‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 19 sur 133 · Du Paty de Clam, op. cit., p · texte numérisé non relu

Du Paty de Clam, op. cit., p

5. Vivien de S'-Martin, loc. cit. -- L'écart le plus fort constaté à Tozeur avant 1897 est de 53".

tenses; mais le soir, même en plein été, la température baisse brusquement, peu après le coucher du soleil, à cause de la faible quantité de vapeur d'eau contenue dans Tair^ : les nuits sont toujours très fraîches après les journées parfois brûlantes.

Les roches et le sol desséchés se désagrègent et éclatent sous l'influence de ces écarts, de ces sautes brusques de température qui achèvent l'œuvre de destruction commencée par l'érosion.

Les plantes, les animaux et l'homme ressentent vivement les effets de ce climat essentiellement continental.

En effet, peu d'espèces arborescentes peuvent vivre dans cette atmosphère trop sèche et sujette à des changements si brusques de température. Celles qui subsistent doivent être favorisées par des accidents locaux : exposition aux vents bienfaisants du nord-est, replis de terrain, meilleure composition et sécheresse moins absolue du sol.

« Toutes les chaînes crétacées qui séparent les divers plateaux semblent dénudées depuis la plaine. Hais si on pénètre dans les ravins qui les divisent, on trouve toujours dans les parties escarpées des arbres épars qui ont résisté jusque-là à la dent des animaux et à la hache des indigènes. Les principales essences sont le genévrier de Phénicie, le pin d'Alep, le batoum, l'olivier sauvage, l'amandier, quelquefois le peuplier dans les endroits frais ))2. Les gourbis de Sened, de Sakket, d'El-Ayaïcha, sont charpentés avec des poutres tirées de ces arbres. Il y avait, en 1905, 11.202 oliviers sauvages sur le territoire des caldats de Ga£sa et des Hammama, la plus grande partie disséminés, en dehors des jardins cultivés des oasis. Les Sfaxiens s'approvisionnent dans le djebel Bon Hedma de plants de pistachiers

1. Moins de 55 centièmes en été, moins de 70 centièmes le reste de l'année (Indicateur Tunisien, 1905, p. 505).

2. L. Tellier, note sur la disparition des boisements dans le sud de la Régence, BuU. Dir, Affr. et Comm., octobre 1898, p. 49.

(betoum) à greffer. Un bouquet d'une vingtaine de genévriers de Phénicie occupe rextréraité du Khanguet Goubeul, entre Férianaet Bir Oum Ali. Dans le dj. Orbata, poussent également quelques genévriers exploités par les indigènes. On trouve encore un groupe de cinq beaux betoums, autour d'un redir, à 32 kilomètres de Gafsa, sur la piste de Kairouan, et quelques pieds isolés sur la route de Fériana, sur celle de Sfax, près de Sened et de Madjourali K II y a de vieux oliviers, des figuiers de Barbarie et des aloès, dans la plaine quaternaire de TOum el-Ksob, des lauriers roses dans la plupart des thalwegs importants et légèrement liumides, quelques palmiers isolés et chétifs (à TAïn Abdou).

A la base de la chaîne bien arrosée du dj. Bon Hedma et du Bon Haddège s'éteod une végétation d'acacîas gommifères de l'espèce gayal, producteurs d'une gomme arabique d'aussi bonne qualité que celle du Sénégal. Les arbres épars sur toute la vaste étendue du bled Thala sont « espacés de cinquante mètres en moyenne, c'est-à-dire qu'il n'en existe pas plus de quatre par hectare sur une surface de 30.000 à iO.OOO hectares au moins. Le gommier, ou acacia gummifera, occupe dans le Thala la position la plus septentrionale en Tunisie.

« C'est un arbre ne dépassant pas une hauteur moyenne de 8 mètres, à la cime étalée en forme de parasol. Les plus gros que nous ayons vus ne mesuraient pas plus de 0*^,90 à 1 mètre de circonférence. Leur croissance est donc très lente, car leur Age compté sur la découpe d'une branche principale est au moins de cent cinquante ans. L'écorce du tronc est à peu près semblable à celle de l'acacia ordinaire, celle des branches est lisse et celle des rameaux d'un rouge prononcé... Le bois est de couleur brun rougeàtre, nuance intermédiaire entre celle du noyer et de l'acajou, avec un aubier

1. L. Telliek, ibid. — IIia, la véf/élcUioti naturelle, la l'unifde au début du A'A* siècle, p. 78 et sq. — Rapport au Président^ 1905, p. 507.

blanc jaunâtre ; c'est un bois très dur à couches concentriques serrées, et susceptible d'un beau poli, ce dont nous avons pu juger à El-Ayaïcha, où le gommier a été utilisé pour construire des baraquements, fabriquer des bancs, des chaises. Ce serait, en résumé, un très bon bois d'industrie et de travail. Il est probable que toute cette vallée ne formait autrefois qu'une immense forêt de gommiers qui se sont éclaircis peu à peu sous les déprédations des indigènes et sous Taction dévastatrice du pâturage... Les troupeaux broutent (oute la végétation et particulièrement les bourgeons et les rameaux épineux des gommiers. Le chameau atteint aisément les pousses du sommet, et c'est à cet abroutissement qu'il faut attribuer le peu de hauteur des cimes et leur forme en parasol. Quant aux jeunes plants provenant des semis naturels ou de rejets de souche, les chèvres ne leur permettent guère de s'accroître et de se développer. Il en résulte que les vieux arbres disparaissant peu à peu sous la main de Thomme et les jeunes sous la dent du bétail, il ne restera rien à la fin de cette précieuse essence dont le maintien serait cependant si utile pour empêcher que la vallée de Thala ne devienne, par le déboisement, comme ses sœurs du sud, une succursale du Sahara*. » Les gommiers en effet retiennent dans le sol une partie de l'eau tombée sur le Bou Hedma à la sortie de TAïn Bou Haddège. Nulle part dans le sud le terrain n'est moins sec, nulle part les redirs ne sont plus nombreux et les pâturages plus fréquentés.

Malheureusement le nombre des arbres diminue sans

cesse

Page 1