impôt tance de Capsa dut augmenter sans cesse sous Tempire romain et au vr siècle, la cité mérita le surnom de Jnstiniana et devint, avec Leptis, la résidence du dux byzantin de la Byzacène '».

Il est assez délicat de déterminer dans quelles limites administratives s'étendit le pouvoir des sufTètes et des décurions do Capsa, et se développa la vieille cité berbère sous la domination romaine^ : nous en sommes réduits à des hypothèses basées sur les conditions géographiques du pays et la répartition des groupes agricoles et des établissements hydrauliques ruinés et sur remplacement probable des cités voisines.

C'est ainsi que le territoire de Capsa nous parait avoir été très étendu : il aurait compris à notre avis toute la plaine de roiim i^l-Ksob et la plaine du Seldja jusqu'au dj. Zimra, et jiiM|n a lîi frontière algérienne, qui coïncide avec une limite montagneuse naturelle, et au plateau de Fériana, englobant le

I, Tabli* 4c Peutingor; Corpm, VIII, p. 22. Capsa, écrit M. Cannât {op. cit., p. Xi'.h, tlL'vïnt colonio - peut-être • sous Trajan en m^mc temps que ThamugB^h, [railJeitrs un ^rand nombre de cités d'Afrique reçurent le titre de colonie* il IM suit<^ de la lutte de Septime Sévère contre Prescenius Niger et Clodius Alliinns tl!»n'212) : peut-être Capsa fut-elle élevée au rang de colonie à cette <''poi|ue. La lable de Peutinger fut dressée par ordre de Théodose (îî7îVïîïr>). ToLTAts, p. :U0. — TouTAiN. op. cU., p. 32fls3:M.

ti. TolTAl^, op. rit., p. 220. — Caonat, La Tunisie à Vépoqtie romaine, p. 251.

Il CutpuK, VIII, n" 1(X); n«* 11231, I123() (suppl.). — Cagnat, Explorât. Aixh. *^t éphjr,, nu p. 6G, n- 10r>. — Id., /?m//. arch. c. ir. hist. el se, 1887. p. 2,%. — iV>iTviH, ftp. ni., p. 211. — Saclio et DAUEMBEitr., art. Flamen.

t, (Vir//ir.s VIII, n" 101-102.

Tu TniiMV, op. r;/., p. 311-317.

bourg de Gemellae * (Sidi Aïch), « la ville ruinée » de TOum el- Ksob et tous les henchirs indiqués par la carte d'état-major de cette région. H se serait étendu à Test jusqu'au fond du bled Souenîa et du bled El-Hamra, au sud jusqu'à El-Guettar, au dj. Berda, au dj. Sehib et aux terrasses de Thenchirlfel et du bled Amilcs-Stah. Cet ensemble de plaines fermées, toutes convergentes vers Gafsa, desservies par les voies militaires que nous avons indiquées plus haut-, et par les routes séculaires de Thenae (Sfax) et deSuffetula (Steitla), forme un tout homogène dont Capsa était le centre et le marché naturel.

La cité de Théleple, le bourg de Nara (Bir El-Hafey) et la cité d*Ammaedara bordaient au nord*ouest et au nord le territoire de Gafsa; la cité de Thasarte et peut-être de Veresuos, à Test, devaient comprendre tout le bled Segui et la vallée de l'oued Besbès, région géographique nettement circonscrite, peut-être aussi les ruines voisines du Thala et la rive septentrionale du Chott El-Fedjej. Enfin, au sud, la cité de Thigès, s'élendant sans doute jusqu'aux Ksours Zitouna et El-Asker et jusqu'à Ad Turres (Tameghza), séparait Capsa des cités du Djerid.

Il est d'ailleurs probable que la régiou montagneuse d'Kl- Ayaïcha, la région du djebel Sehib, où l'on a relevé peu de ruines, et les bords des garaats et des sebkhas étaient réservées en partie aux pasteurs nomades et placés sous Taulorité des Praefecti genlium dont les fonctions paraissent analogues à celles de nos officiers des bureaux arabes et de nos contrôleur civils 3.

S'il est difficile d'établir d'une fa^-on précise ces divisicms

Page 1